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Qui sont les candidats du 2d tour des élections municipales dans votre commune ? Consultez les listes pour chaque ville avec notre moteur de recherche
22 mars 2026Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Aux élections municipales, ces grands enjeux politiques qui planent sur le second tour ».
Faits marquants
JULIE GAZZOTI / Hans Lucas via AFP
Un panneau électoral photographié à Marseille pour le second tour de l’élection municipale (illustration)
1 568. C’est le nombre de seconds tours organisés ce dimanche 22 mars pour les élections municipales, 96 % des communes ayant choisi leur maire dès le premier tour. Une première manche marquée par une forte abstention, révélant que l’échelon local n’est pas épargné par le désintérêt croissant des citoyens envers la chose politique. Étrange paradoxe lorsqu’on se souvient que le maire demeure l’élu préféré des Français et que les logiques structurant le scrutin sont souvent éloignées des rapports de force nationaux. Ceux-ci ont tout de même tendance à s’inviter dans la compétition, et plus particulièrement dans les grandes villes.
Qui plus est dans un contexte où plusieurs responsables politiques perçoivent ces élections municipales comme un test, ou du moins un tour de chauffe, pour l’élection présidentielle qui se tiendra, fait rare, un an seulement après ce scrutin. Une telle configuration ne s’est produite que deux fois sous la Ve République, en 1965 et en 2001. Raison pour laquelle certains partis entendent faire de ce second tour un élément de dynamique en vue de 2027.
Dans cette optique, plusieurs villes au fort caractère symbolique seront particulièrement scrutées, et notamment les trois plus grandes : Paris, Lyon et Marseille. Au cœur du sujet : les enseignements électoraux que l’on pourra tirer après les résultats, et qui conforteront, ou non, les stratégies déployées par les familles politiques qui s’y sont impliquées. Alors que les bureaux de vote ouvrent, le critère sur ces grands enjeux qui se présentent ce dimanche.
Pour le RN et LFI, dépasser l’effet d’optique
À LFI et au RN, deux partis pour lesquels l’implantation locale reste un angle mort à corriger, ce scrutin doit servir une dynamique nationale. Au regard des résultats du premier tour, l’issue de la seconde manche est cruciale pour nourrir le récit d’une progression nette, censée préfigurer une accession au pouvoir en 2027. Pour le parti lepéniste, qui a observé une progression en trompe-l’œil dimanche dernier, l’enjeu est de confirmer, en se montrant capable de briser le plafond de verre dans les grandes villes. Et particulièrement à Marseille et Toulon, où les espoirs de victoire sont importants pour le parti d’extrême droite, après les scores élevés réalisés par Franck Allisio (35 %) et Laure Lavalette (42,1 %). Confrontés à des configurations complexes, ces deux candidats doivent toutefois démontrer que le RN est capable de séduire au-delà de sa base. Même chose à Nîmes ou à Carcassonne.
En cas d’échec dans ces grandes villes, il sera difficile pour Jordan Bardella et Marine Le Pen de présenter ce scrutin comme une réussite. Une éventuelle victoire d’Éric Ciotti à Nice, laquelle devra davantage à son implantation locale qu’au soutien du RN, ne suffira pas à cacher ces échecs. En revanche, des succès dans ces métropoles accréditeront l’idée de la mort lente du front républicain.
Dans une autre mesure, LFI est confrontée au même défi. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a concentré ses efforts « dans une fraction très limitée du corps électoral », rappelle la Fondation Jean-Jaurès. Objectif : performer dans les zones qui lui sont favorables afin d’obtenir des résultats (précieux en vue des sénatoriales) et montrer au reste de la gauche que rien ne pourra se faire sans LFI en 2027.
Le danger pour la formation mélenchoniste : le plafond de verre. À Toulouse, si François Piquemal trébuche malgré son alliance avec le socialiste local, la gauche anti-LFI aura beau jeu de pointer le caractère repoussoir de l’offre insoumise.
Paris représente un autre risque pour LFI. Pile : Sophia Chikirou n’empêche pas le socialiste Emmanuel Grégoire de l’emporter, et la gauche prônant l’union hors-LFI pour 2027 sera confortée dans son choix. Face : son score est assez haut pour offrir la capitale à Rachida Dati (candidate LR soutenue de l’Élysée au RN), et le parti mélenchoniste sera accusé d’avoir mis fin à 25 ans de gauche à Paris. Dans les deux cas, LFI pourrait faire l’objet de critiques, soit sur son incapacité à élargir sa base du premier tour (voire pire en cas de recul), soit sur sa responsabilité dans la victoire de la droite. Ce qui, médiatiquement, pourrait éclipser ses potentiels succès, comme à Roubaix ou à La Courneuve.
Pour LR et le PS, sauver les meubles
Du côté des partis les plus ancrés localement, PS et LR, il s’agit de conserver ce qui peut l’être, dans un contexte où plusieurs sortants sont en danger dans des grandes villes. Malgré tout soutenu par Les Républicains, Christian Estrosi pourrait perdre Nice. Une défaite qui donnera du grain à moudre à ceux qui, comme son adversaire Éric Ciotti, prônent la fin du cordon sanitaire entre la droite et l’extrême droite pour l’emporter. Le parti de Bruno Retailleau pourrait aussi perdre Nîmes, sa dernière ville comptant plus de 150 000 habitants. Une victoire RN dans la cité romaine nourrira le récit d’un électorat de droite progressivement aspiré par l’offre lepéniste.
