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Selon nos experts, « Le bilan désastreux des émissions de CO2 en seulement deux semaines de guerre en Iran » mérite une attention particulière.
Résumé des éléments principaux
– / AFP
Une épaisse fumée noire avait recouvert le ciel suite à une frappe aérienne menée dans la nuit du 8 mars 2026 contre la raffinerie de pétrole de Shahran, au nord-ouest de Téhéran.
En à peine quatorze jours, la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a produit un choc climatique d’une grande ampleur. Derrière les destructions humaines et matérielles, une autre réalité moins visible se dessine : celle d’un emballement des émissions de gaz à effet de serre. Une première analyse indépendante, relayée par The Guardian, estime que ce conflit a généré 5 millions de tonnes de gaz à effet de serre en seulement deux semaines, soit davantage que les émissions cumulées de 84 pays parmi les moins pollueurs.
Bombardements massifs, incendies d’infrastructures pétrolières, destruction de bâtiments : chaque étape du conflit contribue à alourdir une facture climatique déjà critique. « Chaque frappe de missile est un acompte supplémentaire sur une planète plus chaude et plus instable, et rien de tout cela ne rend qui que ce soit plus en sécurité », alerte Patrick Bigger, directeur de recherche au Climate and Community Institute et co-auteur de l’analyse, auprès du journal anglais.
À elle seule, la destruction d’environ 20 000 bâtiments civils représenterait près de 2,4 millions de tonnes de CO₂. À cela s’ajoute la consommation colossale de carburant par les avions, navires et véhicules militaires, estimée entre 150 et 270 millions de litres en deux semaines, soit plus de 500 000 tonnes d’émissions. Une mécanique de guerre qui, au-delà de ses effets immédiats, alimente directement la crise climatique.
« Brûler en deux semaines l’équivalent des émissions annuelles de l’Islande »
Mais ce sont surtout les attaques contre les infrastructures fossiles qui marquent un tournant. Les images de Téhéran recouverte de fumées noires après l’incendie de dépôts de carburant illustrent la catastrophe environnementale en cours. Selon les estimations, entre 2,5 et 5,9 millions de barils de pétrole ont brûlé lors de cette attaque et de frappes similaires, générant environ 1,88 million de tonnes d’équivalent CO2. « Chaque incendie de raffinerie et chaque collision de pétrolier nous rappelle que la géopolitique fondée sur les énergies fossiles est incompatible avec une planète habitable », poursuit Patrick Bigger.
À cela s’ajoute l’impact de l’arsenal militaire lui-même. Missiles, drones, bombes : leur utilisation massive a généré des dizaines de milliers de tonnes d’émissions supplémentaires. Même la destruction de ces navires ou avions laisse une empreinte carbone significative. Au total, ces deux semaines de conflit équivalent, sur une année, aux émissions d’un pays entier fortement dépendant des énergies fossiles, comme le Koweït.
Fred Otu-Larbi, auteur principal de l’étude, met en garde : « Nous nous attendons à ce que les émissions augmentent rapidement à mesure que le conflit progresse, principalement en raison de la vitesse à laquelle les installations pétrolières sont ciblées. » Avant d’ajouter : « Brûler en deux semaines l’équivalent des émissions annuelles de l’Islande est quelque chose que nous ne pouvons absolument pas nous permettre. »
Cette guerre représente un risque « de dépendance au carbone »
Au-delà des chiffres, cette guerre met en lumière une réalité plus profonde : l’imbrication entre géopolitique et dépendance aux énergies fossiles. « Cette guerre démontre, une fois de plus, que le moyen le plus rapide d’aggraver la crise climatique est de laisser les intérêts des énergies fossiles dicter la politique étrangère », insiste Patrick Bigger.
Selon le spécialiste, la perturbation en approvisionnement pourrait entraîner une augmentation des forages. « Historiquement, chaque choc énergétique provoqué par les États-Unis a été suivi d’une forte augmentation des forages, de la construction de nouveaux terminaux GNL et de nouvelles infrastructures d’énergies fossiles. Cette guerre risque d’ancrer durablement une nouvelle génération de dépendance au carbone », détaille-t-il.
Et d’ajouter : « Ce n’est pas une guerre pour la sécurité. C’est une guerre pour l’économie politique des combustibles fossiles. »
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

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