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22 mars 2026« Le polyamour m’apporte la possibilité absolue de disposer de mon corps et de mon temps »
Analyse : Notre équipe partage son regard général sur cette actualité.
Nos rédacteurs considèrent que « « Le polyamour m’apporte la possibilité absolue de disposer de mon corps et de mon temps » » est un article à suivre.
Ce qu'il faut connaître
Cavan Images / Pippa Samaya / Getty Images/Cavan Images RF
Morgane entretient deux relations polyamoureuses avec des dynamiques différentes (photo d’illustration).
Mon parcours amoureux, au-delà de l’exclusivité qui a longtemps été la donne de base, est aussi beaucoup marqué par la conjugalité. J’ai vécu avec mes partenaires dès l’âge de 23 ans, et cela a été le cas jusqu’à l’année dernière. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui ne me fait plus du tout envie. Le dernier partenaire avec lequel j’ai vécu, c’est une histoire singulière : Zach* était une connaissance de travail depuis des années. C’était avant qu’il commence sa transition, nous étions alors toutes les deux lesbiennes, ça a créé une connivence entre nous.
Lorsque nous nous sommes mis en couple, nous avons très vite posé des bases, en nous disant que l’exclusivité, nous n’y croyions pas. Nous étions très amoureux mais nous savions que nous allions sans doute être traversés par du désir pour d’autres personnes.
Mais rapidement, nous nous sommes recentrés sur notre relation à deux. Avant d’entamer notre histoire, je venais de quitter une relation extrêmement violente, marquée par de la domination à plein d’endroits, qui a duré presque dix ans. J’avais alors besoin d’énormément de réassurance.
« La question du polyamour a ressurgi »
Quant à Zach, il a entamé sa transition au bout de neuf mois ou un an de relation, et je me suis investie pour l’accompagner dans les différentes étapes sociales et médicales. Nous étions donc dans un cocon confortable et doux. D’ailleurs, nous avons très rapidement vécu ensemble, ce qui était aussi lié à des contingences pratiques. J’avais ma fille à temps plein, je ne pouvais pas découcher et, lorsque je voulais sortir, les frais de garde représentaient un coût financier que je ne pouvais pas me permettre en permanence.
Il était donc presque tout le temps chez moi et ça n’avait pas vraiment de sens de garder son appart. Je pense qu’à ce moment-là, nous n’avons sans doute pas assez discuté de ce qu’impliquerait cette vie de famille.
Au bout de quasiment deux ans de relation, la question du polyamour a ressurgi de mon côté, et je lui ai demandé que nous en reparlions. Zach l’a hyper mal vécu. Alors qu’il était en pleine transition, c’était un timing qui n’était pas bon pour lui… mais c’était celui de ma vie. Sur le fond, il n’était toutefois pas fermé à l’idée.
« Nous avons décidé de décohabiter »
Quelques mois plus tard, nous avons pris la décision de décohabiter. Le rythme de vie familiale ne lui convenait pas et créait des tensions. Cela a été une période compliquée et cela ne s’est pas fait dans la douceur. Quand j’ai commencé à relationner avec Nathan*, qui était l’une de nos connaissances communes, je crois que Zach s’est senti trahi. Je sais que certaines personnes ont des règles à ce sujet. Une sorte de « messy list », de gens avec lesquels il ne faut pas aller.
À l’époque, je ne comprenais pas, je lui demandais : « Qu’est-ce que tu me souhaites ? Je ne suis pas sur les applications de rencontre, je sors peu, donc je rencontre forcément des partenaires dans ma vie de tous les jours… » Nathan est quelqu’un de super, un mec trans également, dans une relation polyamoureuse avec son partenaire depuis six ans, avec qui je m’entends très bien. C’est une histoire tout à fait différente. Nous avons tous les deux des enfants, et cela facilite les choses car nous arrivons à nous organiser très en amont en fonction de nos plannings de garde.
Dans le polyamour, les questions d’agenda ne sont pas faciles, c’est très exigeant à ce niveau-là. Pour se voir, il faut se dégager du temps. Si aujourd’hui je rencontre une nouvelle personne, je devrais bien admettre que je suis un peu saturée.
« Nous cherchons notre mode de fonctionnement »
Avec Zach, c’est plus compliqué sur la question de l’agenda. J’ai le sentiment parfois que notre relation passe au second plan, et cela me blesse un peu. Sans doute aussi parce que pendant des années, on s’est beaucoup dédiés l’un à l’autre. De manière plus générale, nous sommes encore en train de chercher notre mode de fonctionnement. J’ai l’impression qu’il est dans une période de sa vie qu’il considère comme un terrain d’expérimentation avant de retrouver la « bonne personne » avec laquelle retourner dans une relation exclusive.
Pour moi, c’est vraiment une fin en soi, je ne suis pas dans une recherche d’exclusivité. Et ce qui est intéressant, dans les relations polyamoureuses, c’est que cela me force à me mettre au centre, à me demander ce que je veux, indépendamment de ce que Zach ou Nathan voudraient – ou en tout cas de ce que je pourrais présumer de leurs attentes.
« Cela fait monter mes exigences »
En fait, le polyamour m’apporte cette absolue possibilité de disposer de mon corps et de mon temps, ce que je n’arrivais pas à faire dans une relation exclusive, même avec le ou la meilleure partenaire au monde. Je me suis par exemple mise à faire de la pole dance sans avoir à me justifier et surtout j’ai réinvesti mes relations amicales, qui comptent aujourd’hui tout autant que mes relations amoureuses.
Cela fait aussi monter mon niveau d’exigence. J’ai relationné avec une femme il y a quelque temps, et j’ai vite compris que la personne qu’elle voyait par ailleurs n’apprécierait pas de la savoir avec moi. Je me suis dit : « Je n’ai rien à faire là-dedans. Je veux exister, et certainement pas être la maîtresse dans le placard ! »
*Les prénoms ont été modifiés
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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