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20 mars 2026Reuters.com
20 mars 2026Guerre au Moyen-Orient – « J’ai reçu 17 alertes à la bombe en trois jours » : le témoignage d’un entrepreneur catalan bloqué à Dubaï sous les frappes
Entrepreneur au Soler, lundi 16 mars dernier, Marc Conessa rentrait d’un déplacement professionnel en Chine lorsqu’il s’est retrouvé coincé plusieurs jours à Dubaï, en plein conflit. Entre alertes à la bombe, confusion et silence des autorités, il raconte.
Comme tous les deux mois, il y a quelques jours, Marc Conessa, entrepreneur dans l’import-export installé au Soler, avait pris la direction de la Chine pour ses affaires dans l’import-export. Mais ce voyage de routine n’en sera pas un. Et se transforme en épisode inattendu et tendu lors de son retour, avec une escale à Dubaï qui vire au blocage total.
Bloqué en plein conflit
Lundi 16 mars, alors que le Catalan doit reprendre un vol pour Paris, la situation bascule. Une attaque de drone iranienne sur un dépôt de carburant de l’aéroport de Dubaï provoque un incendie. Une frappe qui entraînera la suspension du trafic aérien. « On ne savait rien. On a dû rester cinq heures dans l’avion, le moteur allumé au cas où il faille repartir vite », raconte-t-il. Finalement, les passagers sont débarqués, sans aucune visibilité sur la suite.
Commence alors une longue attente. « Il nous a fallu des heures pour récupérer les valises. Il y avait des touristes du monde entier, c’était la cohue totale », poursuit-il. Comme beaucoup d’autres, il est ensuite redirigé vers un hôtel, le Méridien, où s’entassent des dizaines de voyageurs. Certains sont sous le choc. Pas Marc Conessa qui garde son sang-froid : « Personnellement, je n’ai pas vraiment eu peur, ça m’a rappelé la guerre d’Algérie quand j’étais petit. Mes proches étaient très inquiets mais, de mon côté, j’ai gardé mon calme ».
Autour de lui, en revanche, la panique est palpable. Il se souvient notamment d’une touriste allemande, profondément choquée après avoir aperçu l’impact d’un missile depuis le toit terrasse de l’hôtel. « Elle était vraiment secouée, j’ai essayé de la rassurer comme je pouvais en lui disant qu’on était toujours en vie. Sa panique m’a marqué. Elle était dévastée. »
Aucun message de la France, de l’ambassade
Sur place, l’atmosphère est lourde. Plusieurs frappes ont lieu pendant son séjour et les alertes se multiplient. « J’ai reçu 17 notifications d’alerte à la bombe en trois jours. À chaque fois, il fallait aller se mettre à l’abri dans l’endroit de notre chambre où les murs étaient les plus épais. Dans mon cas, c’était la salle de bains de ma chambre. Entre la notification et l’impact des bombes, il se déroule environ une minute, ça ne laisse pas énormément de temps pour se mettre à l’abri », se souvient l’entrepreneur.
Le plus marquant reste, selon lui, le manque d’informations. « On était vraiment livrés à nous-mêmes. Aucun message de la France, de l’ambassade. Même à l’hôtel, le personnel disait ne pas avoir le droit de parler. » À l’extérieur, la vie semble pourtant continuer, malgré la fumée visible au loin.
Après plusieurs jours d’incertitude, un message de la compagnie aérienne Emirates finit par arriver mardi 17 mars. Un vol est programmé le lendemain. « Je m’estime chanceux. Certains sont restés bloqués plus longtemps. » Ce mercredi, il atterrit enfin à Paris, soulagé, avant de regagner Perpignan en train.
Une expérience qui ne l’empêchera pas de repartir en Chine dès avril, « cette fois, sans passer par Dubaï ».
Source : www.lindependant.fr

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