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23 mars 2026« Du combat de sa vie » à la sèche défaite, comment la candidature de Rachida Dati aux municipales à Paris a tourné au fiasco
Analyse : Voici une vue d’ensemble des faits selon notre équipe.
Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « « Du combat de sa vie » à la sèche défaite, comment la candidature de Rachida Dati aux municipales à Paris a tourné au fiasco ».
Ce qu’il faut garder en tête
La représentante des LR a largement été battue par le socialiste Emmanuel Grégoire. En dépit de son style bulldozer et d’une campagne de terrain tous azimuts, l’ex-maire de la Culture n’a jamais réussi à faire décoller sa candidature, handicapée dès le départ par le refus de Gabriel Attal de la soutenir.
Rachida Dati ne succédera pas à Anne Hidalgo. Pour la seconde fois, la maire du 7e arrondissement de Paris rate son pari et ne parvient pas devenir la maire de la capitale.
« Je n’ai pas réussi à convaincre suffisamment » a-t-elle reconnu dans la foulée de sa large défaite avec seulement 41,52% des voix, selon les résultats définitifs. Pourquoi celle qui avait rejoint le gouvernement d’Emmanuel Macron dans l’espoir d’emporter Paris a-t-elle perdu? Aurait-elle pu faire campagne autrement et parvenir à battre Emmanuel Grégoire, désormais prêt à s’asseoir dans le fauteuil de maire? BFM vous raconte cette campagne qui a tourné au fiasco pour Rachida Dati.
« Cette fois-ci, ça va être très très différent. On a tiré tous les enseignements de 2020, on va faire quelque chose qui lui ressemble, qui montrera comment sera Paris quand on aura gagné ».
Miser sur Emmanuel Macron pour se lancer
Voici ce que racontait l’un de ses proches à l’été dernier pour se convaincre que cette-fois sera la bonne. De quoi conjurer le mauvais sort? Il y a six ans, Rachida Dati avait largement perdu au second tour face à la maire PS sortante avec seulement 34,31% contre 48,4% pour Anne Hidalgo.
Et pourtant, cette fois-ci, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy y croit. Comme elle le confie à plusieurs reprises, « Paris est le combat de sa vie ». Pour gagner, l’ex-garde des Sceaux a sorti la calculette: elle doit aller chercher l’électorat macroniste qui lui tant avait manqué pour l’emporter en 2020 quand Agnès Buzyn avait remplacé au pied levé Benjamin Griveaux, emporté par un scandale de vidéo intime.
Après avoir eu des mots très durs à son encontre, l’accusant de rassembler « des traîtres de gauche et des traîtres de droite », Rachida Dati se rapproche donc d’Emmanuel Macron, bien aidée par l’épouse de celui-ci qui l’apprécie. Cette nouvelle proximité lui permet de faire son entrée à la surprise générale au gouvernement en janvier 2024 comme ministre de la Culture.
Gabriel Attal a beau être le nouveau Premier ministre, c’est bien le chef de l’État en personne qui a été la chercher. Et si ce n’était pas assez clair, Emmanuel Macron prend le temps de l’accompagner pour son tout premier déplacement de terrain en Seine-Saint-Denis. La voici donc officiellement adoubée par l’Élysée, laissant augurer d’un vaste soutien du camp présidentiel pour les municipales.
« Suffisante pour gagner dans une ville de plus en plus à gauche? »
Pourtant, en interne, les dents grincent. Rachida Dati a-t-elle vraiment le bon profil pour faire basculer la capitale après un quart de siècle de gauche à l’Hôtel de ville? La question se pose encore plus après la dissolution-surprise décidée par Emmanuel Macron à l’été 2024. Sur 18 circonscriptions, la ville ne compte plus alors que 6 élus Renaissance et zéro député LR.
« Tout ça, ce n’est que de l’arithmétique, la politique, ce n’est pas ça, ce sont des Parisiens, des projets, une ambition pour la capitale », tranche de son côté l’entourage de la candidate.
À Renaissance, beaucoup espèrent que Gabriel Attal, exfiltré de Matignon après le fiasco des législatives anticipées, finisse par se lancer. Le nom de Clément Beaune, un temps ministre des Transports, circule aussi.
