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23 mars 2026Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
Notre équipe analyse l'article « En Allemagne, cette affaire de « deepfakes » comparée à l’affaire Pelicot fait scandale » pour en tirer les points essentiels.
Les faits essentiels
Photo d’illustration de Collien Fernandes à la cérémonie annuelle des Prix de la télévision allemande, à Cologne.
« Tu m’as violée virtuellement. » Ces mots, affichés en Une de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, sont ceux de Collien Fernandes, et sont destinés à son ex-mari. L’actrice et animatrice TV allemande a passé des années à retrouver les auteurs de dizaines de vidéos pornographiques la mettant en scène, sans jamais soupçonner son ex-conjoint.
Mais Collien Fernandes a donc annoncé, jeudi 19 mars, avoir déposé plainte contre son ex-époux Christian Ulmen, acteur lui aussi, pour « agression, usurpation d’identité et diffamation ». Elle l’accuse notamment d’avoir généré des deepfakes à caractère sexuel, soit de fausses vidéos créées avec l’intelligence artificielle, à partir de son corps et de sa voix.
Depuis des années, des centaines de photos et vidéos, faites avec de l’IA et mettant en scène Collien Fernandes, circulent sur Internet, rapporte Der Spiegel, dans une longue enquête publiée samedi 21 mars. Elles ont été diffusées sur des sites illicites et parfois envoyées à des personnalités du monde de l’audiovisuel allemand. Collien Fernandes y est représentée dans des poses explicites : les jambes écartées ou en train d’avoir des relations sexuelles face à plusieurs hommes. De faux contenus humiliants qu’elle dit avoir découverts en 2021.
« L’agresseur était tout proche »
Au cours de ses années à lutter contre ces violences en ligne, la mannequin de 44 ans a aussi constaté l’existence de profils à son nom sur des plateformes comme LinkedIn, ainsi que des faux comptes servant à donner rendez-vous à des hommes pour du sexe par téléphone.
En 2023, épuisée mentalement, Collien Fernandes a fini par dénoncer publiquement le harcèlement en ligne et les violences numériques dont elle est victime. Elle a aussi produit un documentaire pour la chaîne allemande ZDF pour comprendre l’origine de ces deepfakes, rappelle Courrier International.
Un an plus tard, en 2024, elle décide de porter plainte pour X après la édition d’une vidéo pornographique ayant cumulé plus de 270 000 vues. De peur que les enquêteurs ne remontent la piste jusqu’à lui, son mari décide alors d’avouer, raconte l’animatrice, dans une parution sur son compte Instagram.
« Pendant tout ce temps, l’agresseur était tout proche. Son nom : Christian Ulmen », écrit-elle, visiblement toujours sous le choc deux ans après. Collien Fernandes ajoute : « J’avais été dépossédée de mon corps pendant des années [et c’était l’œuvre de] la personne dont j’étais la plus proche. »
Une histoire comparée à celle de Gisèle Pelicot
Christian Ulmen aurait justifié ses actes en affirmant qu’il « possédait » son épouse et qu’il pouvait la « mettre à la disposition d’autres hommes pour du sexe », assure Collien Fernandes. L’acteur a rejeté ces accusations par l’intermédiaire de son avocat. Dans des courriers révélés par Der Spiegel, Christian Ulmen concède toutefois avoir créé de faux profils sur internet en usurpant le nom Collien Fernandes.
Le couple, l’un des plus médiatiques en Allemagne, s’est séparé en 2025 et vient de divorcer, après quinze ans de mariage et un enfant. La cause de cette rupture serait, d’après Collien Fernandes, des violences psychologiques et physiques répétés de la part de son mari. Des faits confirmés par ses proches et sa psychologue à la presse allemande.
Cette affaire ébranle l’Allemagne et Der Spiegel n’hésite pas à la comparer à l’histoire de Gisèle Pelicot, que l’ex-mari avait droguée et fait violer par une cinquantaine d’hommes à leur domicile de Mazan. Après le procès dit « des viols de Mazan » en 2024, Gisèle Pelicot est devenue une icône féministe dans le monde entier.
Le gouvernement allemand a par ailleurs annoncé vendredi sa volonté de criminaliser la création et la diffusion de deepfakes. Le porte-parole du ministère allemand de la Justice, Eike Hosemann, a justifié la nécessité d’une loi sur les violences numériques, arguant que le « droit pénal n’est pas à la hauteur de ce qu’il devrait être, en particulier lorsqu’il s’agit de deepfakes ».
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

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