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19 mars 2026Municipales 2026 à Nîmes : « La démocratie, c’est le vote mais aussi la participation active des citoyens », confie Vincent Bouget
Vincent Bouget, candidat de la gauche unie sans LFI de la liste Nîmes en commun, arrivée en deuxième position dimanche 15 mars au premier tour des élections municipales derrière Julien Sanchez (RN-UDR), revient sur les enjeux du vote de dimanche 22 mars.
Dans quel état d’esprit, abordez-vous ce deuxième tour ?
Je suis déterminé à continuer de rassembler, convaincre pour faire gagner un projet qu’on a construit avec les habitants pendant 18 mois. Je suis déterminé à ne pas laisser l’extrême droite, admiratrice de Jean-Marie Le Pen et de Donald Trump, faire main basse sur la ville.
Votre programme s’appuie sur la jeunesse, peu mobilisée lors du premier tour… Quel message lui adressez-vous ?
On sait qu’il y a une crise démocratique profonde dans le pays. Quand on parle de la jeunesse, on s’adresse aussi à ses parents, à ses grands-parents, au futur de la ville. Après le premier tour, les enjeux sont maintenant plus clairs. Les jeunes qu’on rencontre nous disent qu’ils font campagne et vont aller voter.
Quelles sont vos réserves de voix. Vous adressez-vous aux électeurs centristes de Julien Plantier, peu ravis de la fusion de listes avec Franck Proust ?
Je m’adresse à tout le monde. Je ne doute pas que dans l’électorat centriste et même de droite républicaine, la situation fait réagir. Ils peuvent trouver dans notre liste et dans notre projet une alternative républicaine, de stabilité et d’apaisement, loin des chiffons rouges agités par leurs chefs. Il faut rappeler que nous sommes en responsabilité au Département, à la Région. Il n’y a pas de dérive extrémiste, mais une volonté de changement
Les Insoumis disent qu’ils attendent un geste de votre part pour un soutien plus clair ?
Je ne doute pas que les gens qui ont voté pour les Insoumis, notamment sur des motivations de lutte contre les discriminations, sauront faire le bon choix entre une liste de gauche et l’extrême droite. Et c’est d’ailleurs, ce qu’on entend sur le terrain. Par-delà nos différences, à gauche ou même au centre, il y a avec notre équipe des possibilités de faire avancer la ville. Cette issue est la seule raisonnable, la seule dynamique pour sortir des problèmes. Je tends la main à tous et je ne mets jamais les gens dans des cases.
Cette triangulaire est le scénario le plus favorable pour vous ?
On a un choix entre l’équipe sortante qui me paraît discréditée et une équipe qui a travaillé, qui a écouté, connaît la ville, les Nîmoises et les Nîmois. Et une extrême droite la plus dure. Aujourd’hui, Julien Sanchez ne cache pas son admiration pour Donald Trump, ni sa proximité avec Jean-Marie Le Pen. C’est un véritable danger pour la ville. J’ai confiance, je sais que les Nîmois ne sont pas comme ça. Par contre, il faut qu’ils aillent le dire fortement dimanche prochain.
« Nous n’avons jamais transigé sur les valeurs humanistes, de tolérance, de fraternité et d’égalité »
Pour barrer la route au RN, considérez-vous que cela va se jouer sur le terrain des valeurs ?
En politique, c’est important et nous n’avons jamais transigé sur les valeurs humanistes, de tolérance, de fraternité, d’égalité. Et au-delà, cela se joue sur un projet quand le RN n’a rien dans ses cartons, si ce n’est quelques slogans faciles, démagogiques, qui consistent à diviser. Il suffit de lire le programme de Julien Sanchez pour voir qu’il ne connaît pas la ville, les Nîmois. Il les méprise.
