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19 mars 2026REPORTAGE. « Entre dix et quinze fois moins de CO2 qu’un fromage traditionnel » : le « fauxmage » s’impose en France, porté par une demande en forte hausse
Le leader français Jay and Joy, basé dans l’Oise, annonce de nouveaux investissements et de nouvelles embauches. Près de Compiègne dans l’Oise où se trouve l’une des deux fromageries du groupe on prévoit de nouvelles embauches.
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Au pays du fromage, le « fauxmage » ou le « vromage » est roi. Il s’agit des autres noms des fromages végétaux, dont le marché augmente de 30 à 40% chaque année. Le leader français Jay and Joy annonce, jeudi 19 mars, investir deux millions d’euros de plus pour augmenter la production. À chaque type de fromage, son unité de production, celle pour les camemberts végétaux, celle des fromages à pâtes persillées « typé bleu, tout ce qui est un peu roquefort », précise Marine Dattun, directrice technique et responsable de la fabrication de ce fromage végétal.
Dans la recette, il n’y a pas une goutte de lait d’origine animal mais plutôt des fruits à coque, « de la cajou, de l’amande, de l’eau et du lait de coco, énumère la responsable. C’est mélangé, c’est mis sous forme de pâte, la pâte est étalée, c’est affiné et c’est comme ça que le bleu se développe ».
Comme pour les fromages traditionnels, la dernière étape est l’affinage, car la même réaction se produit. « Exactement de la même façon que du lait, confirme Marine Dattun, ces micro-organismes qui vont venir, même si ce ne sont pas les mêmes sucres qui vont venir consommer, mais c’est la même réaction chimique qui va se produire et ils vont se développer de la même façon. »
L’entreprise Jay and Joy existe depuis 2015 et a été rachetée il y a trois ans par César Augier. Et le PDG de cette entreprise de 45 salariés constate que la clientèle, ciblée au départ, s’est très vite élargie. « On a plus de 50% de nos consommateurs qui sont ni vegans ni intolérants au lactose, surtout des ‘flexitariens’ qui font attention à l’impact de ce qu’ils mangent, qui ont goûté nos produits, qui les ont appréciés, qui les ont rachetés, qui se sont passé le mot, analyse-t-il. Notre lait de soja vient de France. Nos amandes viennent d’Italie et d’Espagne. On a nos noix de cajou, qui viennent de loin, qui viennent du Vietnam. Malgré ça, nos produits génèrent entre dix et quinze fois moins de CO2 qu’un fromage traditionnel », complète le dirigeant.
Comme la demande augmente, César Augier annonce embaucher une quinzaine de personnes d’ici deux ans et acheter des machines plus performantes. Son ambition n’est toutefois pas de concurrencer les fabricants de fromage traditionnel. « Aujourd’hui, on représente moins de 1% du marché du fromage, donc ils ne le voient pas forcément comme un danger imminent. Et encore une fois, je pense que ce sont des produits qui ont plutôt vocation à coexister », assure-t-il. Y compris au-delà des frontières françaises, la société réalise le tiers de son chiffre d’affaires à l’étranger et exporte dans une dizaine de pays européens.
Le « fauxmage » s’impose en France, porté par une demande en forte hausse – Edouard Marguier
Source : www.franceinfo.fr

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