
Bondi dit que des étrangers clandestins dirigeaient un laboratoire secret de méthamphétamine saisi en Californie
20 mars 2026
Guerre en Ukraine : l'Allemagne dénonce la «déloyauté» de Viktor Orban qui bloque un prêt de 90 milliards d'euros à Kiev
20 mars 2026Netanyahou affirme que l’Iran est “en passe d’être décimé”, les frappes se poursuivent des deux côtés
Un immeuble résidentiel détruit près de Téhéran, en Iran, le 18 mars 2026. MORTEZA NIKOUBAZL / NURPHOTO VIA AFP
Les frappes israéliennes se poursuivent sur l’Iran qui réplique en visant plusieurs pays du Golfe ce vendredi 20 mars jour de Norouz, le Nouvel an persan, et de l’Aïd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans. Pays à majorité chiite, l’Iran a lui fixé à samedi la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan. Sur le volet énergétique, le prix du pétrole baisse légèrement en ce 21eᵉ jour de guerre au Moyen-Orient.
• L’Iran est « en passe d’être décime », juge Netanyahou
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a assuré jeudi que l’Iran était en passe d’être « décimé », près de trois semaines après le début d’une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. « Après 20 jours, je peux vous annoncer que l’Iran n’a aujourd’hui plus la capacité d’enrichir de l’uranium et qu’il n’a plus la capacité de produire des missiles balistiques », a déclaré Benyamin Netanyahu, lors d’une conférence de presse télévisée.
En lançant une offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait d’abord dit que son objectif était d’éliminer la menace nucléaire iranienne, bien qu’il ait affirmé avoir détruit ce programme dans des frappes de juin 2025.
D’après le Premier ministre israélien, l’arsenal de missiles, drones et lanceurs de Téhéran est aujourd’hui fortement amoindri.
L’Iran est « en train d’être décimé » et Israël « gagne la guerre », a lancé Benyamin Netanyahou. « Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent », a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés.
De plus, le Premier ministre israélien a assuré que son pays « contribu (ait), à sa manière, grâce au renseignement et à d’autres moyens, à l’effort américain visant à rouvrir le détroit » d’Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux.
• Frappes sur Téhéran
L’armée israélienne a annoncé ce vendredi matin avoir lancé de nouvelles frappes sur des « infrastructures » des autorités iraniennes dans la capitale Téhéran.
« L’armée israélienne a commencé une nouvelle vague de frappes ciblant des infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran », a-t-elle indiqué sur Telegram.
• Le pétrole s’apaise
Après les déclarations de Benyamin Netanyahou, le baril de Brent, référence internationale, se repliait de 1,71 % à 106,79 dollars vers 7h15 (heure de Paris). Il avait bondi la veille jusqu’à près de 120 dollars, avant de largement modérer sa course. Son équivalent américain, le baril de WTI, reculait de 2,15 % à 93,50 dollars vendredi.
« Les déclarations de Netanyahou ont apaisé les marchés », a écrit dans une note Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management. « Son discours est important, car il raccourcit la durée perçue du choc d’offre », selon Stephen Innes. « Mais même si le chapitre géopolitique se termine plus tôt que prévu, le système énergétique ne se réinitialise pas sur commande », a-t-il prévenu.
• Explosions entendues au-dessus de Jérusalem
Plusieurs explosions ont été entendues au-dessus de Jérusalem jeudi soir après le retentissement des sirènes d’alerte dans la ville, ont rapporté des journalistes de l’AFP.
L’armée israélienne a signalé jeudi trois salves de tirs iraniens, dans l’heure et demie précédant minuit (23 heures à Paris), puis une autre quelques heures plus tard. L’équivalent israélien de la Croix-Rouge, Magen David Adom n’a pas signalé de victime, mais la police a fait état de dégâts à plusieurs endroits.
• Raffinerie ciblée au Koweït
Mais le Golfe est encore ciblé par des tirs de missiles et de drones. Les Emirats arabes unis ont dit répondre à des attaques de missiles, l’Arabie saoudite avoir intercepté plusieurs drones, surtout dans l’est du pays, et le Bahreïn avoir maîtrisé l’incendie d’un entrepôt causé par des éclats provenant d’une « agression iranienne ».
Au Koweït, une raffinerie, déjà visée jeudi, a subi une nouvelle attaque de drones, provoquant un incendie et la fermeture de plusieurs de ses unités.
Le Qatar a estimé que sa capacité d’exportation de GNL était réduite de 17 %, après les attaques récentes sur son plus important site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) à Ras Laffan. Ces frappes iraniennes ont répondu à celles d’Israël à l’encontre du site offshore de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.
Donald Trump a demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques d’Iran et Benyamin Netanyahou a dit s’y « conform (er) ». Mais le président américain a aussi menacé de détruire « massivement l’intégralité du gisement » si Téhéran continuait ses attaques.
L’Iran ne fera preuve d’« aucune retenue » si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. « Notre réponse à l’attaque israélienne contre nos infrastructures n’a mobilisé qu’une FRACTION de notre puissance », a-t-il averti.
• Macron évoque un « cadre onusien » pour sécuriser Ormuz
Inquiets des conséquences, les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont appelé jeudi soir à un « moratoire » sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant les parties à une « retenue maximale ».
Après un appel américain d’abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits « prêts à contribuer » au moment venu, aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le pétrole et le gaz mondiaux bloqué de facto par l’Iran. Mais pour Paris, Rome et Berlin, une implication n’est envisageable qu’après un arrêt des combats.
Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d’un « cadre onusien » pour une telle mission.
Pour détendre le marché pétrolier, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole comme annoncé mi-mars. Un total de 426 millions de barils, en majorité du brut, doit être mis à disposition.
• Pas de proposition de plan français au Liban
Au Liban, entraîné dans la guerre le 2 mars par le mouvement pro-iranien Hezbollah, le président Joseph Aoun a de nouveau appelé à une trêve et à des négociations avec Israël, à l’occasion d’une visite du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, qui doit se rendre vendredi en Israël.
« Notre rôle n’est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers », mais « d’aider à ce qu’il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens », a déclaré, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron, estimant que cela dépendait d’un feu vert israélien.
Source : www.nouvelobs.com

9999999