Là encore, pas idéal en vue de 2027. Pour autant, le parti de droite (bien implanté dans les communes de taille moyenne) peut aussi espérer des coups dans des grandes villes. Particulièrement à Nantes, où le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe ambitionne de faire tomber Johanna Rolland, et mettre ainsi fin à plus de 40 ans de socialisme. Ou à Paris, où une victoire de Rachida Dati enverrait un signal puissant sur la capacité de la droite à engranger des victoires éclatantes. En miroir, le PS affiche des ambitions similaires. Ce qui passe, pour Olivier Faure et ses troupes, par la conservation de Paris, Marseille, Lille, Montpellier, Rouen… Le cas marseillais est particulièrement intéressant, puisqu’une victoire du sortant Benoît Payan face au RN permettra au Parti socialiste de se présenter comme un rempart à l’extrême droite. À Paris, un succès d’Emmanuel Grégoire confortera ceux qui, à gauche, jugent que le PS a besoin d’un rassemblement embarquant communistes et écologistes, mais sans les insoumis.
Pour le bloc central, faire bonne figure
On l’a dit et répété, le bloc central a des ambitions plus que modérées dans ces élections municipales. Certes, le camp présidentiel est représenté à Paris, Lyon, Marseille et dans d’autres grandes villes. Et certes, le bloc central a des chances de victoire, et certains de ses représentants les plus implantés (Christophe Béchu à Angers, Arnaud Robinet à Reims pour Horizons, François Bayrou à Pau pour le MoDem) ont la carte de leur réélection à jouer. Pour autant, force est de constater que le parti présidé par Gabriel Attal a fait le choix de réduire drastiquement son nombre de candidats, si on compare avec les élections de 2020. Ainsi, au premier tour, le parti n’a présenté un candidat tête de liste que dans 24 villes de plus de 30 000 habitants, selon le décompte réalisé par Le Monde. C’était six fois plus il y a six ans.
Pour autant, la famille centriste peut avoir un coup à jouer, notamment à Bordeaux, où Thomas Cazenave a été revigoré par le retrait surprise de Philippe Dessertine, lui offrant sur le papier un duel favorable face à l’écologiste sortant Pierre Hurmic. À Annecy, l’ex-ministre Renaissance Antoine Armand semble aussi bien parti pour conquérir l’hôtel de ville. Et le premier tour a plutôt conforté Edouard Philippe au Havre. Avec 43,8 % des suffrages obtenus dimanche dernier, l’ex-Premier ministre se présente ce dimanche en position de favori. Il valait mieux pour lui, puisqu’il avait conditionné sa candidature à la présidentielle à un nouveau succès dans la ville portuaire. De quoi, malgré une campagne laborieuse menée par le bloc central, se rassurer un petit peu avant 2027.
Pour les écologistes, l’exploit de la survie
L’équation la plus compliquée à résoudre est sans doute celle à laquelle sont confrontés les Écologistes. Menacés à Bordeaux, à Lyon comme à Strasbourg, plusieurs maires sortant issus du parti dirigé par Marine Tondelier sont clairement sur la sellette, dans un contexte où l’écologie politique semble en perte de vitesse au niveau national, après la vague verte de 2020. À Poitiers, la maire sortante Léonore Moncond’huy fait face à une quadrangulaire plus qu’incertaine. À Besançon, Anne Vignot semble aussi en danger. Jeanne Barseghian, maire écolo de Strasbourg, est arrivée six points derrière l’ancienne édile socialiste Catherine Trautmann, et doit composer avec une triangulaire complexe.
Il n’y a qu’à Lyon où le maire sortant semble résister au vote sanction. Dans une spectaculaire remontada, Grégory Doucet est donné au coude à coude avec Jean-Michel Aulas, dans un contexte où l’ex-président de l’OL, soutenu par le bloc central et Les Républicains, a observé une fin de campagne difficile. Une victoire du maire écolo permettrait au parti de Marine Tondelier d’encaisser le choc provoqué par les pertes de plusieurs villes emblématiques, et d’apprécier plus volontiers les quelques conquêtes espérées, comme à Lorient (Morbihan), Villepinte ou Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Des lots de consolation qui permettraient à la cheffe des écolos d’aborder 2027 un peu plus sereinement.
Car il sera difficile pour Marine Tondelier de peser sur les discussions à gauche en cas de gifle électorale, d’autant que plusieurs hiérarques socialistes n’attendent que ce prétexte pour sacrifier la primaire, ce processus dans lequel s’est déjà engagée la cheffe des Verts. De l’autre côté, la France insoumise poursuivrait d’autant plus facilement son processus de découpe de la volaille écolo. C’est dire à quel point ce dimanche est crucial pour Marine Tondelier.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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