« Elle est très identifiée, elle représente quelque chose de très fort mais est-ce que c’est suffisant dans une ville qui est de plus en plus à gauche? Je ne sais pas », observe alors un élu macroniste.
Bazooka contre Michel Barnier
Et puis, la ministre de la Culture ne croit pas vraiment que le camp présidentiel ose aller contre l’avis du président, toujours bien décidé à la soutenir dans la bataille de Paris. Reste cependant à convaincre dans son propre parti, Les Républicains.
Certains en doutent à l’instar du sénateur Francis Szpiner qui se verrait bien y aller à sa place. Sans compter que la droite est très divisée au Conseil de Paris, siégant dans pas moins de quatre groupes, montrant ainsi que Rachida Dati est loin de faire l’unanimité au sein de la droite parisienne.
Craignant que le parti de Bruno Retailleau ne la soutienne que du bout des lèvres et voulant à tout prix pouvoir choisir les investitures des maires d’arrondissement et tous les candidats au Conseil de Paris, traditionnellement décidée par la direction, Rachida Dati sort le bazooka. Et de préparer son tir avec une élection de législative partielle à l’été dernier.
Après l’invalidation de l’élection de Jean Laussucq à l’Assemblée, le directeur de cabinet de Rachida Dati qui avait été élu dans la foulée de la dissolution sous l’étiquette Renaissance aux législatives, l’ancien Premier ministre Michel Barnier fait savoir qu’il se verrait bien candidater.
« La bourse ou la vie »
Son arrivée dans l’arène parisienne a tout du levier rêvé pour Rachida Dati qui compte bien obtenir le soutien plein et entier des LR. Sans prendre la peine de candidater officiellement, la ministre de la Culture fait savoir qu’elle est prête également à se battre pour devenir députée.
Soucieux d’éviter un duel fratricide qui pourrait mal tourner entre Michel Barnier et Rachida Dati, Bruno Retailleau prend le temps de dîner avec eux la veille de la commission nationale d’investiture pour la législative à Paris. Et d’obtenir un accord: c’est bien l’ancien locataire de Matignon qui pourra se présenter pour arriver à l’Assemblée et en échange, Rachida pourrait bien se lancer dans la capitale avec le concours plein et entier de LR.
« Tout le monde a envie de gagner Paris et ça nous pousse à faire beaucoup d’efforts », traduit alors le sénateur LR Roger Karoutchi.
Mais la méthode crispe. « Le rassemblement, ça ne se décrète pas. (…) Ça n’est pas la bourse ou la vie, ça n’est pas les menaces », explique ainsi Édouard Philippe lors d’une réunion publique.
« Un couteau dans le dos »
Une fois la question du soutien de son parti réglée, reste à s’assurer de l’accord avec Renaissance, sans que cela n’inquiète guère son entourage, toujours certain du soutien d’Emmanuel Macron.
Le 28 octobre dernier, c’est finalement la douche froide. Renaissance investit Pierre-Yves Bournazel, conseiller de Paris depuis près de deux décennies et très proche du patron d’Horizons.
« À un moment, on a dû trancher et on a fait le choix de la raison. Est-ce qu’on veut vraiment travailler avec quelqu’un qui nous a planté un couteau dans le dos aux législatives nous faisant perdre un siège? On a décidé que non », explique l’un des membres du comité politique de Renaissance.
Est-ce finalement le style de Rachida Dati, jugé très clivant qui a joué contre elle? Ses relations polaires avec le chef du parti Gabriel Attal? Ses ennuis judiciaires, avec un procès en septembre 2026 pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Renault-Ghosn – après les élections municipales donc? Un peu de tout cela mêlé donc au feuilleton de la législative partielle?
« Investir Pierre-Yves Bournazel, c’est notre façon de rappeler qu’il ne faut pas non plus trop nous prendre pour des imbéciles », tranche un responsable de comité local parisien de Renaissance.
