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20 mars 2026Après l’épidémie de méningite au Royaume-Uni, quels risques et quelle protection en France ?
Une épidémie « sans précédent » outre-Manche relance les inquiétudes en France. Le nombre de cas signalés dans l’épidémie de méningite à ménincogoques qui a fait deux morts dans le sud-est de l’Angleterre est passé de 27 à 29, dont 15 cas confirmés et 12 faisant encore l’objet d’une enquête, ont annoncé vendredi 20 mars les autorités sanitaires.
Ces cas devraient probablement augmenter, avait affirmé jeudi le professeur Robin May, directeur scientifique de l’agence sanitaire britannique UKHSA, interrogé sur la radio de la BBC, alors que le nombre de cas signalés venait déjà d’augmenter. Ce dernier avait précisé que tous les cas « se rapportent d’une manière ou d’une autre à la même période, celle où l’exposition initiale a eu lieu ».
Un cas lié à cette épidémie a été signalé en France : une personne ayant fréquenté l’université du Kent, comté situé au sud-est de Londres, a été hospitalisée en France et se trouve « dans un état stable », selon le ministère français de la Santé.
Une salariée d’Orano, spécialiste français du combustible nucléaire, est décédée jeudi à l’hôpital de Cherbourg (Manche), a annoncé vendredi l’entreprise, soulignant toutefois qu’aucun lien n’était établi avec l’épidémie en cours en Angleterre.
Autant d’actualités autour de la méningite qui pousse certaines personnes à vouloir se procurer des vaccins. Ce n’est « pas nécessaire », a affirmé le ministre britannique de la Santé, reconnaissant que certaines pharmacies n’avaient plus de vaccins, mais assurant que les stocks étaient suffisants pour assurer la vaccination des enfants et des jeunes concernés par la campagne de vaccination ciblée dans la région de Canterbury.
La majorité des cas sont liés à une discothèque de Canterbury (sud-est de l’Angleterre), selon le ministre de la Santé britannique, Wes Streeting.
Si les autorités françaises se montrent rassurant quant au risque d’une épidémie sur le territoire français, Santé publique France a placé le réseau de surveillance en état d’alerte pour identifier immédiatement tout nouveau cas suspect, particulièrement chez les étudiants ayant voyagé dans le Kent début mars.
Augmentation des cas, et variété de souches
L’épidémie au Royaume-Uni a été décrite comme « explosive » par les autorités sanitaires britanniques en raison du nombre de cas concernés et de la rapidité de la propagation.
Sans prise en charge rapide, les infections à méningocoques – des bactéries – peuvent engendrer la mort en moins de 24 heures, mais peuvent aussi laisser des séquelles plus ou moins lourdes.
« Dans les jours qui suivent son installation dans la gorge (période d’incubation de 2 à 10 jours), le méningocoque peut traverser la muqueuse, atteindre la circulation sanguine et entrainer une infection invasive à méningocoque, méningite [infection des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière] ou septicémie, dont l’évolution peut être fatale », précise le site d’information médicale MesVaccins.net. « Le purpura fulminans est une complication redoutable de l’infection à méningocoque, qui se traduit par des plaques hémorragiques cutanées et un choc septique foudroyant mortel une fois sur quatre. »
Atteignant la circulation sanguine puis les espaces remplis de liquide autour du cerveau (méninges), les bactéries peuvent entraîner des séquelles neurologiques, et donnent parfois lieu à des amputations.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ une personne infectée sur six en mourra, même avec une prise en charge médicale rapide et un traitement antibiotique.
Parmi les principaux symptômes de l’infection : une forte fièvre, de violents maux de tête, des vomissements, une raideur de la nuque, une photosensibilité et des taches rouges ou violacées sur la peau (purpura).
Ces dernières années, les autorités sanitaires françaises ont observé une augmentation des cas infectieux, mais aussi un changement dans les souches circulantes, notamment une augmentation des souches W et Y, parfois plus graves.
L’augmentation notable des cas de méningites bactériennes résulte d’une combinaison de facteurs parmi lesquels un effet « boomerang » post-Covid.