Vos adversaires vous présentent comme le candidat de la « gauche radicale »…
C’est le signe d’une dérive populiste à droite. En réalité, je n’ai jamais caché mon adhésion au parti communiste, mon engagement dans la ville de Jean Robert et Vincent Faïta, deux résistants communistes exécutés par les collabos, de ma grand-mère résistante. Mais la liste que je conduis est plurielle, elle va du centre-gauche aux amis de François Ruffin, en passant par les écologistes. Et elle est représentative de la société nîmoise. Agiter le chiffon rouge de la sorte est irresponsable car cela banalise la menace de l’extrême droite.
Avec « Places communes », vous souhaitez développer la démocratie participative. Finalement, cela veut dire que le vote ne suffit plus ?
On ne peut pas faire le constat d’une rupture démocratique et ne rien faire pour essayer de la réparer. La démocratie, c’est le vote, mais aussi la participation active des citoyens. Au-delà, c’est l’idée que sans la participation de tous les acteurs de la ville à son développement, nous aurons du mal à relever les défis.
Le dispositif « Places communes » n’est pas seulement de la concertation. C’est l’idée d’avoir dans chaque quartier, des espaces pour les associations, pour les services publics, pour recréer du lien intergénérationnel. Dès l’automne, on trouvera les lieux sur lesquels nous pouvons agir le plus vite possible.
Est-ce que cela ne va pas nuire à l’efficacité de la prise de décision et à la définition des priorités ?
Il y a plein d’endroits où on sait le faire, où on sait mener de vrais projets mais avec les habitants. À Nîmes, pendant 25 ans, on a eu un pouvoir très vertical. Mais en réalité, cela marche quand les projets sont travaillés en concertation avec la population et quand chacun s’y investit. C’est l’inverse de l’immobilisme, c’est fédérer et faire confiance, permettre cette ébullition. Il faut une ville unie et libre. Il faut libérer ces énergies.
Unir la ville est votre thème prioritaire ?
Oui, il y a des urgences en termes de santé, de pouvoir d’achat, de sécurité… Mais effectivement, ce qui va rassembler tout cela, c’est de se dire qu’on doit être uni. La ville est trop fracturée, entre les quartiers, à l’intérieur du monde économique, du secteur associatif.
Vous voulez faire une ville féministe et à hauteur d’enfants. Comment cela va se concrétiser ?
Aujourd’hui, des femmes préfèrent éviter certains espaces car elles sont importunées ou elles se sentent vulnérables. Une ville féministe, c’est une ville dans laquelle les femmes ne changent pas de chemin, où elles peuvent sortir le soir grâce à des transports dédiés. Une ville féministe, c’est une ville où les jeunes femmes n’ont pas de freins dans l’accès à la formation, à l’emploi. J’ai deux filles ados, j’ai envie qu’elles aient les mêmes chances que les garçons.
Pour la ville à hauteur d’enfants, cela existe ailleurs. Il faut que les enfants puissent être à l’aise dans l’espace public. Une ville dans laquelle les enfants vivent bien, c’est une ville qui se projette dans l’avenir, dans laquelle tout le monde vit bien.
La question de la sécurité est très présente dans la campagne. Ce n’est pas un sujet où la gauche est très à l’aise… En faites-vous une priorité ?
Je suis très à l’aise ! Il nous faut obtenir des moyens supplémentaires des ministères de l’intérieur et de la justice pour traquer les réseaux. Avant que les jeunes basculent du mauvais côté ou soient victimes du trafic, il faut travailler sur les vulnérabilités : bien se former à l’école, avoir des activités, un logement digne, des parents sans insécurité sociale.
« L »équipe sortante est à bout de souffle »
Dans les quartiers Politique de la ville, la municipalité ne peut pas tout régler. Comment comptez-vous procéder avec les autres acteurs ?
La Ville doit être très active pour mettre autour de la table tous les acteurs, ce qui n’est pas fait aujourd’hui. La rénovation urbaine ne fonctionne pas si bien car ça se fait souvent sans les habitants.
