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21 mars 2026pourquoi l’Iran stocke tout son pétrole sur un timbre poste de 25 km² dans le Golfe persique (c’est à cause des Américains)
Analyse : Voici l'avis général de notre rédaction sur les faits présentés.
Voici notre analyse rapide sur « pourquoi l’Iran stocke tout son pétrole sur un timbre poste de 25 km² dans le Golfe persique (c’est à cause des Américains) ».
Points essentiels
Donald Trump fait de l’île de Kharg, par où transite jusqu’à 96% du pétrole iranien via le plus grand terminal à ciel ouvert au monde, la clé de sa stratégie, un levier décisif pour rouvrir le détroit d’Ormuz mais aussi une cible dont toute attaque risquerait de déclencher un choc pétrolier mondial.
Le président Donald Trump place désormais au cœur de sa stratégie de sortie de guerre un facteur géographique aussi discret que décisif: l’île de Kharg. Derrière les déclarations sur une « réduction progressive » du conflit, c’est en réalité le contrôle de cette infrastructure énergétique critique qui conditionne toute issue durable à la crise du détroit d’Ormuz. Même si pour l’instant, le président américain se montre assez prudent.
« J’ai peut-être un plan, peut-être pas », a déclaré le président américain lors d’un note presse à la Maison Blanche reconnaissant que Kharg est « un endroit dont on parle beaucoup. Mais je ne peux rien vous dire. »
Ce timbre poste de 25 km² (un quart de Paris intra-muros) dont « on parle beaucoup » est situé à environ 25 kilomètres au large des côtes iraniennes, dans le nord du Golfe persique. Et Kharg est bien plus qu’un simple terminal pétrolier. C’est le principal hub d’exportation du pays: entre 90% et 96% du pétrole brut iranien y transite. L’île est reliée par un réseau d’oléoducs aux principaux champs pétroliers terrestres du sud-ouest iranien, notamment ceux du Khouzistan.
Sur le plan industriel, Kharg est une plateforme logistique optimale. Elle abrite ainsi le plus grand terminal pétrolier à ciel ouvert au monde. Il s’agit d’un complexe gigantesque de stockage et de chargement de pétrole brut, entièrement exposé en surface (réservoirs, pipelines, jetées), sans infrastructures souterraines majeures. Ses installations peuvent charger jusqu’à environ 7 millions de barils par jour en théorie. Concrètement, cela signifie que presque toute la rente pétrolière iranienne qui finance en partie l’État, l’armée et les réseaux régionaux dépend de ce point unique.
Grâce à ses eaux profondes naturelles qui sont rares dans cette zone du Golfe, l’île permet l’accostage direct de superpétroliers capables de transporter plusieurs millions de barils chacun. Contrairement à beaucoup de terminaux côtiers, Kharg autorise le chargement direct des supertankers sans transbordement (le pétrole passe directement des réservoirs vers le navire en une seule opération) ce qui réduit les coûts et accélère les exportations.
Mais pourquoi stocker tout son pétrole en un même endroit? Cette centralisation extrême n’est pas un hasard, mais le produit d’une histoire géopolitique ancienne. Dans les années 1950-1970, sous le règne du Shah, l’Iran est un allié clé des États-Unis au Moyen-Orient. Washington soutient alors activement le progression du secteur pétrolier iranien pour sécuriser l’approvisionnement occidental en énergie dans le contexte de la Guerre froide.
Des compagnies américaines, notamment Amoco, participent à la modernisation des infrastructures, dont celles de Kharg. L’objectif est double: maximiser les exportations iraniennes et stabiliser le marché mondial du pétrole face à l’influence soviétique.
Vulnérabilité pour Téhéran
Kharg devient ainsi, dès les années 1960, un pivot énergétique mondial. Ce choix d’un paramètre unique d’exportation s’explique par des contraintes techniques (profondeur des eaux, proximité des champs pétroliers) mais aussi par une logique d’efficacité industrielle à grande échelle. Ironie de l’histoire: cette infrastructure, en partie développée avec l’appui américain, est aujourd’hui au cœur des plans militaires de Washington.
Car sur le plan stratégique, Kharg est à la fois une force et une vulnérabilité pour Téhéran. Sa destruction ou sa neutralisation pourrait instantanément priver l’Iran de l’essentiel de ses revenus pétroliers. Mais cette même centralité en fait une cible à très haut risque. Une attaque pourrait retirer plusieurs millions de barils par jour du marché mondial, provoquant un choc pétrolier immédiat.
Le contre-amiral (à la retraite) Mark Montgomery a déclaré à Axios qu’une telle mission pourrait exposer les troupes américaines à un degré de risque inutile avec des avantages incertains.
« Si nous prenons le contrôle de l’île de Kharg, ils vont couper l’approvisionnement en pétrole. Ce n’est pas comme si nous contrôlions leur production pétrolière », a-t-il déclaré.
Elle exposerait aussi les infrastructures énergétiques régionales à des représailles iraniennes, comme l’ont montré les frappes récentes contre des installations gazières au Qatar.
Pourtant l’administration Trump envisagerait des options offensives.
« Il nous faut environ un mois pour affaiblir davantage les Iraniens (…) prendre l’île, puis les tenir à notre merci », explique à Axios une source de la Maison Blanche.
Donald Trump lui-même a affirmé qu' »on peut détruire l’île quand on veut (…) On a tout détruit, sauf les oléoducs. » Une approche qui vise à conserver un levier économique sans détruire définitivement l’outil.
Mais cette stratégie révèle une contradiction majeure. Pour rouvrir durablement le détroit d’Ormuz, les États-Unis doivent neutraliser la capacité de nuisance iranienne, ce qui passe par Kharg. Pourtant, toute action sur cette île pourrait déclencher une escalade incontrôlable et un choc énergétique global.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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