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21 mars 2026Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Nos rédacteurs considèrent que « le sacre d’Escaich, la révélation Bounazou et les percussions tambour battant » est un article à suivre.
Résumé synthétique
Malgré une prise de son poussive et quelques longueurs, la soirée aura tenu ses promesses en matière de découvertes et de révélations. Tant au niveau du programme musical que du palmarès, largement dominé par les artistes femmes.
Et la Victoire de l’originalité revient… à cette 33e édition des Victoires de la musique classique ! Dès l’ouverture, la chorégraphie de Mehdi Kerkouche, passant de navire en navire dans la rade de Brest, faisant virevolter ses danseurs de la goélette-école de la Marine nationale «Belle-Poule», au trimaran de la navigatrice Alexia Barrier (que l’on voit barrer sur le célébrissime début du quatrième mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde, source d’inspiration de la musique des Dents de la Mer), donne le ton. Celui d’une cérémonie qui entend sortir des sentiers battus, et faire souffler un vent de fraîcheur certain sur ce qui reste l’une des soirées les plus suivies de la musique classique à la télévision, après le traditionnel Musiques en Fête du mois de juin.
« Les Victoires de la musique classique doivent rester un écrin pour l’excellence artistique »
Vent de fraîcheur sur la destination, tout d’abord. Avec, pour la première fois, une cérémonie des Victoires du classique retransmise depuis la Bretagne. En l’occurrence depuis le Quartz de Brest. Si la scène avait été richement rhabillée pour l’occasion, les équipes techniques ne seront manifestement pas parvenues à en apprivoiser suffisamment l’acoustique pour que voix et instruments ne pâtissent pas, une fois de plus, d’une prise de son cathédrale qui ne mettait en valeur ni l’Orchestre national de Bretagne (pourtant riche de contrastes et de couleurs sous les baguettes de Nicolas Ellis et d’Alizé Léhon), ni les solistes. Dommage, car ceux-ci ne manquaient cette année encore ni de virtuosité (bluffante aisance technique de la toute jeune pianiste Arielle Beck, 17 ans seulement, dans le concerto en Sol de Ravel qui ouvrait les séquences musicales), ni de présence scénique – on n’oubliera pas de sitôt la complicité du trio formé par Sabine Devieilhe, Julie Fuchs et Stanislas de Barbeyrac dans le désopilant «Hourra du crocodile» d’Offenbach.
Compositrices oubliées et création déjantée
Vent de fraîcheur sur la présentation, ensuite, assurée par un duo inédit : celui de l’humoriste Alex Vizorek avec le sémillant producteur de France Musique Clément Rochefort. La paire, sans en faire trop, fonctionne parfaitement. Elle apporte ce mélange de simplicité et de fausse désinvolture qui manquait pour rendre l’exercice moins compassé. N’hésitant pas à se chambrer avec un soupçon d’autodérision, entre jeux de mots ratés, piques à l’adresse de Stéphane Bern (ex-présentateur de la soirée), ou clichés sur le climat breton.
Vent de fraîcheur, surtout, sur le programme musical. Longtemps sous le feu des critiques pour ses choix très grand public et sa manie de toujours donner à entendre les mêmes tubes, les Victoires du classique n’ont pas hésité cette année à faire leur révolution. Elles ont privilégié une grande quantité d’œuvres ou de compositeurs (et compositrices) méconnus : du Quatuor avec piano de la Liszt française Marie Jaëll au Troubled Water arrangé pour deux pianos de Margaret Bonds : «La première Afro-Américaine à vouloir être pianiste professionnelle», comme le rappelleront les sœurs Labèque, interprètes enflammées de sa musique. L’événement n’a pas non plus hésité à miser sur la création dans ce qu’elle peut avoir de plus singulier, comme avec ce Dance pop pour mandoline et orchestre totalement déjanté de Régis Campo, ou cet arrangement décalé de la Carmen Fantasy de Franz Waxman pour accordéon et orchestre par l’étonnant Julien Beautemps.
Un vent de folie qui n’empêcha pas quelques beaux instants de grâce. À l’instar de la Prière de Bloch jouée par un Léo Ispir totalement habité au violoncelle. Ou le Vissi d’arte par Lucie Peyramaure, qui confirma qu’elle est bien l’une de nos grandes pucciniennes en puissance.
