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Les Iraniens du monde entier célèbrent ce vendredi 20 mars le Norouz, une fête qui célèbre le Nouvel An persan ternie cette année par les bombardements israélo-américains.
Un Nouvel an dans l’angoisse de la guerre. Alors que des explosions retentissent encore à Téhéran ce vendredi 20 mars, les Iraniens s’apprêtent à célébrer le Norouz, le premier jour du calendrier persan. Cette année, la fête la plus populaire du pays coïncide avec Aïd el-Fitr, le dernier jour du Ramadan, qui tombe vendredi en Arabie saoudite et la plupart des pays musulmans, et samedi en Iran.
Norouz – qui signifie « nouveau jour » – puise ses origines dans le zoroastrisme, une religion antérieure à la chrétienté et l’islam et qui remonte au premier millénaire avant notre ère. On le célèbre à l’équinoxe de printemps, au moment où la durée du jour est égale à celle de la nuit.
« À l’époque, il s’agissait d’un moment sacré où l’on célébrait la renaissance de la nature. Au fil des siècles, le Novruz (plusieurs écritures existent, NDLR) est devenu une fête laïque à laquelle adhèrent de nombreuses communautés ethnolinguistiques et culturelles », explique le site de l’ONU.
« Fête du feu »
La fête de Norouz s’accompagne de nombreuses traditions. Les festivités commencent quelques jours avant, la veille du dernier mercredi de l’année du calendrier, avec Tchaharchanbé-Souri, aussi appelée « fête du feu ». Les Iraniens participent à des rituels comme sauter par-dessus des feux de joie, « un acte symbolique destiné à purifier et à donner de l’énergie, à chasser les vestiges de l’hiver et à inviter la chaleur et la vitalité du printemps dans la vie de chacun », poursuit l’ONU.
Dans les foyers, les Iraniens se retrouvent autour des Haft-Sîn, une table où sont disposées de manière harmonieuse sept (haft, en persan) éléments végétaux symboles de renouveau, de bonne santé ou encore de sagesse. Chacun doit commencer par la lettre S (sin): sabzeh (grains germés), samanu (pudding sucré), senjed (fruits secs), seer (ail), seeb (pomme), somāq (baies de sumac), serkeh (vinaigre)…
« Cette tradition ancestrale est toujours pratiquée en Iran, non seulement par les zoroastriens, mais aussi par les musulmans, les chrétiens, les juifs, etc », explique le spécialiste de la Perse Nader Nasiri-Moghaddam sur le site la faculté des langues de Strasbourg.
« Chacune de ces communautés dépose son livre sacré à côté de la nappe de haft sin qui contient aussi d’autres éléments ajoutés au fil du temps, comme l’œuf, la jacinthe, le miroir, des bougies, des pièces de monnaie, l’horloge et le poisson rouge, élément animalier ajouté à partir du XIIIe siècle après l’invasion des Mongols chez qui le poisson est le symbole du bonheur », poursuit-il.
La tradition de Norouz est extrêmement respectée par les millions d’Iraniens vivants à l’étranger. Comme à Los Angeles où vit une immense diaspora, évaluée à 500.000 personnes. Au total, plus de 300 millions de personnes dans le monde célèbrent le Norouz.
Un Norouz sous les bombes
Selon l’AFP, à Téhéran, la guerre assombrit l’atmosphère joyeuse dans laquelle la ville devait être plongée. À l’aube, des bannières célébrant le Norouz, qui débutera en soirée, ont remplacé dans certaines rues de Téhéran les portraits du défunt ayatollah Ali Khamenei.
Une affiche montre une famille réunie autour d’une table richement garnie, en train d’émettre ses vœux pour la nouvelle année. « La victoire de Norouz », proclament les bannières, contrastant avec la grisaille ambiante dans la capitale.
« Honnêtement, je ne ressens pas vraiment l’ambiance de Norouz cette année », a témoigné auprès de l’AFP Amir, un habitant de 36 ans joint depuis Paris, sous couvert d’anonymat. « Les gens que je connais ne prévoient rien de spécial ».
Hoda, une habitante de la ville de Saveh, assure elle qu’elle se rendra dans la capitale pour se réunir en famille et espère « qu’il n’y aura pas de bombardements » en ce premier jour de la nouvelle année. « Nous ne savons pas ce qui va se passer, mais la vie continue ».
Source : www.bfmtv.com

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