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21 mars 2026Mondiaux d’athlétisme en salle : comment le Grec Emmanouil Karalis est devenu ce perchiste capable de rivaliser avec Armand Duplantis
Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Mondiaux d’athlétisme en salle : comment le Grec Emmanouil Karalis est devenu ce perchiste capable de rivaliser avec Armand Duplantis ».
À savoir
Avec un record désormais perché à 6,17 m, Emmanouil Karalis est le deuxième athlète à avoir sauté le plus haut dans l’histoire derrière son rival suédois, avant de se retrouver, samedi, aux championnats du monde, en Pologne.
Vingt-et-un jours d’écart sur la carte d’identité et encore 14 centimètres de différence sur le sautoir. En franchissant 6,17 m aux championnats de Grèce en salle le 28 février dernier, soit neuf centimètres de plus que son précédent record, le Grec Emmanouil Karalis a nettement réduit le fossé qui le sépare du meilleur perchiste de la planète et de l’histoire, Armand Duplantis et ses 6,31 m. Les deux athlètes se retrouvent une nouvelle fois, samedi 21 mars, aux Mondiaux en salle en Pologne (jusqu’au dimanche 22 mars en direct sur france.tv).
Depuis le 25 août 2024, et son premier saut à 6 mètres, Emmanouil Karalais connaît une progression éclair. En plus de cette première barre à cette hauteur, le vice-champion du monde en titre totalise depuis 15 concours à 6 mètres ou plus (sur 37), il est aujourd’hui l’un des seuls à pouvoir titiller le Suédois.
Emmanouil Karalis peut-il priver Armand Duplantis d’un nouveau sacre dans une salle où le Suédois avait réalisé son premier record du monde en 2020 ? « Je vais devoir être encore plus concentré, plus motivé, et je serai peut-être un peu plus stressé. Je vais devoir être à mon meilleur niveau car il saute à un niveau que personne d’autre n’avait encore atteint, à part moi », a réagi le double champion olympique auprès de l’AFP. S’il dispose encore d’un matelas d’avance, Mondo Duplantis a donc moins le droit à l’erreur en Pologne.
Issus de la génération dorée 1999 (cinq perchistes à 6 m ou plus), Emmanouil Karalis et Armand Duplantis se côtoient depuis l’enfance. Aux championnats du monde des moins de 18 ans en 2015 à Cali (Colombie), le Suédois prenait l’or, quand le Grec s’adjugeait le bronze. Neuf ans plus tard, lors des Jeux olympiques de Paris, leur classement est identique. Preuve de la précocité du potentiel d’Emmanouil Karalis, ce dernier a détenu, un temps, la meilleure performance de l’histoire des U18 de la discipline, avant de se faire griller la politesse par son rival suédois. Mais le Grec a ensuite vu son niveau stagner à 5,80 mètres, entre 2018 et 2022, progressant de seulement un centimètre sur cette période (contre 16 centimètres pour Armand Duplantis).
L’athlète ne fait pas mystère de ces années difficiles. Né d’un père grec lui-même ancien décathlonien et d’une mère ougandaise spécialiste de la longueur, Emmanouil Karalis a notamment confié avoir souffert de racisme de la part d’un ancien coach, mais aussi de dépression. « Il s’est un peu cherché. Il a collaboré avec différents coachs. Sa progression s’est réenclenchée depuis fin 2024 », fait remarquer à franceinfo: sport Philippe d’Encausse, entraîneur du Français Thibault Collet (record à 5,95 m), issu lui aussi de la génération 99. « Il a été blessé et a eu des problèmes de santé qui ont affecté sa régularité et ses progrès », ajoute Marcin Szczepanski, l’actuel entraîneur du Grec, auprès de franceinfo: sport.
Depuis décembre 2023, Emmanouil Karalis s’est attaché les services de ce jeune entraîneur polonais, qui a auparavant coaché Piotr Lisek, multiple médaillé mondial. Il travaille aussi aujourd’hui avec George Pomaski, entraîneur du sauteur en longueur grec Miltiadis Tentoglou, pour peaufiner sa technique de course et l’explosivité. Son père, Harris, coordonne l’ensemble du projet sportif, et se charge de la préparation physique.
Les résultats payent depuis l’été 2024. À la veille des JO de Paris, il améliore à trois reprises son record, avant d’empocher le bronze aux Jeux. Il franchit ensuite les paliers à vitesse grand V. Vingt jours après sa médaille olympique, Emmanouil Karalis devient le 29e homme de l’histoire à franchir 6 mètres. « C’est quelque chose dont j’ai toujours rêvé. Je l’ai fait et maintenant je me sens plus confiant que jamais. Je sens que je peux désormais penser à des hauteurs plus importantes« , déclarait alors le Grec, plaçant cette performance au-dessus de son podium olympique.
La médaille et cette barre mythique font office de déclic. Un an plus tard, Emmanouil Karalis franchit 6,08 m. « Tout a changé ou presque après les JO. Au pays, je suis soudain devenu très connu, mon parcours aussi. Et j’ai enchaîné rapidement avec de très bons sauts, puis ça a continué en 2025. Le changement a surtout été mental. Gagner une médaille aux JO a été un déclic, je n’ai plus aucune barrière, je ne veux pas me fixer de limites », a-t-il confié à L’Equipe, en août dernier, n’ayant alors pas peur de dire qu’il pensait à viser « 6,15 m ou plus ».
Pour son entraîneur, ces progrès s’expliquent par « un travail sur tous les aspects de la performance » : « Il mûrit en tant qu’athlète et gagne en professionnalisme chaque jour. Nous nous sommes principalement concentrés sur les aspects techniques, comme le décollage et l’accélération de la course d’élan. Parallèlement, nous avons amélioré ses capacités physiques, qui viennent soutenir sa technique et lui permettent d’atteindre un niveau de performance supérieur », détaille le technicien de 35 ans.
« Il prend des perches plus longues et plus dures, et il a le cran de les utiliser, même si parfois ce n’est pas l’assurance tous risques. »
Philippe d’Encausse, entraineur du perchiste français Thibaut Colletà franceinfo: sport
L’entraîneur français n’a pas noté d’évolution frappante quant à la technique du Grec. « La différence se fait au niveau physique. » En revanche, le coach tricolore souligne qu’avec une perche longue de 5,25 m et une position des mains tout en haut de l’engin, Emmanouil Karalis utilise un « levier jamais vu dans l’histoire de ce sport » : « Renaud avait un levier de 5,20 m, Bubka de 5,15 m ».
Encore bien loin d’atteindre les vitesses d’Armand Duplantis sur la course d’élan, le Grec se distingue par sa puissance (1,86 m, 80 kgs). « Il est capable de transmettre toute son énergie à la perche », explique le technicien tricolore, qui voit encore Emmanouil Karalis capable de progresser. Son coach polonais l’imagine d’ailleurs capable de franchir « autour de 6,30 m ou plus ».
« Je pense qu’avec le bon état d’esprit, une bonne santé, et un mouvement continu de ses capacités physiques, il n’y a pas vraiment de limites pour lui. » Samedi soir, face au recordman du monde, mais aussi au Norvégien Sondre Guttormsen (record à 6,06 m), ou encore l’Américain Zachery Bradford (6,01 m), il sera assurément dans des conditions propices pour faire grimper une nouvelle fois la barre.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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