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20 mars 2026« Même si le détroit d’Ormuz était débloqué, le trafic du gaz ne reprendrait pas normalement », selon un spécialiste de l’énergie
Selon Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS et spécialiste de l’énergie, la guerre au Moyen-Orient fait peser un risque de conséquences à long terme sur l’approvisionnement et les prix des carburants.
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Guerre énergétique totale, scénario du pire… Les experts s’inquiètent d’une escalade dans la guerre au Moyen-Orient où des infrastructures énergétiques sont devenues des cibles prioritaires. Les marchés pétrolier et gazier paniquent après l’attaque par Téhéran de raffineries au Koweït, en Arabie saoudite et au Koweit, en réponse à des frappes israéliennes, mardi 18 mars, contre le gisement de South Pars, le plus grand gisement gazier du monde, partagé entre l’Iran et le Qatar. « L’Iran continue dans son escalade », d’après Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS et spécialiste de l’énergie.
Franceinfo : Les infrastructures énergétiques commencent à être touchées, est-ce que nous sommes en train d’assister au pire des scénarios ?
Francis Perrin : En fait l’Iran a commencé bien avant à toucher ces infrastructures. Le 2 mars, c’est-à-dire juste après le début de cette guerre, le Qatar avait annoncé qu’il arrêtait sa production de gaz naturel liquéfié suite à des frappes de l’Iran visant ses installations. Il y a eu également des frappes contre des champs pétroliers, qui ont échoué, et des frappes contre plusieurs raffineries, dont celle de Ras Tanura, la plus grande raffinerie, saoudienne, qui a été fermée pendant plusieurs jours. L’Iran continue dans son escalade. Dès le début de la guerre, l’Iran avait deux cartes en main seulement : enflammer tout le Moyen-Orient et frapper l’énergie en bloquant le détroit d’Ormuz.
« L’idée, pour l’Iran, est de faire peur aux pays arabes du Golfe et au monde entier pour les pousser à appeler la Maison Blanche en disant : « S’il vous plaît, arrêtez cette guerre, ce coup économique devient trop important » ».
Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS et spécialiste de l’énergie.à franceinfo
On est dans une continuation, dans une aggravation, mais pas dans une nouveauté.
Le patron de Qatar Energy disait, jeudi 19 mars qu’il faudra trois à cinq ans pour remettre en état une usine gazière visée par des frappes. Les conséquences sont structurelles maintenant ?
Tout à fait. Les frappes iraniennes font beaucoup plus de dégâts maintenant qu’au début de la guerre. Les dommages n’étaient alors pas très importants, même si les unités étaient fermées pour des raisons de précaution. La zone de Ras Laffan, qui a été ciblée dans la nuit du 18 au 19 mars par l’Iran, concentre l’ensemble des unités de liquéfaction de gaz du Qatar. Rappelons que le Qatar est le troisième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié derrière les États-Unis et l’Australie et qu’il représente à peu près 20% des exportations mondiales. Même si la guerre s’arrêtait dans une semaine et que le détroit d’Ormuz était débloqué, il faudrait le temps de la réparation de certaines installations-clés, et ça veut dire que le trafic normal du gaz naturel liquéfié ne reprendrait pas normalement.
Les prix à la pompe ne vont pas baisser de sitôt, n’est-ce pas ?
Effectivement, c’est la conséquence directe pour les pays importateurs, pour les entreprises et pour les ménages, puisque tout le monde a besoin d’énergie pour vivre.
Donald Trump veut calmer le jeu et dit qu’Israël ne frappera plus d’infrastructures énergétiques, des propos qui semblent avoir un léger effet sur les cours du pétrole. Est-ce de nature à rassurer les marchés ?
Donald Trump, souffle le chaud et le froid depuis le début de cette guerre et d’ailleurs bien avant, c’est dans son style et dans sa tactique. Il a dit : « moi, je ne frappe pas le pétrole ni le gaz en Iran, ce qui est parfaitement juste depuis le début de la guerre. Israël a frappé le pétrole en Iran le 7 mars et le 19 mars, le projet gazier de South Pars. C’est le plus grand projet gazier en Iran, qui alimente 70% du marché national iranien. Donald Trump a dit : « On ne va pas demander mon avis, ils ne le feront plus« . Mais il ajoute : « Je peux changer d’avis en quelques secondes, et si l’Iran s’attaque à un pays innocent comme le Qatar, je pourrai détruire complètement South Pars« .
Que peut faire le gouvernement français, vu l’état de notre budget ? La baisse des taxes sur les carburants est-elle difficile à mettre en œuvre ?
Le gouvernement français n’est pas très désireux de perdre des recettes fiscales dues à la fiscalité sur les carburants pétroliers. Vu l’état de notre budget, de notre déficit budgétaire, à peu près 5% du produit intérieur brut (PIB), nous avons explosé les limites et les contraintes européennes depuis longtemps.
Le gouvernement espère donc que la guerre ne sera pas trop longue et que les prix vont baisser rapidement après, ce qui reste à démontrer.
Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS.à franceinfo
Il n’est pas exclu que des mesures ciblées soient prises, mais pour l’instant rien n’est décidé. Certaines catégories professionnelles sont directement impactées très négativement dans leur activité par la hausse du prix des carburants. Certains évoquent la mise en place d’un chèque énergie, qui aurait l’avantage de ne pas être une mesure générale pour tous les automobilistes, en ciblant les catégories de population qui en ont le plus besoin. Mais au moment où nous parlons, aucune décision n’a été prise, le gouvernement temporise dans l’espoir que la guerre va se terminer bientôt.
Source : www.franceinfo.fr

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