Renaissance dit non à Rachida Dati
D’autant plus que la liste de la répartition des postes au Conseil de Paris et dans les têtes de listes d’arrondissement entre LR et macronistes se faisait attendre depuis des jours. De quoi laisser craindre que la droite parisienne soit à la fin mieux servie que le camp présidentiel. Seuls deux élus Renaissance seulement la rejoignent: le ministre délégue à l’Europe Benjamin Haddad et le député Sylvain Maillard, qui se met pour l’occasion en retrait de ses fonctions de président de la fédération de Paris.
« Je n’ai jamais entendu dans la rue quelqu’un me parler de Pierre-Yves Bournazel », regrette l’élu dans les colonnes du Parisien. « Si on veut gagner, il faut être derrière la candidate la plus forte », insiste ce même Sylvain Maillard.
Du côté de l’équipe de la candidate désormais seulement estampillée LR, on ne s’appesantit pas. « Ça change pas ma vie, ça change pas ma campagne », explique-t-elle quelques heures après l’annonce de Renaissance lors d’une déambulation dans les rues de Paris ce mercredi.
« Rouleau-compresseur »
Au fond, peu importe pour elle. Rachida Dati a décidé de se battre vaille que vaille. Et elle fonce, axant sa stratégie sur des vidéos postées sur les réseaux sociaux où elle n’hésite jamais à se mettre en scène. La voici en train de participer à une tournée de ramassage de poubelles au petit matin avec une la rédaction d’éboueurs pour évoquer ses propositions pour privatiser l’ensemble des collectes de déchets dans la capitale ou encore en train de visiter un campement de migrants qui se plaignent ensuite de ne pas avoir donné leur autorisation pour être filmé.
Sans jamais oublier un peu de « feel good » quand on la voit par exemple faire le tour du bar des Marais et esquisser quelques pas de danse avec des membres de la communauté LGBT.
« C’est le rouleau-compresseur Dati. Elle fait ça à l’instinct, et ça cartonne », se félicite alors un membre de sa campagne.
Prise en étau entre Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo
En face, son concurrent socialiste fait, lui, une campagne plus sobre tout comme Pierre-Yves Bournazel. La candidate insoumise Sophia Chikirou, elle, débauche quelques élus écologistes sur sa liste et se permet des sorties remarquées comme lorsqu’elle évoque certains journalistes qui seraient « des nazis à petits pied » en pleine polémique autour de la mort du jeune Quentin Deranque.
Surprise de dernière minute dans cette âpre bataille : début février, Sarah Knafo rentre dans l’équation. La candidate Reconquête met en sourdine les thèmes portés habituellement par Éric Zemmour et se met en scène, toute de jaune vêtue, pour faire de Paris « une ville heureuse ».
La manœuvre agace une partie de l’équipe de campagne de Rachida Dati tant la candidate est susceptible de chasser sur ses terres dans l’ouest parisien. Pour tenter de couper court à son aventure parisienne, la candidate LR ferme très rapidement la porte à toute éventuelle alliance avec elle dans l’entre-deux-tours. « Voter Sarah Knafo, c’est faire gagner Emmanuel Grégoire », lâche la maire du 7e arrondissement à plusieurs reprises.
Quant à Pierre-Yves Bournazel, il n’est guère épargné. Celui qui a été un temps son collaborateur au ministère de la Justice raconte dans un livre qu’elle est en « état d’ébriété narcissique »? Elle lui répond sur RMC qu’il incarne « physiquement la droite la plus bête du monde ».
Emmanuel Macron et Édouard Philippe à la rescousse
Dans ces dernières semaines de campagne, le résultat semble si incertain que le thermomètre monte de quelques degrés comme lorsque l’équipe de campagne d’Emmanuel Grégoire s’inquiète que Rachida Dati, toujours ministre de la Culture, utilise potentiellement les moyens de son ministère pour faire campagne.
Trois petites semaines avant le premier tour et au grand dam du Premier ministre Sébastien Lecornu qui aurait préfére un calendrier plus rapide, elle quitte finalement la rue de Valois. Mais le soir du premier tour, c’est la douche froide pour Rachida Dati. Elle arrive en seconde position avec 25,46%, près de 13 points derrière Emmanuel Grégoire.
Surtout, elle ne récolte que 3 points de plus que lors des municipales de 2020 avec un nouveau mode de scrutin pourtant sensée favoriser les personnalités les plus identifiées des électeurs.
