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21 mars 2026« Renoir Dessinateur », une facette méconnue du peintre impressionniste mise en lumière au musée d’Orsay
Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « « Renoir Dessinateur », une facette méconnue du peintre impressionniste mise en lumière au musée d’Orsay ».
Points saillants
En tant que peintre impressionniste, Auguste Renoir peignait sur le motif, directement sur la toile, sans études ni dessins préparatoires. C’était le challenge. De ce fait, les dessins et les œuvres sur papier de l’un des grands peintres du XIXe siècle restent méconnus. Pourtant, il a exploité tous les médiums sur ce support, du crayon noir au pastel, de l’encre à la sanguine, et « il n’a jamais laissé passer un seul jour sans griffonner quelque chose« , assurait son fils, le cinéaste Jean Renoir. Le musée d’Orsay comble donc une lacune avec l’exposition Renoir dessinateur, la première consacrée aux œuvres sur papier de Renoir depuis un siècle, complémentaire de Renoir et l’amour, débutées toutes deux le 17 mars jusqu’au 5 juillet.
Si Renoir et l’amour s’intéresse à la vision de la société et de la peinture de l’artiste, à son inspiration et à ses sujets, Renoir dessinateur nous immerge pour sa part dans l’intimité de la création du maître. La première, éblouissante, est une ode à la joie et à la vie, que même ses détracteurs ne devraient pas négliger, tandis que la seconde, plus technique mais néanmoins lumineuse, avec ses pastels, ses aquarelles et ses surprenantes sanguines, ravira surtout les amateurs d’art souhaitant comprendre son processus de recherche.
Né en 1841 dans une famille ouvrière modeste, Renoir commence par l’apprentissage du dessin dès l’âge de treize ans, dans un atelier de porcelaine puis une école municipale du IIIe arrondissement de Paris (rue des petits carreaux), avant d’intégrer l’École (impériale) des Beaux-arts, dont l’enseignement est fondé sur le dessin. De tous ses camarades impressionnistes, il est le seul à avoir suivi cet enseignement académique avec assiduité.
Il se lance en peinture autour de 1860 et dessine très peu jusqu’à la fin des années 1870. Les dessins à la plume et à l’encre ou au crayon noir qu’il produit alors sont surtout destinés à l’illustration pour différents journaux, en particulier la revue La Vie Moderne, où exerce son frère Edmond en tant que journaliste, mais aussi pour des romans tels que L’Assommoir d’Emile Zola ou Les Salons bourgeois d’Alphonse Daudet.
Crayon Conté sur plume, pinceau et encre noire sur papier,
45,2 × 35,4 cm, Art Institute of Chicago (1977.491) (IMAGE COURTESY OF THE ART INSTITUTE OF CHICAGO)
Au sein des impressionnistes, Renoir s’impose assez tôt comme un maître du pastel, au même titre que Manet et Degas. Contrairement à ses autres œuvres sur papier, qu’il n’expose que rarement, ses pastels sont souvent montrés, et appréciés, de son vivant.
Cette technique lui permet d’approcher la couleur, les effets de contrastes de tons, non pas au pinceau mais avec cette peinture sèche en bâtonnets, qui a nombre d’avantages : facile à transporter, le pastel permet de travailler rapidement et est plus économique que la peinture à l’huile. Peinture et pastel se nourrissent d’ailleurs mutuellement chez Renoir, qui amène par exemple certaines caractéristiques du pastel, son côté cireux et très lumineux, dans la peinture.
À l’exposition, on admire notamment le pastel Jeune femme penchée sur un balcon, dit aussi La Loge (1879), « qui montre à la fois la maîtrise technique et l’extrême liberté » de Renoir, selon Paul Perrin, conservateur en chef et directeur de la conservation et des collections du musée d’Orsay.
Ne pas manquer aussi le portrait, très rare, que fit Rodin de son ami le peintre Paul Cézanne (1880), comme perdu dans ses pensées, issu d’une collection particulière. Cézanne dû l’apprécier puisqu’il en réalisa rapidement une copie à l’huile.
Cependant, vers 1883, à la quarantaine, alors qu’il vient de triompher avec l’ambitieux chef-d’œuvre Le Déjeûner des Canotiers (qui vaut l’exposition Renoir et l’amour à lui seul, même si vous n’aimez pas Renoir), l’artiste connaît une crise profonde. Il doute terriblement et se remet en question. « J’étais allé jusqu’au bout de l’impressionnisme, et j’arrivais à cette constatation que je ne savais ni peindre, ni dessiner« , se remémorait-il à la fin de sa vie.
