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20 mars 2026Rachida Dati peut-elle encore gagner les municipales à Paris, « le combat de sa vie » après « sa campagne à la Trump » ?
JULIEN DE ROSA / AFP
Rachida Dati à Paris le 19 mars.
• Mais sa campagne parfois qualifiée de « à la Trump » et les affaires judiciaires qui la cernent jouent contre elle.
• Le fait qu’elle soit soutenue par le RN depuis le milieu de semaine peut aussi lui jouer des tours dans ce qu’elle considère comme « le combat de sa vie ».
Le combat d’une vie. Elle y pense depuis des années, s’y prépare depuis des mois. Rachida Dati rêve de décrocher, dimanche 22 mars, la mairie de Paris, dirigée par la gauche depuis 2001. Cette victoire constituerait une indéniable consécration pour celle qui a commencé sa carrière politique auprès de Nicolas Sarkozy en 2007. À sa sortie du gouvernement fin février, elle reconnaissait publiquement : « J’ai été très heureuse au ministère de la Culture. Mais le combat de ma vie, c’est Paris. »
Un combat âpre, difficile, qu’elle a largement perdu en 2020 (14 points derrière la maire sortante) mais qu’elle affronte cette fois-ci avec la foi du charbonnier. Pendant six ans, elle s’est muée en opposante numéro 1 à Anne Hidalgo, n’hésitant pas à se saisir de chaque occasion pour s’en prendre à la maire sortante, du « Tahiti Gate » au scandale du périscolaire en passant par les notes de frais jugées exorbitantes et peu transparentes. Manière aussi de surfer sur le rejet que suscite Anne Hidalgo auprès de certains électeurs de la capitale et de préparer, pas à pas, l’alternance qu’elle souhaite tant.
Entre 1 et 7 points d’écart selon les sondages
Pourtant, au soir du premier tour, le score de Rachida Dati était décevant à bien des égards. Arrivée deuxième, loin derrière le socialiste Emmanuel Grégoire, elle n’a pas atteint les chiffres qu’elles atteignaient dans les derniers, se contentant d’à peine 25,5 %. Depuis, elle a toutefois bénéficié du retrait conjoint de Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) et de Sarah Knafo (Reconquête), le premier ayant fusionné sa liste avec la sienne (tout en refusant de figurer dessus), et la seconde s’étant désistée avec l’ombre d’Emmanuel Macron qui plane dans les deux cas. Rachida Dati est désormais la seule candidate de la droite et du centre, et a face à elle deux listes de gauche.
L’horizon s’est donc considérablement dégagé et l’hypothèse d’une victoire n’est plus du tout à exclure. Dans un sondage Elabe pour Le Figaro et BFMTV publié ce vendredi, la maire du VIIe arrondissement de Paris est créditée de 44,5 % contre 45,5 % pour Emmanuel Grégoire. Un petit point de différence, tout à fait rattrapable d’ici dimanche, d’autant qu’il se situe dans la marge d’erreur.
Mais la partie est-elle vraiment gagnée ? Pas si vite, d’autant qu’un autre sondage (Cluster 17 pour Politico) la donne sept points derrière son rival. D’abord parce que son profil clivant pourrait la desservir. Réputée pour être dure et même parfois cassante, Rachida Dati s’est construite l’image d’une femme politique qui tient tête à ses adversaires, mais qui tombe parfois dans l’outrance et la caricature. Des attaques violentes contre les magistrats aux menaces récurrentes contre les journalistes, elle ne recule devant rien.
« Une campagne à la Trump »
« Dès qu’elle est mise en cause, Rachida Dati utilise des méthodes dignes du trumpisme », relève le Nouvel Obs, qui a été empêché de couvrir la soirée électorale de premier tour de la candidate LR. Agressivité, mauvaise foi et mêmes mensonges assumés font partie de son ADN. Même le président centriste de la région Normandie Hervé Morin l’a accusée de mener « une campagne à la Trump ». Nourrie notamment de promesses en l’air et de proposition peu crédibles.
Ses vidéos TikTok auprès d’éboueurs parisiens, gilet jaune fluo sur le dos, ou aux côtés de toxicomanes porte de la Chapelle avaient particulièrement marqué les débuts de la campagne. Ses adversaires ne savaient pas par quel bout prendre cette nouvelle manière de communiquer et restaient scotchés face au culot de la candidate. « C’est très efficace, observait alors le communicant Gaspard Gantzer auprès du HuffPost. Les réseaux sociaux fonctionnent de cette manière, plus c’est gros plus ça passe. Et Rachida Dati l’a parfaitement compris ».
Le RN veut sa victoire
Autre raison pour laquelle rien n’est écrit pour dimanche : son nom est cité dans une douzaine d’affaires qui mettent en cause sa probité et l’accusent de corruption. Dans l’affaire Renault, elle est accusée d’avoir perçu 900 000 euros ; dans celle liée à GDF Suez, ce sont 300 000 euros qu’elle est soupçonnée d’avoir reçus. Citons aussi l’enquête ouverte concernant les 400 000 euros de bijoux qui n’auraient pas été déclarés à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ses opposants ne manquent jamais de rappeler que son procès ayant lieu en septembre, elle pourrait ne rester maire de Paris que six mois en cas de victoire suivie d’une condamnation.
Quant aux soutiens qu’elle a reçus ces derniers jours, ils peuvent tout aussi bien apparaître comme des boulets. De Jordan Bardella qui affirme qu’il voterait pour elle à titre personnel à Marine Le Pen qui appelle à « faire barrage » à la gauche, de nombreuses personnalités de droite et d’extrême droite (à commencer par Sarah Knafo) lui ont apporté leur appui. Or le RN à Paris n’a recueilli que 1,6 % des voix au premier tour et constitue, aux yeux de nombreux électeurs, un repoussoir.
Une chose est sûre : si Rachida Dati s’incline dimanche soir face à Emmanuel Grégoire, ce sera une défaite personnelle lourde. De laquelle, selon le score qu’elle obtiendra, elle pourrait ne pas se relever. Mais des épreuves, l’ex-Garde des sceaux en a connu d’autres et son tempérament n’indique pas vraiment qu’elle sera prête à s’avouer vaincue si vite.
Source : www.huffingtonpost.fr

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