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21 mars 2026Affaire Epstein : 15 ex-mannequins dénoncent l’ancien dirigeant français de l’agence Elite
Analyse : Voici les points saillants relevés par nos journalistes.
Selon notre équipe, l'article intitulé « Affaire Epstein : 15 ex-mannequins dénoncent l’ancien dirigeant français de l’agence Elite » mérite un regard attentif.
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Son nom circulait déjà depuis plusieurs années dans des accusations de violences sexuelles dans l’industrie de la mode. Il réapparaît désormais au cœur des ramifications de l’affaire Epstein. Gérald Marie, ex-dirigeant de la prestigieuse agence Elite, est visé par une demande d’enquête en France portée par 15 femmes, pour la plupart anciennes mannequins.
Dans une lettre adressée jeudi 19 mars à l’attention de la procureure Laure Beccuau, ces femmes affirment pouvoir contribuer aux investigations ouvertes à Paris en février autour des ramifications françaises du dossier Epstein. Des pièces en leur possession pourraient, selon elles, documenter les liens entre le Français Gérald Marie et le financier américain Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 avant son procès pour trafic sexuel.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’accusations déjà examinées par la justice française. En 2020, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineures à l’encontre de Gérald Marie, classée en 2023.
Pendant des décennies, Gérald Marie a compté parmi les figures les plus puissantes du mannequinat international. Arrivé chez Elite en 1987, il devient le bras droit du fondateur John Casablancas et s’impose à la tête de la branche européenne du groupe. Il participe à l’essor du concours Elite Model Look et accompagne l’ascension de plusieurs top modèles, dont Naomi Campbell, Cindy Crawford ou Linda Evangelista – qui devient son épouse pendant six ans.
À une époque où Elite fait rêver des milliers de jeunes femmes, ce statut lui confère une effet considérable. Gérald Marie se taille une réputation de dirigeant controversé, réputé pour ses comportements déplacés et son peu de considération pour l’intégrité des mannequins. Dans « Model : The Ugly Business of Beautiful Women » (« Mannequin : le sale business des belles femmes »), de Michael Gross, le photographe Jacques Silberstein dit de lui : « Il aimait coucher avec les filles. Sa philosophie, c’était ‘Si tu veux travailler, il faut me baiser »’.
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Pourquoi son nom est-il associé à celui de Jeffrey Epstein ?
L’initiative de ces quinze femmes, de nationalités britannique, néerlandaise et américaine, dépasse le cadre d’accusations individuelles. Elle vise à établir l’existence de liens entre Gérald Marie et plusieurs figures déjà au cœur du dossier Epstein.
Dans leur lettre, les signataires affirment pouvoir verser à l’enquête ouverte en février par le parquet de Paris « des documents judiciaires et des courriels » attestant d’une collaboration « entre Gérald Marie, [Jean-Luc] Brunel et [Jeffrey] Epstein ».
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Ancien agent de mannequins français, Jean-Luc Brunel est considéré comme l’un des principaux rabatteurs de Jeffrey Epstein. Il avait été mis en examen en France pour viols sur mineures et harcèlement sexuel avant de se suicider en détention en 2022.
La lettre mentionne également Daniel Siad, recruteur français de mannequins. L’une des signataires, Ebba Karlsson, a porté plainte contre lui pour “viol et trafic d’êtres humains” en février, après l’avoir reconnu dans les fichiers déclassifiés de l’affaire Epstein mis en ligne par la justice américaine. Selon son récit, c’est cet homme qui l’aurait mise en contact avec Gérald Marie.
« Ce que nous voulons que les enquêteurs déterminent, c’est la nature du lien entre Epstein et Gérald Marie et s’il a été impliqué dans des actes répréhensibles avec Epstein », explique l’une des signataires, Lisa Brinkworth. L’ancienne journaliste, qui avait enquêté sur lui, représente désormais le collectif Victorious Angels We Rise, réunissant des victimes d’agressions sexuelles dans le milieu de la mode.

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Une mise en cause par la BBC dans les années 1990
En 1998, Lisa Brinkworth, alors journaliste à la BBC, infiltre, avec son confrère Donald MacIntyre, le monde du mannequinat pour enquêter sur les violences sexuelles dans ce milieu. Se faisant passer pour une mannequin, elle participe à un dîner à Milan avec plusieurs responsables d’Elite, dont Gérald Marie, filmés en caméra cachée.
Selon son récit, Gérald Marie lui aurait tenu des propos sexuels explicites. Puis il « s’est assis à califourchon sur [elle] » et « a simulé un acte sexuel ». « J’ai cru qu’il allait me violer. Tous les agents d’Elite riaient », témoigne-t-elle auprès de 20 Minutes. Elle raconte avoir tout de suite informé sa hiérarchie qui, selon elle, lui intime de ne pas porter plainte pour ne pas mettre en péril l’enquête journalistique.
Le reportage est diffusé sur la BBC en 1999. Ces images révèlent un monde où la drogue circule à flot et où des femmes, toujours plus jeunes, mineures parfois, sont traitées comme des marchandises. On y voit notamment Gérald Marie proposer l’équivalent de 600 euros à Lisa Brinkworth pour coucher avec elle.
Le documentaire provoque un scandale retentissant. Elite attaque alors la BBC en diffamation. En 2001, les deux parties concluent finalement un accord amiable prévoyant notamment que le programme ne soit plus diffusé ni commercialisé.
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Quelles plaintes visaient Gérald Marie ?
Plus de 20 ans après la diffusion du reportage, en 2020, Lisa Brinkworth sort du silence et porte plainte pour agression sexuelle à l’encontre de Gérald Marie. Trois anciennes mannequins, dont Ebba Karlsson, accompagne sa plainte de signalements pour dénoncer des viols ou des agressions sexuelles.
Dans leurs témoignages, Jill Dodd, Carré Otis-Sutton et Ebba Karlsson décrivent comment l’ancien patron d’Elite Europe a réclamé des faveurs sexuelles alors qu’elles avaient respectivement 19, 17 et 21 ans.
La Suédoise Ebba Karlsson dénonce un viol qui se serait produit en 1990, alors qu’elle passait un casting dans les bureaux d’Elite à Paris. Deux heures durant, selon son témoignage auprès de la cellule investigation de Radio France, Gérald Marie tente de la convaincre d’intégrer l’agence. “Puis il soulève ma jupe et me viole, en m’introduisant ses doigts dans le vagin. C’est comme si on m’avait coupé la tête. Je ne pouvais plus parler. Je me souviens m’être demandée pourquoi personne de l’agence ne m’avait prévenue.”
De son côté, Carré Ottis-Sutton dénonce « d’innombrables » viols en 1986 dans l’appartement de Gérald Marie. Elle y résidait à l’époque, Gérald Marie hébergeant souvent les mannequins les plus prometteurs à leur arrivée à Paris. Le dernier signalement est celui de l’Américaine Jill Dodd, qui venait elle aussi d’arriver à Paris et dit avoir été violée par Gérald Marie, également chez lui.
En février 2023, l’enquête est finalement classée pour prescription. Les plaignantes estiment aujourd’hui que les nouvelles investigations ouvertes sur l’environnement d’Epstein pourraient permettre d’aller plus loin. « Nous avons toutes, hormis l’une d’entre nous, été violées ou agressées sexuellement sur le territoire français », résument les signataires. « Aujourd’hui, âgées de 50 à 60 ans, nous demandons justice. »
Source : www.france24.com
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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