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19 mars 2026Vincent Bolloré renvoyé devant le tribunal de Paris pour « corruption d’agent public étranger » au Togo
Saisie depuis 2013, la justice soupçonne le groupe Bolloré d’avoir utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Euro RSCG (devenue Havas) pour décrocher frauduleusement la gestion des ports de Lomé, au Togo et de Conakry en Guinée, au bénéfice d’une filiale phare de l’époque, Bolloré Africa Logistics.
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Le milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré est renvoyé du 7 au 17 décembre prochains devant le tribunal judiciaire de Paris pour « corruption d’agent public étranger » au Togo entre 2009 et 2011 dans l’affaire dite « des ports africains », a appris jeudi 19 mars franceinfo auprès de sources concordantes, confirmant une information du journal Le Monde. L’homme d’affaires est visé depuis douze ans par une enquête sur la gestion des ports de Lomé, capitale du Togo et de Conakry, capitale de la Guinée, attribuée à son groupe à la fin des années 2000.
« Après une longue bataille juridique dans laquelle Vincent Bolloré a multiplié les recours dilatoires, Anticor et Sherpa se réjouissent que la justice passe et qu’un procès puisse enfin se tenir, pour évoquer les graves faits de corruption commis », réagit l’avocat des deux associations, Me Jérôme Karsenti, interrogé par franceinfo.
Le 6 juin 2024, le parquet national financier (PNF) avait requis un procès contre le milliardaire en expliquant alors que « Vincent Bolloré suivait personnellement et régulièrement les activités de son groupe au Togo » et devait donc « être considéré comme auteur de corruption active d’agent étranger ».
Vincent Bolloré et ses deux bras droits, Gilles Alix, directeur général du groupe à l’époque, et Jean-Philippe Dorent, directeur international chez Euro-RSCG (devenue Havas), sont soupçonnés d’avoir fourni des conseils politiques lors de campagnes présidentielles, via la filiale de communication du groupe Bolloré, Euro-RSCG, en contrepartie de la gestion des ports de Lomé et Conakry. Ils sont donc renvoyés tous les trois devant le tribunal correctionnel.
La filiale de communication de Bolloré est soupçonnée d’avoir vendu à des prix particulièrement bas des missions de conseil à deux hommes politiques africains au cours de leur campagne électorale en 2010, Alpha Condé, devenu président de Guinée, et Faure Gnassingbé, réélu au Togo. En contrepartie, ces derniers auraient, l’année suivante, attribué à Bolloré d’importantes concessions dans les ports de Conakry et de Lomé.
Après ce renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris, les avocats de Vincent Bolloré estiment « impossible la tenue d’un procès équitable », dans un communiqué transmis jeudi à l’AFP. « Nous réaffirmons avec force que les opérations survenues il y a plus de 15 ans entre les groupes Bolloré et Havas, dont M. Bolloré n’avait pas connaissance, portant sur 300 000 euros payés par chèques et passés régulièrement en comptabilité, s’inscrivaient dans le cadre normal des relations commerciales entre ces deux groupes », déclarent Céline Astolfe et Olivier Baratelli, qui ont également annoncé faire appel de l’ordonnance des juges rendue mercredi « pour des motifs procéduraux ».
Pour éviter un long procès pénal, la 11e fortune de France ainsi que Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré de l’époque, et Jean-Philippe Dorent, directeur international chez Havas, avaient sollicité une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Lors de l’audience publique en février 2021, ils avaient reconnu les faits et accepté une peine de 375 000 euros d’amende, mais la juge Isabelle Prévost-Desprez avait refusé de l’homologuer, renvoyant le dossier à l’instruction. Elle avait en revanche homologué une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) pour le groupe Bolloré, qui avait payé 12 millions d’euros d’amende contre l’abandon des poursuites.
Pour les avocats du milliardaire breton, la CRPC non homologuée de Vincent Bolloré a porté une « atteinte irrémédiable » à sa « présomption d’innocence », rendant « impossible la tenue d’un procès équitable ». « C’est à cet effet qu’a été formé un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme qui a accepté de s’en saisir », rappellent-ils.
Source : www.franceinfo.fr

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