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JULIEN DE ROSA / AFP
Vincent Bolloré, ici le 13 janvier 2026, doit être jugé en décembre à Paris pour corruption d’agent public au Togo.
L’affaire des « ports africains » arrive-t-elle enfin à son terme ? Le milliardaire conservateur Vincent Bolloré doit être jugé en décembre à Paris pour corruption d’agent public au Togo, entre 2009 et 2011, ont révélé plusieurs sources à l’AFP, confirmant une information du Monde. Les avocats de Vincent Bolloré ont annoncé dans la foulée faire appel de l’ordonnance des juges « pour des motifs procéduraux ».
Les faits remontent à la campagne électorale de 2010 du président togolais Faure Gnassingbé, a précisé une source judiciaire.
L’audience est prévue du 7 au 17 décembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris. Interrogé, le parquet national financier (PNF) a également confirmé l’information.
Complicité d’abus de confiance
Vincent Bolloré, 73 ans, devra répondre devant les juges de son rôle dans les agissements de l’agence de publicité Euro RSCG (devenue Havas), une filiale de son groupe, qui aurait notamment fourni des prestations pour la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé à un prix sous-évalué.
En échange, le président togolais aurait appuyé l’attribution « à partir de mai 2019 de divers avantages au groupe Bolloré » et à ses filiales, dont le prolongement de la durée de concession pour l’exploitation du port de Lomé et des avantages fiscaux, selon la source judiciaire.
Il est également renvoyé devant le tribunal pour complicité d’abus de confiance au Togo, mais aussi en Guinée, dans le cadre de la campagne présidentielle de l’ancien dirigeant Alpha Condé en 2010. Des juges financiers parisiens sont saisis de cette affaire depuis 2013, et Vincent Bolloré avait été mis en examen en 2018 dans ce dossier.
Ses avocats contestent
En 2021, Vincent Bolloré, l’une des principales fortunes de France, ainsi que Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré à l’époque, et Jean-Philippe Dorent, directeur international chez Havas, avaient reconnu les faits pour éviter un long procès pénal, lors d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), et accepté une peine de 375 000 euros d’amende. Mais le tribunal avait refusé de l’homologuer, renvoyant le dossier à l’instruction. L’industriel breton contestait depuis ce revers procédural.
Le groupe Bolloré, qui possède aussi des médias dont le groupe Canal, a lui accepté de payer 12 millions d’euros d’amende contre l’abandon des poursuites, dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP).
Pour les avocats du milliardaire breton, la CRPC non homologuée de Vincent Bolloré a porté une « atteinte irrémédiable » à sa « présomption d’innocence », rendant « impossible la tenue d’un procès équitable ».
Source : www.huffingtonpost.fr

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