Autre mauvaise nouvelle: Sarah Knafo (10,4%) tout comme Pierre-Yves Bournazel (11,3%) sont en mesure de se maintenir au second tour. En cas de présence sur la ligne de départ le 22 mars, Rachida Dati perdrait la possibilité d’élargir largement son socle électoral.
Mais Emmanuel Macron veille au grain. Le président décroche son téléphone et appelle le candidat Renaissance-Horizons tout comme Édouard Philippe. La mort dans l’âme, après presque 24 heures de réflexion et après avoir assuré à plusieurs reprises qu’il ne désisterait « ni pour Emmanuel Grégoire ni pour Rachida Dati », Pierre-Yves Bournazel accepte de se retirer le lundi soir.
« Cette fusion, ça lui coûte beaucoup. Rachida Dati, c’est tout ce qu’il déteste, les outrances, le populisme, la méchanceté. Je pense qu’il lui a fallu quelques heures pour accepter qu’il allait lâcher », observe une membre de Renaissance présente sur sa liste.
« Points de convergence » avec Reconquête
Mais pas question pour lui de devenir numéro 2 sur la liste de la candidate LR comme on le lui propose. Une fusion donc de leurs deux listes mais sans ralliement du candidat, « pour être en accord avec sa conscience » comme l’explique l’un de ses colistiers.
Rachida Dati aurait certes préféré qu’il soit avec elle sur sa liste mais la fusion de leurs deux listes lui enlève un gros caillou de la chaussure. Même si tous les électeurs de Pierre-Yves Bournazel ne voteront probablement pas pour elle, cela lui offre un nouveau réservoir d’électeurs.
Mais il faut encore régler le cas de Sarah Knafo. 36 heures après le second tour, la candidate Reconquête se retire de la course au grand soulagement de Rachida Dati qui évoque le lendemain sur CNews « des points de convergence » entre leurs programmes.
Ces propos sont du pain béni pour Emmanuel Grégoire qui doit lui aussi aller chercher de nouveaux électeurs alors même que la candidate insoumise Sophia Chikirou a maintenu sa candidature au second tour.
« Vous ne pourrez pas être élue dimanche maire de Paris sans le soutien explicite de l’extrême droite parisienne et nationale », l’accuse ainsi le socialiste ce mercredi lors d’un débat sur BFMTV.
« Imaginez-vous un seul instant (…) Jacques Chirac élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen ? », la questionne-t-il encore.
Panne sèche des électeurs centristes
Emmanuel Grégoire hausse encore le ton le lendemain sur France info, accusant Emmanuel Macron d’être « intervenu » pour « aider au retrait » de la candidate d’extrême droite Sarah Knafo. Le chef de l’État lui répond directement, dénonçant « un mensonge indigne ». Le Monde confirme cependant des échanges entre l’Élysée et le milliardaire Vincent Bolloré à ce sujet avant d’essuyer à nouveau un démenti formel de la présidence de la République.
Une alliance aurait-elle vraiment été possible entre Sarah Knafo et Rachida Dati? La représentante de Reconquête assure en tout cas sur BFMTV ce vendredi cette hypothèse en avoir parlé avec la candidate LR et qu’Édouard Philippe aurait « mis son veto ».
Est-ce à ce moment-là que l’ancienne ministre de la Culture qui avait besoin d’aller chercher des électeurs centristes a perdu la partie? Rachida Dati est en tout cas largement battue au soir du second tour.
Et maintenant? Que va devenir Rachida Dati qui n’a donc plus pour tout mandat électif son poste de maire du 7e arrondissement et de conseillère de Paris? En 2013, un livre d’enquête sur son parcours s’appelait « Rachida ne meurt jamais ».
« Je ne renonce à rien », a-t-elle même lâché sur son compte X quelques heures après sa défaite. En attendant de se trouver un nouveau destin, la désormais ex-candidate montre à nouveau que la notoriété n’a rien d’une assurance pour devenir maire de Paris. De Philippe Séguin à Benjamin Griveaux en passant par Jack Lang qui avait finalement jeté l’éponge avant même d’entrer officiellement dans la danse, Paris reste encore et toujours le cimetière des ambitions nationales.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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