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22 mars 2026Résultats des Municipales 2026 dans l’Aude : Carcassonne, la prise de guerre du RN, symbole d’élections douloureuses pour la gauche
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Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « Résultats des Municipales 2026 dans l’Aude : Carcassonne, la prise de guerre du RN, symbole d’élections douloureuses pour la gauche ».
Ce qu'il faut connaître
Le second tour disputé dans 14 des 433 communes audoises ce dimanche 22 mars est évidemment marqué par le succès du RN à Carcassonne. Une victoire dans le chef-lieu du département qui souligne en miroir le maigre bilan de la gauche pour ces municipales 2026.
Carcassonne a basculé
C’était « LA » ville de l’Aude qui suscitait l’attention des médias nationaux. Citée depuis plusieurs mois parmi les potentielles prises du Rassemblement national (RN) pour ces municipales 2026, Carcassonne a bien basculé à l’extrême-droite : le député RN Christophe Barthès, élu avec 40,40 %, y accroît l’avance prise au 1er tour. Pas forcément une surprise pour les lecteurs de l’ouvrage des professeurs de science politique Patrick Lehingue et Bernard Pudal, « Du FN au RN, les raisons d’un succès », paru en janvier 2026. Les co-auteurs s’étaient penchés sur les 20 villes de plus de 10 000 habitants gagnées par le parti depuis sa fondation. Pour constater que les maires frontistes, vainqueurs dans deux tiers des cas sans majorité absolue, « n’ont dû leur élection qu’à la division de leurs adversaires qui, faute de constituer un front républicain, ont laissé se dérouler des triangulaires (dans 12 cas) voire des quadrangulaires (1 cas) propices à l’élection du dernier venu ».
La parfaite description du cas carcassonnais, qui vaut au RN d’empocher son 2e chef-lieu, après Perpignan en 2020. Un succès qui change tout au bilan du parti qui avait emporté les trois circonscriptions audoises aux législatives de 2022. Car sans la victoire carcassonnaise, c’est un terne bilan qu’aurait présenté le RN, battu sans discussion dans les duels de 1er tour à Castelnaudary et Limoux, et dont le candidat narbonnais conserve certes sa seconde place au second tour, mais en perdant 316 voix par rapport au 15 mars. Sans oublier l’incapacité du parti à présenter des candidats étiquetés dans les autres communes majeures.
Un triste bilan à gauche
Là aussi, Carcassonne se dresse en symbole de ce douloureux cru 2026 des municipales, puisque la gauche, après l’élimination du maire sortant au 1er tour, n’est donc pas parvenue à reprendre la ville, 17 ans après la victoire de Jean-Claude Pérez. Ce dimanche 22 mars, le candidat de la « gauche unie », Alix Soler-Alcaraz, arrive en 3e position, comme au 1er tour, avec 28,75 %. Une redite également subie à Narbonne : Nicolas Sainte-Cluque, 3e derrière le maire sortant Bertrand Malquier et le député RN Frédéric Falcon le 15 mars, achève ce second tour au même rang, en ne progressant que de 263 voix.
Échec, également, à Lézignan-Corbières, où le candidat de la gauche André Hernandez, en tête du 1er tour pour 49 petites voix, n’est pas parvenu à transformer l’essai pour faire chuter le sortant Gérard Forcada dans le délicat duel qu’il avait à négocier. Il faut donc se rappeler le dimanche 15 mars pour que le parti à la rose ne voit pas tout en noir, avec le nouveau mandat limouxin décroché par Pierre Durand ; sans oublier, à Castelnaudary, la succession annoncée de Patrick Maugard pour Philippe Greffier, élu avec 60,71 % des voix. Mais pour trouver trace d’une ville reprise à la droite, il faut se tourner vers Quillan, et ses 2 992 habitants : après la chute du sortant Pierre Castel au 1er tour, le PS Stéphane Peille a emporté pour 72 voix la Cité des 3 Quilles.
La participation a frémi, les sortants en réussite
C’était un des marqueurs du 1er tour : la plus faible participation enregistrée pour des municipales, si l’on excepte les élections 2020 sous Covid. Ce second tour programmé dans 14 communes aura démontré que l’enjeu peut encore susciter une mobilisation accrue. Un constat évidemment pondéré du côté de Narbonne, et son match déjà plié avec la seule voix manquante pour Bertrand Malquier au 1er tour, et Leucate, où le casting du 1er tour était intégralement de retour : dans ces deux villes, la participation a reculé.
Mais partout ailleurs, les abstentionnistes étaient moins nombreux que le 15 mars : une (re) mobilisation certes modeste à Carcassonne (de 40,66 % à 36,99 % d’abstention), Quillan (29,07 % à 28,91 %) ou Lézignan-Corbières (38,96 % à 36,15 %) ; mais bien réelle dans de nombreux villages, de Belcaire (+ 3,33 de participation) à Moux (+ 5,44) en passant par Seignalens, et ses 32 votants sur 33 inscrits. Seignalens, un des lieux marqués par un étonnant dénouement, avec un second tour tranché en fonction de l’âge moyen de la liste, après une nouvelle égalité. Une surprise sans doute moindre que celle de Rieux-Minervois, où les bulletins du challenger Yoann Conte ont été annulés pour une inversion de colistiers. Une erreur qui fait le jeu du sortant, Bernard Yagues, pour l’heure réélu, puisqu’un recours se profile. Un statut de sortant, qui comme au 1er tour, a payé : le 15 mars, 293 des 318 maires sortants qui s’étaient présentés avaient été réélus ; ce dimanche 22 mars, huit des neuf sortants encore en lice, ont prolongé leur bail en mairie. Parfois avec une modeste marge de deux voix, comme à Belcaire ou Montséret. Modeste, comme la progression du nombre de femmes maires : 80, contre 75 en 2020.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Une information à suivre dans les jours à venir.

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