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20 mars 2026
les pays du Golfe vont-ils entrer en guerre ?
20 mars 2026Plus de 100 personnes arrêtées aux Emirats arabes unis, dont trois Français, pour avoir diffusé des informations sur la guerre
Le Burj Khalifa visible au loin lors d’un incendie près de l’aéroport international de Dubaï attribué à une attaque de drone par l’Iran le 16 mars 2026. AFP
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Avec l’élargissement du conflit au Moyen-Orient, les pays du Golfe intensifient leur contrôle des publications sur les réseaux sociaux liées aux attaques iraniennes. La police de l’émirat d’Abou Dhabi, où se situe la ville du même nom et capitale des Emirats arabes unis, a annoncé ce vendredi 20 mars l’arrestation de plus de 100 personnes pour avoir filmé et diffusé des « informations trompeuses » sur la guerre au Moyen-Orient. Les interpellations concernent « 109 individus de diverses nationalités qui ont filmé des lieux et des incidents (…) pendant les événements actuels », a-t-elle indiqué dans un communiqué publié sur X, évoquant des partages d’« informations trompeuses » sur les réseaux sociaux. « De tels actes sont susceptibles d’inciter à la haine et de propager des rumeurs au sein de la population », a-t-elle ajouté.
Des mesures similaires ont été prises dans d’autres pays du Golfe, notamment au Qatar où les autorités ont arrêté plus de 300 personnes pour avoir diffusé des « informations trompeuses » pendant le conflit. Le Bahreïn et le Koweït ont également pris des mesures similaires.
Les récentes arrestations concernent notamment trois Français placés en garde à vue car « accusés d’avoir menacé la sécurité nationale » des Émirats arabes unis en filmant les attaques iraniennes sur le territoire, d’après l’AFP. « Ils bénéficient de la protection consulaire, le Quai d’Orsay est en lien avec eux, avec leurs avocats et donc nous suivons la situation avec la plus grande attention », a expliqué Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement sur BFMTV-RMC.
Les réseaux sociaux surveillés
Les pays du Golfe intensifient leur contrôle des publications liées aux attaques iraniennes pour préserver cette image de havre de paix à laquelle ils sont souvent associés. Or, les dégâts humains et matériels auxquels ils font face, suite aux frappes de l’Iran dans la région, sont susceptibles de nuire à la sécurité des habitants et des touristes.
Les influenceurs et leurs publications sont susceptibles d’être arrêtés par les autorités des pays du Golfe en cas de diffusion d’images montrant des frappes de missile ou de drones iraniens. De nombreux influenceurs français sont établis dans les Emirats dont l’influenceuse Maëva Ghennam qui clamait en vidéo au début de la guerre « Oh non j’ai trop peur » et « la France, protège-nous ! », lors de frappes iraniennes sur Dubaï, rapporte France 2 dans un reportage diffusé cette semaine. Elle aurait été convoquée deux jours plus tard par la police locale. La véritable raison de cette convocation n’a pas été confirmée. Une autre personnalité publique, nommée Fidji, affirmait dans une vidéo ne pas être autorisée à « poster ce qui pourrait affoler la population ».
La sécurité intérieure, un enjeu clé des pays du Golfe
Des SMS ont été envoyés aux résidents des Emirats pour les prévenir d’éventuelles poursuites judiciaires en cas de partage d’images sensibles ou de diffusion « d’informations non fiables ». La police de Dubaï à elle mis en garde contre la « diffusion de rumeurs » et le fait de photographier des sites sensibles. A Dubaï, la façade du luxueux hôtel Burj Al Arab a été incendiée, l’aéroport international, l’un des plus fréquentés au monde et le port de Jebel Ali ont été touchés par des frappes de l’Iran.
Dans ce contexte de contrôle de l’information, les autorités ont, elles aussi, misé sur les réseaux sociaux. Elles y diffusent un discours aux antipodes de la situation au Moyen-Orient. Le compte Instagram de Dubaï diffusait par exemple la chanson « Dubaï est sûre, et le sera toujours » à ses 5,8 millions d’abonnés. Des images montraient le président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane en pleine promenade avec son imposante suite dans le Dubai Mall, le plus grand centre commercial du pays.
Mais cette stratégie de censure au nom de la sécurité comporte un risque. Elle peut se retourner contre les autorités des Emirats arabes unis « auprès de certains publics, en particulier les Occidentaux et d’autres ressortissants de démocraties habitués à la liberté d’expression », estimait Ryan Bohl, analyste géopolitique au sein du Rane Network, cité par l’AFP.
Source : www.nouvelobs.com

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