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19 mars 2026« Quand y aura-t-il un cessez-le-feu ? » : des millions d’euros mis en jeu sur le site Polymarket depuis le début de la guerre au Moyen-Orient
Interdites en France, Polymarket et les plateformes similaires permettent aux particuliers de gagner de l’argent en misant sur des événements d’actualité.
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« Le pétrole va-t-il dépasser les 100 dollars ? », « Quand y aura-t-il un cessez-le-feu ? », « L’Iran fermera-t-il le détroit d’Ormuz ? » : depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les plateformes de prédiction, déjà très populaires, connaissent un regain de fréquentation. Les parieurs doivent répondre à des questions simples et, comme pour un pari sportif, une bonne réponse leur fait gagner de l’argent.
Polymarket, Kalshi ou encore ForecastEx… Ces sites américains en plein essor brassent des milliards de dollars de transactions chaque année et ont vu flamber leur nombre d’utilisateurs, avec la riche actualité récente liée à la présidence Trump. Le nombre d’utilisateurs des trois principales plateformes a grimpé dans de nombreux pays. En France, il est passé de 200 000 à 800 000 par mois entre septembre 2025 et janvier 2026, selon l’Autorité nationale des jeux (ANJ), qui les considère comme des « jeux d’argent illégaux ».
Depuis le 28 février, la guerre au Moyen-Orient multiplie les scénarios envisageables sur lesquels parier. Quelques heures seulement avant les premières frappes, plusieurs comptes ont ainsi engrangé 1,2 million de dollars de bénéfices en pariant sur la date du déclenchement des opérations militaires américaines contre l’Iran. Actuellement, près de 40 millions de dollars ont été misés sur la question : « Le régime iranien tombera-t-il d’ici le 31 mars ? »
Un journaliste a même été harcelé et menacé de mort par des parieurs en ligne : Emmanuel Fabian, reporter spécialiste des sujets militaires pour le journal The Times of Israël. Le mardi 10 mars, il rend compte d’une explosion non loin de Jérusalem. C’est un missile iranien qui a touché une zone boisée, sans faire de victime, écrit-il sur le site de son journal. Mais dans les heures, puis dans les jours qui suivent, le reporter reçoit des dizaines de messages. Les expéditeurs, il ne les connaît pas, mais tous lui demandent de modifier son article, de retirer la mention du missile iranien et de son impact.
Au début, Emmanuel Fabian ne comprend pas ces demandes de correction. Mais très vite, alors que les messages deviennent de plus en plus menaçants, il se rend compte que de l’argent est en jeu. L’un de ses interlocuteurs lui propose d’ailleurs une « rétribution » s’il accepte de modifier son article. Dans le cas contraire, écrit l’expéditeur anonyme, « vous serez en danger, nous pouvons vous anéantir ». Le journaliste découvre que sur le site Polymarket, plus de 12 millions d’euros ont été misés par des milliers d’utilisateurs sur cette question : « L’Iran frappera-t-il Israël dans la journée du 10 mars ? »
Comme un missile iranien a bien touché Israël le 10 mars, tous ceux qui ont misé sur l’absence d’attaque ont donc perdu leur argent. C’est pour cela qu’ils en veulent au journaliste. S’il n’avait pas parlé du missile iranien, ou s’il avait seulement évoqué de simples débris tombés au sol, ils auraient remporté la mise. Ce harcèlement et ces menaces ont conduit Emmanuel Fabian et son journal à saisir la justice. Mais aussi la plateforme de paris en ligne. Celle-ci assure avoir banni les comptes des maîtres chanteurs et dit vouloir transmettre leurs coordonnées aux autorités.
Ce n’est pas la première fois que de telles manœuvres sont mises en lumière. Les soupçons de potentiels délits d’initiés se sont multipliés, ces dernières semaines. Le mois dernier, l’armée israélienne a inculpé deux hommes, un réserviste militaire et un civil, tous deux israéliens. Ils sont soupçonnés d’avoir utilisé des informations classifiées pour miser de l’argent en ligne, par exemple sur le calendrier des attaques.
Un délit d’initié qui peut révéler à l’adversaire des informations cruciales, soulignent les autorités israéliennes. Il interroge aussi sur d’éventuels conflits d’intérêts, au sommet du pouvoir. Aux Etats-Unis, un parieur a remporté près de 400 000 euros, en janvier. Il avait parié sur la chute de Nicolas Maduro, quelques heures seulement avant que le président du Venezuela soit capturé par l’armée américaine.
Source : www.franceinfo.fr

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