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À quelques jours du second tour, les candidats tentent de convaincre les électeurs dans un scrutin encore indécis.
Publié
Temps de lecture : 6min
J-4 avant le second tour des municipales qui s’annonce tendu dans plusieurs grandes villes françaises. À commencer par Paris où les trois candidats encore en liste se sont affrontés sur BFMTV. Un débat susceptible de faire bouger les lignes ? A priori, pas vraiment. Il faut être prudent, bien sûr, mais c’était quand même surtout du bruit, des invectives. C’était cacophonique, un débat qui était largement inaudible avec beaucoup d’agressivité.
Une petite mention spéciale à Rachida Dati : on connaît sa capacité à parler pendant très longtemps, sans respirer et puis sans répondre aux questions, et l’animatrice d’ailleurs s’en est agacée à plusieurs reprises.
En fait, ce qui est apparu surtout lors de ce débat, c’est un vrai tir croisé qui avait une seule cible, Emmanuel Grégoire, et une complicité objective qui apparaissait au grand jour entre Rachida Dati et Sophia Chikirou.
Sophia Chikirou a réservé ses coups, on va dire les plus violents à Emmanuel Grégoire et on s’aperçoit que pour ces deux candidates, sur le logement, la propreté, la sécurité, Emmanuel Grégoire est coupable.
Et puis il y avait un dernier point qui était frappant aussi, c’est qu’en fin de campagne, il y a un petit côté “on rase gratis” du côté de Rachida Dati, avec des annonces qui semblaient un petit peu improvisées en fin de débat comme la baisse de tous les tarifs de stationnement, la gratuité pour les deux roues. Quelle perte de recettes pour la ville ? Il n’y a pas eu de réponse. Mais aussi une baisse de la taxe foncière, une revendication de Sarah Knafo qui veut la diviser par deux, mais Rachida Dati n’a pas dit de combien.
Des promesses aussi, comme s’il en pleuvait : 8000 caméras, 125 millions d’euros selon Emmanuel Grégoire, un chiffre contesté par Rachida Dati. Et puis des engagements extrêmement ambitieux comme le fait de “chasser l’insécurité de la ville de Paris”, ça, c’est l’engagement de Rachida Dati. On ne voit pas bien avec les moyens dont il dispose, comment un maire peut tenir un engagement pareil, mais après tout, les fins de campagne, ça ressemble toujours un petit peu à l’ouverture de la période des soldes.
À Marseille, les quartiers nord vont-ils se mobiliser ? LFI avait plutôt réussi ce pari avec la candidature Jean-Luc Mélenchon en 2022 à la présidentielle, là c’est frappant : à Marseille, quand on regarde, c’est dans les quartiers les plus populaires, notamment les quartiers nord, que l’abstention atteint 61, 63, 64%. Presque 2 électeurs sur 3 en moyenne ne sont pas allés voter, contre un peu moins d’un sur 2 sur l’ensemble de la ville.
À l’inverse, d’ailleurs, on voit un différentiel de participation de l’ordre de 25 points avec les quartiers les plus favorisés de la ville de Marseille. Alors, un sursaut de mobilisation d’un tour à l’autre, c’est évidemment toujours la botte secrète sur laquelle comptent les candidats qui sont arrivés en deuxième position.
Là, le problème pour celui qui est arrivé en deuxième position, c’est-à-dire le candidat RN, Franck Allisio, c’est qu’il a obtenu plutôt de très mauvais résultats, justement, dans ces quartiers populaires. Ce sont plutôt des quartiers qui penchent à gauche, et puis, en règle générale, quand il y a un sursaut de mobilisation d’un tour à l’autre, ça se répartit à peu près équitablement. Il y a même souvent une petite prime au candidat qui est arrivé en tête au premier tour, c’est-à-dire au maire sortant Benoît Payan.
Il y a une exception qui fait qu’il y a parfois des sursauts de mobilisation spectaculaires d’un tour à l’autre. Là aussi, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour le candidat RN Franck Allisio : c’est le fameux front républicain quand il y a un danger de victoire de l’extrême droite.
À Lyon, on se pose la question d’un éventuel débat entre le maire sortant Grégory Doucet, arrivé en tête du premier tour, et son rival Jean-Michel Aulas. Mais on voit mal comment il peut avoir lieu dès lors que Jean-Michel Aulas le refuse. Ça peut surprendre, parce qu’en règle générale, un débat d’entre deux tours, c’est le challenger en quelque sorte, qui a un intérêt et qui le réclame.
C’est donc lui qui aurait besoin de ce débat, justement pour dénoncer ce qu’il appelle cet “accord de la honte” entre le maire sortant et les insoumis. On sait aussi que Jean-Michel Aulas a un mauvais souvenir du débat d’avant premier tour à la fin du mois de février, où, en quelque sorte, il avait manqué de répartie et avait semblé ballotté.
Cela illustrait aussi le travers des candidats issus de la société civile, pas forcément rompus à ce genre d’exercice extrêmement compliqué. Un débat télévisé avec un fort enjeu, évidemment, ce n’est pas le sport que pratiquait jusque-là l’ancien patron de l’OL.
Un dernier point : Grégory Doucet a quand même annoncé que les insoumis avec lesquels il a fusionné siégeront probablement, dit-il, dans l’opposition municipale. C’est un peu étrange, cette fameuse fusion dite technique où on peut s’entendre avec des gens pour gagner, mais avec lesquels sur le fond, on ne s’entend pratiquement sur rien. Ce n’est pas forcément un bon signe pour gérer ensuite la ville, si jamais il l’emporte, et ressemble aussi un peu à de la tambouille politicienne.
Source : www.franceinfo.fr

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