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22 mars 2026Pourquoi la base de Diego Garcia, visée par l’Iran, est essentielle dans la stratégie militaire des Etats-Unis
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Un regard de nos journalistes sur l'article « Pourquoi la base de Diego Garcia, visée par l’Iran, est essentielle dans la stratégie militaire des Etats-Unis ».
Les éléments principaux
Selon le « Wall Street Journal » et la BBC, deux missiles iraniens ont tenté, vendredi, de cibler cette base militaire américano-britannique, située au cœur de l’océan Indien.
Publié
Temps de lecture : 7min
Une nouvelle cible de l’Iran dans la guerre qui l’oppose à Israël et aux Etats-Unis depuis plus de trois semaines ? Le régime iranien a cherché à atteindre la base américano-britannique de Diego Garcia, en plein milieu de l’océan Indien, a rapporté vendredi 20 mars le Wall Street Journal, citant des responsables américains. L’information, selon laquelle deux missiles iraniens ont été lancés en direction de la base sans l’atteindre, a été confirmée par la BBC samedi, et par l’AFP, citant une source officielle britannique. Sollicité par l’agence de presse française, le Pentagone s’est toutefois refusé à tout commentaire.
Depuis vendredi soir, le gouvernement britannique autorise l’armée américaine à utiliser plusieurs de ses bases pour frapper des sites iraniens, s’ils servent à attaquer des navires dans le détroit d’Ormuz.
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La base de Diego Garcia, sur une île de l’archipel des Chagos, est l’une des bases britanniques que Washington peut utiliser pour mener ces « opérations défensives spécifiques contre l’Iran ». Franceinfo vous explique son importance stratégique pour les Etats-Unis, d’autant plus dans ce conflit.
Une position géographique clé
L’archipel des Chagos, qui abrite l’île de Diego Garcia et sa base, occupe une position centrale dans l’océan Indien, ce qui offre un accès facilité à l’Asie du Sud et du Sud-Est, à l’est du continent africain, à la péninsule arabique et au Golfe, souligne le Centre national d’études spatiales (Cnes). L’archipel est également « très isolé, donc facilement contrôlable pour ses accès et défendable ». Les côtes africaines se situent par exemple à 2 700 km, Oman à 3 300 km, l’Australie à 5 200 km et l’Iran à 4 000 km. Par conséquent, l’île de Diego Garcia « représente des capacités exceptionnelles de projection aéronavale vers l’Afrique de l’Est, le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est », note le Cnes.
L’intérêt géostratégique des Américains pour ce territoire remonte à l’époque de la guerre froide. En 1965, les autorités britanniques achètent l’archipel des Chagos pour trois millions de livres aux institutions semi-autonomes de l’île Maurice. L’archipel reste sous contrôle britannique, même après l’indépendance de l’île. En 1966, le Royaume-Uni signe ensuite un bail de 50 ans avec les Etats-Unis (prolongé depuis), les autorisant à utiliser Diego Garcia à des fins militaires. Les années qui suivent, quelque 2 000 habitants des Chagos sont expulsés.
Pour les Etats-Unis, cette présence à Diego Garcia revêt une importance capitale, notamment face à une marine soviétique qui étend son influence dans l’océan Indien. Après la révolution iranienne de 1979, les Etats-Unis agrandissent la base pour accueillir davantage de navires de guerre et de bombardiers lourds. La présence américaine à Diego Garcia doit permettre aux forces américaines « de projeter leur puissance à travers l’océan, de dissuader leurs adversaires et de rassurer leurs alliés », analyse le cercle de réflexion Chatham House, basé à Londres. Un argument encore actuel pour les voix qui s’inquiètent d’une présence chinoise plus importante dans l’océan Indien.
Une base particulièrement utile pour les opérations de l’armée américaine
D’après le New York Times, la base militaire de Diego Garcia compte aujourd’hui quelque 4 000 membres américains et britanniques, à la fois militaires et civils. En période de paix, l’île sert à des activités de « renseignement et de soutien logistique, avec le pré-positionnement de matériels et d’équipements » tels que des munitions ou des denrées alimentaires, décrit le Cnes.
Elle peut « accueillir des dizaines de navires et des centaines d’avions », d’après cette même source. La base a l’avantage de pouvoir accueillir des bombardiers, des avions de ravitaillement ou de reconnaissance, détaille également Chatham House. Elle peut aussi ravitailler des porte-avions et destroyers, et dispose d’importantes capacités pour stocker du carburant. Les Etats-Unis ont investi « au moins trois milliards de dollars » sur « une vingtaine d’années » pour faire de Diego Garcia un « complexe aéronaval de première importance », évalue le Cnes.
L’armée américaine a eu recours à cette base de l’océan Indien dans les années 1990 et 2000, lors des guerres du Golfe ou du conflit en Afghanistan. En 2008, comme le rapportait Le Monde, Washington a également reconnu avoir utilisé l’île de Diego Garcia pour des transferts de personnes suspectées de terrorisme. Six bombardiers y ont été déployés en renfort en 2020, précise le Cnes, et la base a récemment permis de lancer plusieurs attaques visant des rebelles houthis au Yémen, alliés de l’Iran contre Israël dans la guerre à Gaza, relève le cercle de réflexion Chatham House.
Une île au cœur de tensions récentes avec Londres
Ces derniers mois, la base de Diego Garcia s’est retrouvée au centre de critiques de l’administration Trump à l’encontre de son allié britannique. « Ce n’est pas à Winston Churchill que nous avons affaire », a lancé début mars le président américain, estimant être « mécontent de Londres » et du Premier ministre britannique, Keir Starmer. Dans un premier temps, Londres avait notamment refusé que les Etats-Unis utilisent cette base pour frapper l’Iran. Donald Trump a exprimé « son désaccord avec notre décision de ne pas participer aux frappes initiales », a observé le chef du gouvernement britannique.
A la Maison Blanche, Donald Trump commente aussi régulièrement la question de la souveraineté de l’archipel des Chagos. D’après un accord signé en mai 2025, le Royaume-Uni doit restituer cet archipel à l’île Maurice tout en conservant un bail de 99 ans sur Diego Garcia, afin de maintenir la base militaire. Non sans contradictions, le président américain a récemment déclaré qu’il comprenait cette décision puis l’a critiquée, à plusieurs reprises.
« Ne cédez pas Diego Garcia ! », a ainsi écrit le 18 février le chef d’Etat, sur son réseau Truth Social. « Si l’Iran décidait de ne pas conclure d’accord, les Etats-Unis pourraient être amenés à utiliser Diego Garcia et l’aérodrome situé à Fairford, en Angleterre, afin d’éradiquer toute attaque potentielle menée par un régime hautement instable et dangereux », a-t-il ajouté. C’était dix jours avant le début de la guerre au Moyen-Orient.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre rédaction suivra les développements à venir et partagera des analyses.

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