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21 mars 2026« Le plus dur, c’est de ne pas savoir quand on pourra repartir » : le journal de bord d’un marin chinois, coincé aux portes du détroit d’Ormuz
Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « « Le plus dur, c’est de ne pas savoir quand on pourra repartir » : le journal de bord d’un marin chinois, coincé aux portes du détroit d’Ormuz ».
Points importants
Chaque jour ou presque, si internet n’est pas trop instable, Gao Yang, 41 ans, ancien photographe de publicité reconverti cuisinier, raconte sa vie de marin sur le site chinois Zhihu : la guerre, la peur, l’ennui, l’incertitude qui lui sert d’horizon.
**C’est son tout premier voyage sur un bateau au long cours, après un changement de vie radical. Son vraquier de 50 000 tonnes, immatriculé au Panama, est parti fin janvier de Dailan, en Chine. Deux mois de navigation par le détroit de Taïwan, l’océan Indien et le Sri Lanka, avant de remonter vers le golfe Persique pour y décharger sa marchandise.
Arrivé au port 24 heures avant la guerre
Le 27 février, le navire accoste en Iran. Le 28, Gao prépare comme d’habitude le repas pour les 22 membres d’équipage, majoritairement chinois : au menu, il y a souvent de la poitrine de porc sautée aux pousses d’ail, des nouilles et des légumes marinés. Vers midi, en un instant, l’activité du port se fige : tous les ouvriers viennent de recevoir un SMS du gouvernement iranien leur donnant l’ordre d’évacuer. Immédiatement. Quelques heures plus tard, les États-Unis et Israël lancent leurs premières frappes. Le bateau se retrouve pris au piège. Impossible de passer le détroit d’Ormuz, il doit rester à quai à Bandar Abbas.
Depuis, l’équipage assiste au spectacle de la guerre : Gao Yang découvre les explosions quotidiennes plus ou moins proches « comme les coups de tonnerre d’un orage d’été« . Début mars, une raffinerie est touchée sur la côte : pendant plusieurs jours, une épaisse fumée grise enveloppe le port, où l’on ne voit plus grand-chose. Puis c’est un pétrolier ancré près de la zone de mouillage qui prend feu. La nuit, depuis la passerelle, les marins suivent à l’œil nu les trajectoires lumineuses des missiles et les boules de feu qui se produisent à chaque interception de la défense anti-aérienne.
**>>L’Iran accuse Israël et les Etats-Unis d’avoir de nouveau frappé le site nucléaire de Natanz
**Pour dormir, le cuisinier garde ses bouchons d’oreilles. Avant c’était pour ne pas entendre les bouches d’aération et les vibrations de la salle des machines ; désormais c’est pour atténuer le fracas des avions de chasse.
Manque ponctuel d’eau et de nourriture
Gao Yang, pourtant, tente de préserver sa routine. Il continue à préparer trois repas par jour « C’est à peu près la seule chose normale » qu’il puisse faire. La première semaine, pendant le deuil de sept jours décrété pour la mort de l’ayatollah Khamenei, le réapprovisionnement devient plus difficile, alors il prépare pour l’équipage des menus plus simples, des portions plus petites. L’eau potable est rationnée, faute de nouvelles livraisons. Et puis le 11 mars, les employés du port reprennent le travail. La vie reprend son cours. Presque normalement.
Gao voit ensuite arriver au port d’autres cargos, des pétroliers. L’équipage croit que le détroit d’Ormuz va rouvrir — un espoir de courte durée. Entre le 1er et le 13 mars, 77 navires seulement traversent la zone, contre 1 200 l’an dernier à la même période.
Repeindre le bateau, pêcher des calamars pour tuer le temps
« On s’habitue à tout« , dit Gao. Sauf à l’incertitude. « Le plus dur, c’est de ne pas savoir quand on pourra repartir« . L’équipage, qui limite ses sorties à terre, s’occupe comme il peut : il y a les travaux d’entretien, enlever la rouille, repeindre… Sur leur temps libre, certains marins vont pêcher des calamars. Lui écrit et prend des photos pour documenter cet espace-temps si particulier.
En embarquant comme cuisinier, le quadragénaire — qui se décrit comme profondément pacifiste — pensait découvrir un nouvel univers, pas se retrouver au cœur de la guerre. Cela ne l’a pas pour autant dissuadé de poursuivre sa carrière de marin. Il explique au journaliste du magazine Caijing, qui l’a interrogé via We Chat que quand tout sera terminé, il rentrera en Chine et se formera « pour travailler sur des pétroliers » ou des méthaniers, obtenir « un meilleur salaire » et avoir « davantage de perspectives de carrière« . Il est parfaitement conscient que ces navires sont des cibles potentielles. Mais « la vie continue ; et gagner sa vie, c’est l’essentiel ».
Les dockers iraniens, qui à midi se reposent et dorment sur des couvertures à l’ombre de son navire — sans chercher à se protéger — lui font forte impression : « Ils vivent sous une menace constante et pourtant ils sont bien plus calmes que nous, écrit-il. « La distance qui nous sépare de la guerre importe peu. Ce qui compte, c’est de continuer à vivre dignement dans ces circonstances. »
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’équipe continuera à analyser les points saillants.

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