Cette crise va l’amener à s’éloigner des sujets et scènes modernes et à s’interroger sur la valeur décorative de la peinture. Inspiré d’Ingres, il choisit de se concentrer sur le nu féminin, et surtout de revenir au dessin. Dès lors, il se met pour la première fois de sa carrière à préparer longuement ses compositions par de nombreuses études dessinées. Au cœur de sa réflexion, et de la troisième section de l’exposition, on trouve ses recherches pour Baigneuses, essai de peinture décorative (1883-1887).
Cette scène de baignade féminine, inspirée du Bain des nymphes du sculpteur Girardon, à Versailles, a motivé une vingtaine de dessins préparatoires et d’études de figures isolées. Dans ces esquisses de grande dimension, parfois de la taille du tableau final, Renoir travaille sur la torsion du dos, la ligne de la jambe ou celle du pied. On en voit de très beaux exemplaires à l’exposition, en particulier la version à la sanguine, assez éloignée de ce qu’il a fait auparavant.
« C’est une œuvre extrêmement moderne », souligne Paul Perrin au sujet de cette version préparatoire. « C’est une méditation sur la forme, la forme dans l’espace et la forme en mouvement. Ce sujet classique de la peinture, Renoir en fait l’occasion d’une recherche presque d’avant-garde. (…) On a déjà là ce que va être la recherche des artistes du XXe siècle sur la forme, notamment Picasso et Matisse.«
Washington, National Gallery of Art, (1995.47.65). (NATIONAL GALLERY OF ART, WASHINGTON)
D’ailleurs, le dessin n’est pas toujours chez Renoir un outil préparatoire. « Il lui arrive aussi de reprendre une peinture en dessin« , remarque Paul Perrin. On voit par exemple à l’exposition plusieurs études pour le couple de Danse à la campagne, avec différentes options de tenues et d’expressions des figures. Mais une fois le tableau terminé, Renoir le reprend quelques mois plus tard à la plume et à l’encre pour une illustration publiée dans la revue La Vie Moderne.
Une vitrine, surmontée d’une frise explicative, dans laquelle voisinent une boîte de pastels, des crayons, des bâtonnets de sanguine et de craie blanche, ainsi qu’une boîte d’aquarelle, témoignent de l’utilisation par Rodin de toutes les techniques disponibles à l’époque. L’aquarelle, qu’il se met à pratiquer lors de ses voyages, lui permet notamment un travail sur la transparence des couleurs appliquées sur un fond blanc, qui lui sert aussi pour ses peintures à l’huile.
Vers la fin de son existence, Renoir souffre d’une polyarthrite rhumatoïde qui déforme ses doigts, et il a plus de mal à dessiner. Ce qui explique probablement l’évolution de son art les dernières années. La sanguine prend désormais toute la place. « Quasiment aucun autre artiste avant Renoir n’a utilisé la sanguine de façon aussi intense« , note Paul Perrin qui y lit « une intensité de vie par le rouge. »
Vingt ans après les Baigneuses, on retrouve la recherche du peintre sur la forme, de plus en plus proche de la sculpture, avec Etude pour la coiffure (1900-1901), un dessin préparatoire à la sanguine et craie blanche, une technique qui associe la chaleur du trait à la lumière du blanc. Ces œuvres réalisées sur de grandes feuilles et reportées vers la toile grâce à un calque, font partie de ses dessins les plus originaux.
145,5 × 103 cm. Paris, Musée national Picasso, donation Picasso, 1978. Donation Picasso, 1978. Collection personnelle Pablo Picasso, inv. MP 2017-54 (GRANDPALAISRMN (MUSÉE NATIONAL PICASSO-PARIS)/ MATHIEU RABEAU)
Les nombreux nus féminins aux formes pleines qu’il réalise alors qu’il a dépassé la soixantaine peuvent être considérés comme des œuvres conservatrices avec une vision traditionnelle de la femme. Elles démontrent néanmoins « une recherche plastique qui est, elle, très moderne« , insiste Paul Perrin. De fait, ces œuvres vont beaucoup plaire à une nouvelle génération d’artistes d’avant-garde, comme Bonnard, Matisse et Picasso. Ce dernier achète Etude pour la Coiffure en 1910 et s’en inspire probablement pour ses monumentales Baigneuses des années 1920.
« À la fin de sa vie, Renoir invente un dessin qui est le sien« , résume Paul Perrin. « C’est un dessin à la Renoir, qui témoigne des recherches singulières de l’artiste : la forme dans l’espace, avec ce jeu de diffusion, d’aura, autour de la forme. Comme si le nu irradiait ».
Exposition « Renoir dessinateur » au Musée d’Orsay, du 17 mars au 5 juillet 2026. Esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris
Tous les jours sauf le lundi, de 9h30 à 18h00 et nocturne les jeudis jusqu’à 21h45
Tarifs : de 12 (nocturne) à 16 euros, gratuit pour les moins de 18 ans
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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