La levée des restrictions, la reprise des interactions sociales après le confinement, et l’essoufflement des « gestes barrières » ont facilité la transmission des agents pathogènes responsables des méningites et conduit à une augmentation du nombre des cas, en France mais aussi dans d’autres pays européens. En Espagne, notamment, après l’assouplissement des mesures de protection contre le Covid-19, l’incidence de la méningite a augmenté de 10 % en 2022, et en 2023, elle a encore augmenté de 13 %.
En 2024, selon le bulletin de Santé publique France du 24 avril 2025, 616 cas de méningite ont été déclarés (+10 % par rapport à 2023), soit le nombre annuel de cas le plus élevé depuis 2010.
La méningite B est plus fréquente chez les nourrissons et jeunes enfants de un à quatre ans, et dans une moindre mesure chez les jeunes adultes de 15-24 ans. Les méningites W et Y sont plus fréquentes chez les nourrissons et les personnes âgées (de plus de 80 ans). La méningite C est peu fréquente du fait de la couverture vaccinale élevée des nourrissons contre le méningocoque C et de l’immunité de groupe en population.
Ce même bulletin indique que 69 décès dus à des infections à méningocoques ont été recensés en 2024. En outre, le début d’année 2025 a été marqué par une augmentation particulièrement importante des infections invasives à méningocoques, avec 90 cas survenus en janvier 2025.
Vaccination renforcée depuis 2025
Face à cette recrudescence de cas, la France a donc décidé d’intensifier la prévention autour des ménincogoques, et nettement renforcé la vaccination depuis le 1er janvier 2025.
La vaccination contre différentes souches de méningocoques (B, mais aussi A, C, W135 et Y) est devenue obligatoire pour les nourrissons pour l’entrée en collectivité, comme la crèche. Avant 2025, seule la vaccination contre le méningocoque C était obligatoire.
Si les jeunes adultes et les adolescents (16-24 ans) ont été particulièrement touchés par cette reprise, la vaccination ACWY est aujourd’hui seulement recommandée chez tous les adolescents de 11 à 14 ans. Un rattrapage est conseillé jusqu’à 24 ans.
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Cette stratégie vaccinale vise à protéger les populations où la circulation de la bactérie est la plus fréquente du fait de leurs conditions de vie et de leurs comportements sociaux. En effet, la transmission des méningocoques se fait de personne à personne par contact étroit et prolongé, par exemple en vivant sous le même toit, en s’embrassant, en buvant dans le même verre, en partageant une cigarette électronique…
Cette maladie n’est toutefois pas aussi contagieuse que le Covid-19 ou la rougeole, a souligné l’UKHSA, précisant que le risque d’infection pour le reste de la population « reste faible ».
Au Royaume-Uni, selon l’UKHSA, 378 cas d’infections invasives à méningocoques ont été confirmés en 2024-2025, parmi lesquels plus de 80 % concernaient le méningocoque B. Sur les deux dernières décennies, le nombre de ces infections à méningocoques a baissé : en 1999-2000, un pic de 2 595 cas avait été atteint.
Au Royaume-Uni, la jeune génération pas protégée ?
Vendredi, la famille de Juliette, adolescente de 18 ans décédée des suites de cette infection dans le comté de Kent, a exhorté le gouvernement à étendre l’accès systématique au vaccin contre la méningite à méningocoque B par le NHS (le National Health Service, le système de santé publique au Royaume-Uni) aux adolescents et aux jeunes adultes.
Le méningocoque de type B est la cause la plus fréquente de méningite à méningocoque au Royaume-Uni (82 %, contre 45 % en France), mais la vaccination systématique n’a commencé à être mise en place qu’en 2015, ce qui signifie que la génération actuelle d’étudiants et les autres jeunes en fin d’adolescence ne sont pas protégés.
Les souches hyper-invasives de méningocoques apparaissent et disparaissent de façon cyclique, explique le Guardian. Une souche peut provoquer des maladies graves pendant une décennie, puis disparaître à mesure que la population développe une immunité, pour réapparaître plusieurs décennies plus tard. La souche « MenB » à l’origine de l’épidémie du Kent circule au Royaume-Uni depuis environ cinq ans.
Les méningites bactériennes touchent environ 2,5 millions de personnes et causent environ 300 000 décès, chaque année dans le monde.
Source : www.france24.com

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