À Gambetta, autre quartier prioritaire, ça fait des années que les professionnels de santé cherchent des locaux pour ouvrir une maison de santé pluridisciplinaire. Je pousserai fort pour que ça se fasse dans une partie des locaux de La Poste. L’équipe sortante est à bout de souffle, ça fait un moment que le travail n’a pas été fait.
Comment allez-vous financer vos projets ? Pourquoi vous ne baissez pas la taxe foncière ?
Il y aura un audit car on est inquiet de l’état des finances de la Ville. C’est la droite qui augmente les impôts à l’image de la taxe Gemapi à l’Agglo. Les impôts sont déjà très élevés. Sur le fonctionnement, quelles seront les sources d’économie ? C’est pour ça qu’on veut avoir accès aux contrats de délégation de service public.
Comment comptez-vous faire avec les délégataires car la Ville est liée à ces acteurs pour de nombreuses années ?
La Ville s’est liée les mains, a privatisé, délégué, vendu. Il faut qu’on soit des gestionnaires rigoureux de l’argent public, ce qui ne veut pas dire qu’on va mettre tout en régie municipale. On veut négocier les délégations, avoir des redéploiements de crédits pour le fonctionnement. Il faut soutenir le monde associatif et avoir des équipements qui servent à tout le monde. Il faut rénover le théâtre, l’Odéon, les écoles et la voirie.
Lors de la présentation des cartels de la feria, le délégataire Simon Casas a eu des mots durs à votre encontre. Comment appréhendez-vous la relation avec lui si vous êtes élu ?
Un délégataire ne peut pas dire ça. C’est hors code électoral. Il s’exprime dans le cadre d’un point presse de la Ville, il montre qu’elle prend parti dans le cadre d’une élection. C’est très limite. La feria arrive, je rencontrerai tous les acteurs le plus vite possible. La volonté, c’est de faciliter l’accès aux arènes. Les aficionados doivent être davantage associés aux décisions.
« La pégoulade 2027 sera une très grande fête populaire avec tous les quartiers »
La feria des Vendanges portera la patte de Nîmes en commun si vous êtes élu. Qu’envisagez-vous ?
Notre volonté, c’est que ce soit la feria de tous, populaire, chaleureuse. Je vous promets que la pégoulade 2027 sera une très grande fête populaire avec tous les quartiers, de l’exigence artistique. La feria mériterait d’avoir un directeur artistique. J’ai discuté avec des commerçants qui ont des idées mais ils regrettent de ne pas être écoutés pour avoir une feria populaire.
Vous voulez rénover le stade des Costières. Mais si, après études, cela coûte trop cher, quelle sera votre décision ?
Je ne vois pas pourquoi ça serait trop cher ! Les rénovations sont les solutions les plus rationnelles. La rénovation peut intervenir en plusieurs temps car on n’a pas besoin d’être déjà aux normes de la Ligue de football professionnel. On a besoin de salles de sport dans cette ville.
Si vous êtes élu, vous serez candidat à la présidence de l’Agglo. Mais dans la plupart des communes, c’est plutôt des maires de droite. Comment allez-vous les convaincre avant le vote ?
Dans le dialogue. Je connais la plupart des maires car je suis élu communautaire. L’intercommunalité doit travailler en synergie avec la ville centre car depuis deux mandats, c’est une difficulté forte. Je ne vais pas reproduire les modèles anciens très autoritaires du président sortant. Beaucoup de maires avaient des difficultés à travailler avec lui car il décidait de tout. La coopération doit être forte.
Vous critiquez la politique israélienne en Palestine. Allez-vous remettre en cause le jumelage avec Rishon-le-Zion ?
Ma volonté n’est pas de suspendre ce jumelage car je ne crois pas que ça aide à régler les problèmes là-bas. Je suis très critique avec la politique du gouvernement israélien. J’ai échangé avec les Israéliens porteurs de paix. On doit travailler la coopération avec un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie.
Source : www.midilibre.fr

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