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19 mars 2026Municipales 2026 à Carcassonne : Christophe Barthès (RN), ce candidat qui s’est construit dans les polémiques et les excès
Alors que le second tour des élections municipales à Carcassonne se tiendra ce dimanche 22 mars, la rédaction de L’Indépendant revient sur les nombreuses polémiques qui entourent le candidat du Rassemblement national Christophe Barthès, opposé lors de ce scrutin à enjeux au socialiste Alix Soler-Alcaraz et au divers droite François Mourad.
C’est une campagne d’entre-deux-tours un peu folle qui se joue à Carcassonne à l’occasion de ces élections municipales qui rendront leur verdict ce dimanche 22 mars.
Un maire sortant divers droite battu, Gérard Larrat, arrivé 4e, et qui décide de se retirer de la course avant de rejoindre l’arc républicain car « combattre le RN relève de l’intérêt général » ; un état-major socialiste audois et plusieurs maires de l’agglomération de Carcassonne stupéfaits de la décision de la gauche de se maintenir malgré la 3e place obtenue ; le soutien de plusieurs personnalités de gauche comme l’ancien député-maire socialiste de Carcassonne Jean-Claude Perez au divers-droite François Mourad.
Un véritable feuilleton dont on connaîtra le dénouement ce dimanche mais une des explications de cet emballement est peut-être à voir du côté de la personnalité extrême et clivante de celui qui apparaît aujourd’hui comme le favori de ce second tour : à savoir le député d’extrême droite Christophe Barthès, arrivé en tête le soir du premier tour avec 34,52 %, et dont la victoire à Carcassonne apparaît pour beaucoup, même à l’intérieur de son propre camp, comme dangereuse.
Il faut dire que depuis plusieurs années, celui qui durant longtemps a voulu s’ancrer politique à Trèbes, où il a essuyé deux larges revers consécutifs en 2014 (23,36 %) et 2020 (16,01 %), avant de se projeter électoralement vers la ville préfecture, ne manque pas de faire parler de lui nationalement et localement par ses comportements et prises de position.
Climatoscepticisme
En septembre 2023, c’est dans un reportage de l’émission C dans l’air consacré au positionnement du RN sur l’urgence climatique, que le parlementaire audois, élu un an plus tôt, se distingue par son climatoscepticisme. « C’est peut-être des cycles. Peut-être que dans les années à venir il pleuvra tous les jours et il fera froid », affirme-t-il face caméra. Beaucoup de « peut-être » qui ne résiste pas à la réalité climatique que vit notre territoire : une sécheresse historique, des températures records, et des précipitations qui se caractérisent par leur rareté et leur intensité.
La suite de la séquence prête plus aux moqueries quand le député présente son chargé de mission responsable d’analyser l’évolution des cours d’eau. L’homme n’est pas chercheur mais ancien commercial aujourd’hui retraité. Il avoue, là aussi face caméra, ne pas être un expert et s’y connaître mieux que des scientifiques car « il vit depuis toujours au bord de la rivière ».
Promotion des insultes misogynes
En janvier 2024, Christophe Barthès, avec les deux autres députés audois Julien Rancoule et Frédéric Falcon, fait à nouveau parler de lui dans les médias nationaux. Présent naturellement aux côtés des vignerons audois lors de la manifestation agricole, il pose tout sourire pour la photo avec les deux autres parlementaires devant une pancarte où il est écrit « va faire la soupe salope ».
Une insulte misogyne qui avait été proférée lors d’un déplacement des élus écologiques Sandrine Rousseau et Marine Tondelier, à Ventenac-Cabardès, dans l’Aude. Les deux femmes avaient été prises à partie par des agriculteurs et cette insulte avait été prononcée par un des agriculteurs présents.
Détestation des journalistes et inélégance
En décembre 2025, Christophe Barthès fait à nouveau parler de lui par sa grossièreté et sa détestation des journalistes dans une des émissions les plus populaires du PAF. La séquence filmée montre le député qui s’apprête à entrer dans l’Assemblée nationale, lorsqu’il est abordé par le journaliste Paul Gasnier, suivi par son cameraman. « Bonjour messieurs, comment allez-vous ? Quelle journée pour le RN ! », lance le reporter.
Christophe Barthès n’a pas l’air particulièrement heureux de les voir, ni disposé à discuter, puisqu’il se dépêche de rentrer en disant « Ils manquaient plus que ceux-là » et « je ne peux pas les supporter ». Le journaliste tente tout de même une question : « Vous misez sur quoi aujourd’hui ? (l’Assemblée nationale se préparait à se prononcer sur le budget de la Sécurité sociale NDLR) ». Réponse fleurie du candidat RN à la mairie de Carcassonne : « Sur mon cul ».
Un groupuscule identitaire s’invite chez Barthès
En janvier 2025, le député Rassemblement national de la 1re circonscription de l’Aude formule ses vœux aux Carcassonnais. Parmi les membres présents, un homme attire l’attention des journalistes de la rédaction de L’Indépendant. Il s’agit d’un individu proche du groupuscule identitaire Novelum Carcassonne. Quelques mois plus tôt, ce même individu avait posté une photo sur le Pont Vieux avec en fond la Cité. En description, il écrit des hashtags plus que douteux : « Fachocho » ou « Chemise du régime de Vichy ». « Il s’agit d’une blague. J’ai beaucoup de second degré, je ne suis pas dans ça. Cela ne m’intéresse pas », se défend le principal intéressé.
