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22 mars 2026REPORTAGE. « Quelqu’un de très à l’écoute, qui ne va pas vous juger » : des psychologues du travail au chevet de la santé mentale des chômeurs
Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Un résumé concis de « REPORTAGE. « Quelqu’un de très à l’écoute, qui ne va pas vous juger » : des psychologues du travail au chevet de la santé mentale des chômeurs » selon notre équipe.
Ce qu’il faut observer
Pour faciliter le retour à l’emploi, France Travail s’appuie sur plus de 900 psychologues du travail. Un par agence, pour accompagner les demandeurs d’emploi en grande souffrance. Exemple dans une agence de Sens, dans l’Yonne.
Publié
Temps de lecture : 4min
Dans son bureau de l’agence France Travail de Sens, dans l’Yonne, Mabrok Hassouni, psychologue du travail, reçoit une cinquantaine de chômeurs : des jeunes diplômés sous pression, des chômeurs longue durée, démotivés après de nombreux refu ou des seniors perdus après un licenciement économique. « Les personnes qui viennent me voir ne font au début aucune candidature parce qu’elles ont peur. Rien que lire une offre d’emploi va leur donner des frissons », explique le psychologue.
Mabrok Hassouni collabore avec France Travail depuis huit ans et a réalisé 149 orientations l’an dernier. Actuellement, il suit 51 personnes. « En tant que psychologue du travail, on va pouvoir questionner la personne sur son parcours de vie, son expérience personnelle pour bien identifier ses difficultés, si c’est de l’angoisse, du stress ou un manque de confiance en soi, et on va pouvoir mettre en place des stratégies pour pouvoir faire face à ces obstacles », explique-t-il.
Une fois leurs craintes identifiées, il leur donne des clés en utilisant par exemple « tout ce qui est psychologie positive. Se concentrer sur les forces plutôt que les échecs. On va travailler sur les techniques de respiration, de relaxation, détaille-t-il. Quand je les laisse partir, elles sont dans une démarche de recherche active d’emploi, en faisant plus de candidatures. Elles ont plus confiance pour parler d’elles. »
Élodie, 48 ans, inscrite chez France travail depuis avril 2025 après un licenciement abusif, se souvient de la première fois qu’elle s’est installée face u psychologue, juste après son licenciement. « Je n’étais pas bien du tout. J’ai fait cinq mois sur le canapé avec des chips. Je voulais rester chez moi, ne voir personne, ne rien faire… et Mr Hassouni m’a dit que ce n’était pas une vie. C’est quelqu’un de très à l’écoute, qui ne va pas vous juger ».
« Le côté humain, je trouve ça très important, le cas qu’il y ait une personne chez France Travail qui prenne en considération vos émotions, plutôt qu’uniquement votre côté professionnel. »
Élodie, une demandeuse d’emploià franceinfo
Au fil des rendez-vous, l’ancienne commerçante se confie, notamment sur le burn-out subi dans son ancien poste. « Il m’a expliqué que ça ne venait pas de moi, confie Élodie. Je pense que le donnée de me l’entendre dire, que ce n’était pas de ma faute, j’ai l’impression que je range ça dans une petite case et que ça me fait passer à autre chose ». Alors qu’il y a cinq mois elle n’arrivait pas à se projeter, maintenant, Élodie se fixe des objectifs. « Je me suis vraiment posé les questions de ce que je ne voulais plus et de ce qui me ferait vibrer ». Conclusion : « Je vais être ma propre patronne ! », lance une Élodie transformée. Un peu plus sûre d’elle, face au psychologue du travail, elle retrouve aussi le sourire. « Il m’a donné confiance, je suis moins renfermée sur moi-même et je me remets un peu plus à rayonner ».
Mabrok Hassouni travaille aussi sur la transition professionnelle grâce à un outil en ligne, destiné à cerner les envies et la personnalité du demandeur d’emploi : « On va lui demander si le travail d’équipe l’intéresse, s’il est minutieux, rigoureux, s’il a peur du changement, s’il s’adapte facilement aux nouveautés. Et en fonction des réponses, il y aura une liste de métiers à analyser, ce qui permet d’éviter de futurs échecs ». En moyenne, le suivi dure trois à quatre mois, avec des effets positifs assez rapides, selon Amélie, conseillère emploi chez France Travail.
« À la fin de ce parcours, les personnes avancent vers l’emploi. Il y a une nouvelle motivation, une étincelle, un regard qui change. »
Amélie, conseillère emploi chez France Travailà franceinfo
Selon Amélie, sans ce suivi ces personnes pourraient « finir en demandeur d’emploi longue durée ». « Le besoin se démocratise. C’est plus simple de parler d’orientation vers un psychologue du travail, même si le simple titre peut faire peur », ajoute Stéphanie Landréat, la directrice de l’agence France Travail de Sens, qui suit 8 500 demandeurs d’emploi. Les agents demandent aussi parfois des conseils au psychologue du travail pour savoir détecter des signaux d’alerte ou trouver les bons mots lors de leurs propres rendez-vous avec les demandeurs d’emploi.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

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