Le sacre du «Te Deum pour Notre-Dame»
On aurait aimé autant de surprises du côté du palmarès. Les choses avaient commencé de la meilleure des façons, avec le sacre, au titre d’enregistrement de l’année, du Te Deum de Thierry Escaich, immortalisé chez Alpha. L’œuvre grandiose, commandée pour la réouverture de Notre-Dame de Paris, et qui embrasse en musique et en mots toute l’histoire littéraire, populaire et spirituelle de l’édifice, le valait bien. Tout comme la cathédrale, comme le rappela à juste titre Thierry Escaich en recevant le prix main dans la main avec Henri Chalet, directeur de la Maîtrise de Notre-Dame à l’origine de cette commande, et dont la qualité du travail ces derniers mois n’est plus à prouver.
Pour ce qui est des autres catégories, on aurait aimé voir Stanislas de Barbeyrac enfin récompensé du titre d’artiste lyrique de l’année (surtout après son interprétation en plateau du Winterstürme de La Walkyrie). C’est finalement Sabine Devieilhe qui l’emporta une fois encore. On ne saurait naturellement en vouloir à la future interprète de Lucia di Lammermoor de Donizetti, dans laquelle elle s’apprête à faire sa prise de rôle à l’Opéra-Comique et dont la carrière est toujours aussi digne d’éloge. Mais même si elle n’a pas manqué de saluer ses deux collègues, souhaitant à tous les jeunes chanteurs qui la suivront de trouver «des amis comme Julie et Stanislas», on ne peut s’empêcher de sortir de la cérémonie avec un petit pincement au cœur.
Même chose pour Vanessa Wagner, qui n’avait encore jamais eu la Victoire comme Soliste instrumentale de l’année, et repart bredouille une fois encore malgré son interprétation vivante de Philip Glass. Comme Astrig Siranossian, elle s’est vue coiffée au poteau par la percussionniste Adélaïde Ferrière, qui après sa révélation en 2017 transforme l’essai, et offre une nouvelle tribune historique au marimba. Côté compositeur, c’est Francesco Filidei qui l’emporte pour son ambitieuse adaptation à l’opéra du Nom de la Rose d’Umberto Eco.
La révélation Tamara Bounazou
Quant aux révélations, c’est sans surprise Arielle Beck, largement médiatisée ces dernières années, qui l’a emporté sur ses collègues Léo Ispir et Julien Beautemps pour la partie instrumentale, tandis que la catégorie révélation lyrique a vu le sacre de la Franco-Algérienne Tamara Bounazou. On ne peut que s’en réjouir, tant l’interprète a su sublimer, ce soir encore, son incarnation d’Iphigénie dans le déchirant «Je t’implore et je tremble» d’Iphigénie en Tauride de Gluck. Elle délivra un discours touchant et profond, insistant sur les sacrifices de ses propres parents pour lui permettre d’avoir accès au conservatoire alors qu’elle vient d’un quartier populaire, remerciant sa mentor Barbara Hannigan, et envoyant en filigrane à Timothée Chalamet cette réponse que l’opéra est une musique «belle, forte et actuelle», dont elle rêverait qu’elle soit plus largement partagée. Une très belle artiste en puissance, dont il faudra suivre le parcours avec le plus vif intérêt.
Au rayon des longueurs, on se serait en revanche bien passé de la séquence pour «geeks new age» autour de la musique du jeu vidéo à succès Clair-Obscur : une chanson folklorico-soporifique qui avait plus sa place aux Victoires de la Musique qu’à celles du classique. Et on saura à l’avenir qu’il vaut mieux inviter Macha Méril pour une remise de Victoire en début d’émission qu’à la fin (surtout lorsque la cérémonie a déjà commencé à s’éterniser). Heureusement, cela n’a pas semblé faire trop peur au baryton-basse gallois Bryn Terfel, venu recevoir une Victoire d’honneur des mains de son cadet et compatriote Steffan Lloyd Owen et qui entonna juste avant, avec ce dernier et plus d’aplomb que leur équipe nationale au dernier tournoi des Six Nations, le Granada d’Agustín Lara.
Source : www.lefigaro.fr
Conclusion : Nous restons attentifs à cette actualité et à son évolution.

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