Le 8 janvier 2023, le RN invite ses sympathisants à participer à un déjeuner, à Carcassonne, en présence de ses trois députés récemment élus aux élections législatives de juin 2022. Des photos sont postées sur les réseaux sociaux et sur les sites web des parlementaires d’extrême droite quelques jours plus tard. Sur son site personnel, Frédéric Falcon, député de la 2e circonscription de l’Aude, ajoute un commentaire : « Superbe journée aux côtés des militants de la fédération RN 11. Nous sommes une famille unie pour la victoire. » En dessous de cette phrase, une photo avec à ses côtés l’individu en question actif à cette période au sein de Novelum. « Ils ne sont pas dans notre registre. Les vœux, comme ce repas en présence des députés, étaient ouverts au public. Tout le monde pouvait venir. Une chose est sûre, si un membre de Novelum intègre notre parti, il sera exclu », se justifie alors le responsable départemental du RN, Maxime Bot.
Un groupe raciste qui fait tache
Le 12 juin 2025, le média en ligne Les Jours a révélé que seize députés du RN, et apparentés, étaient membres, sur Facebook, d’un groupe officiel « Jordan Bardella » dans lequel des commentaires racistes et haineux ont été écrits au lendemain des heurts qui ont suivi la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions. Parmi les parlementaires présents à l’intérieur, on retrouve Christophe Barthès. Dans le cadre de leur enquête, les journalistes ont pu réaliser des captures d’écran prouvant de nombreux propos racistes qui seraient tenus sur ce groupe Facebook. « Toujours la même couleur » ; « Je vois là que des m… ou des animaux, pas des êtres humains. Où sont les bananes ? » ; « Race de m… » ou encore « Les singes des banlieues ». On note également des appels aux meurtres dans plusieurs messages.« Je n’ai absolument rien à voir avec quelconque thèse ou propos racistes que j’ai toujours condamnés avec la plus grande des fermetés » précise Christophe Barthès à la rédaction de L’Indépendant.
Les « brebis galeuses » de la liste Demain Carcassonne
Le 28 février 2026, la rédaction de L’Indépendant révèle les publications racistes et outrancières de plusieurs des membres de la liste pour les municipales de Christophe Barthès Demain Carcassonne. Malgré les engagements du Rassemblement national « de faire le ménage » dans ses rangs. L’une diffuse un photomontage sur lequel il est écrit, sur un fond noir laissant apparaître les footballeurs Antoine Griezmann, Lucas Hernandez ou Adrien Rabiot : « L’équipe de France quand tu éteins la lumière. »
Un autre, sur son profil Instagram, partage un montage de la célèbre bande dessinée Tintin, avec en titre : « Objectif gare du Nord », sur lequel on remarque le capitaine Haddock en train de se débattre contre des personnes d’origine africaine. Il ajoute en description de son montage caricatural : « Pourvu que ça dure ! ». Un autre commente une vidéo postée par le média social « Cerfia », montrant un homme dont la voiture a été retournée par des émeutiers. En message, le membre de la liste Demain Carcassonne twitte : « Et ça les fait marrer, ces bougnes de merde, brûlez-les. » Interrogé lors d’une conférence de presse de sa campagne d’entre-deux-tours par L’Indépendant ce mercredi 18 mars sur ces dérapages racistes, Christophe Barthès avoue en bougonnant à notre journaliste que « ce n’est pas le moment. De toute façon, ils ne sont pas éligibles. Vous n’avez qu’à faire des enquêtes sur les colistiers de LFI. »
Règlement de compte à l’intérieur même du RN
Personnage clivant, Christophe Barthès ne fait pas l’unanimité à l’intérieur même de son propre camp. Élus RN à Carcassonne et Trèbes, anciens militants, profitent de cette fin de campagne pour régler leur compte avec le député-candidat grâce à l’appui d’un site Internet qui fait ouvertement campagne pour la liste de François Mourad et Magali Bardou. Les accusations sont graves, en dessous de la ceinture souvent, et visent les comportements et la face cachée de l’homme qu’il serait.
Des plaintes en diffamation sont portées par le député. N’intervenant pas sur ces sujets, son ancien attaché de parlementaire, Edgar Montagné, tête de liste d’extrême droite lors des municipales de 2020 à Carcassonne, est tout de même régulièrement invité à débattre sur ce site Internet. Ce dernier avait fait condamner aux prud’hommes son ancien camarade et employeur en novembre 2024. Si le licenciement est fondé ; Christophe Barthès a été condamné à verser deux mois de préavis à l’intention d’Edgar Montagné. En revanche, s’agissant des faits de harcèlement, le conseil des prud’hommes a débouté l’ex-employé du député d’extrême droite. « Ce ne sont pas des proches mais simplement d’anciens militants, dont la plupart ne sont pas de Carcassonne, avec qui il ne partait pas en vacances » révèle à L’Indépendant l’entourage de Christophe Barthès.
Source : www.lindependant.fr

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