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23 mars 2026François Hollande appelle à « une candidature de la gauche réformiste » pour l’élection présidentielle en 2027
Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « François Hollande appelle à « une candidature de la gauche réformiste » pour l’élection présidentielle en 2027 ».
Résumé pour le lecteur
Invité du 20 heures sur France 2, l’ancien président de la République est également revenu sur les résultats du second tour des municipales et les alliances entre les socialistes et LFI.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Léa Salamé : François Hollande, votre réaction ce soir à la mort de Lionel Jospin avec qui vous avez longtemps travaillé.
C’est une idée de la gauche qui, non pas disparaît, mais qui ne trouve plus cette incarnation qui était la sienne pendant des décennies. Lionel Jospin, c’était une orientation, le réalisme de gauche, conjuguant les réalités économiques avec les avancées sociales. C’était une méthode, la gauche plurielle. La gauche plurielle, ce n’était pas l’addition des sensibilités ou la fragmentation.
Ce n’est pas l’alliance rose-rouge-vert, comme dit Jean-Luc Mélenchon ?
Non, c’était une ligne, la clarté, autour de laquelle il pouvait y avoir le rassemblement. Et quand il n’y avait plus cette harmonie, on sait ce qui s’est passé le 21 avril 2002. Ensuite, c’est une rigueur morale. La gauche a besoin d’une éthique, toujours plus peut-être que d’autres formations politiques.
Quel est le souvenir le plus fort que vous avez avec lui ?
J’ai deux souvenirs, un heureux et un malheureux. Le souvenir heureux, c’est la dissolution de 1997, qui était déjà hasardeuse. C’est-à-dire que Lionel Jospin ne pensait pas que Jacques Chirac allait dissoudre. Je lui ai dit : il va dissoudre. Il m’a dit non, ce n’est pas possible, ce n’est pas rationnel. Et néanmoins, il était prêt. Il avait fait le travail programmatique pour être prêt, quelle que soit l’échéance. Et donc, il y a eu la victoire. Et puis, le souvenir malheureux : 2002, je lui dis, là, ça me paraît compliqué, il n’imaginait pas qu’il puisse y avoir une élimination au soir du second tour, le 21 avril. Et ça l’avait conduit à ne pas appeler au vote utile, à ne pas dramatiser, pensant que les Français allaient voter comme ils devaient voter, de manière cohérente, de manière rationnelle, de manière utile. Ils ne l’ont pas fait et donc c’était pour lui un moment extrêmement douloureux et un rare moment de confidence car il en faisait peu. Il m’a prévenu, avant même qu’il n’en fasse l’annonce, qu’il allait se retirer de la vie politique.
Les municipales maintenant, si vous le voulez bien, le PS avait dit pas d’alliance nationale avec les Insoumis et dès le soir du premier tour vous avez fait des alliances au niveau local à Toulouse, à Brest, à Limoges, à Tulle, à Clermont-Ferrand et vous avez perdu dans toutes ces villes. C’était une erreur, il ne fallait pas s’allier en aucun cas ?
Non, j’avais dit, pour ce qui me concerne, qu’il ne devait pas y avoir d’alliance avec la France Insoumise, surtout quand la France Insoumise était en tête. Il n’était pas concevable qu’à Toulouse ou à Limoges les socialistes se mettent derrière la France Insoumise, non pas parce qu’il faut être contre l’union, mais parce que, compte tenu des propos qu’avait tenus Jean-Luc Mélenchon, compte tenu aussi de la violence, de la brutalité, de la manière avec laquelle d’ailleurs les Insoumis traitent les socialistes avec une espèce de voracité, de mépris, non, il n’était pas concevable que des socialistes se mettent derrière la France Insoumise à Toulouse et à Limoges.
Olivier Faure vous a répondu ce matin, il vous accuse de double discours parce qu’il cite deux villes, Tulle et Brest ; Tulle c’est votre fief, Brest le candidat est un de vos très proches, et il dit que vous avez conseillé l’union, l’union, l’union. C’est ce que dit le candidat qui n’est plus maire de Tulle, il dit que vous lui avez dit : « Fais l’union, fais l’union », et vous avez accepté qu’il reçoive deux Insoumis sur sa liste. Où est votre cohérence ?
À Brest, j’ai déconseillé au maire François Cuillandre de faire l’alliance avec LFI, parce que je pensais que c’était inutile et parce que c’était peut-être même contre-indiqué. Et c’était trop tard. Il avait déjà fait cette liste. Ça reste un ami. Je lui rends tout l’hommage que je dois lui donner pour l’action qu’il a menée pendant longtemps. C’était son cinquième, sixième mandat. Quant à Bernard Combes, il n’a pas fait une alliance avec la France Insoumise à Tulle. C’est une liste du nom de la gauche.
Effectivement, c’était une liste communiste et écologiste, et il y avait deux Insoumis. Et le cas qu’il y ait eu deux Insoumis a suffi pour finalement conduire des électeurs qui avaient voté pour la liste socialiste au premier tour à ne pas le faire au second. Il faut en tirer les leçons. C’est quoi les leçons ?
Qu’est-ce que vous demandez à Olivier Faure ce soir qui est le Premier secrétaire du PS, qu’est-ce que vous lui dites ? Est-il toujours légitime ?
La leçon, ce n’est pas pour des questions de personnes. La leçon, c’est pour des stratégies politiques. Quelle est la prochaine élection ? Ce n’est pas une élection municipale, donc une élection législative. Il n’y a pas d’alliance. Donc, qu’est-ce qu’il convient de faire si on veut offrir une perspective aux Français ? Si on veut leur donner la certitude qu’au deuxième tour, il peut y avoir une présence de gauche, et de gauche réaliste, il faut qu’il y ait une candidature socialiste, social-démocrate, comme on voudra, c’est-à-dire avec le Parti socialiste, avec Place publique, avec la Convention, avec la société civile. Tous ceux qui veulent qu’il y ait cette offre-là doivent présenter un candidat à l’élection présidentielle.
Est-il la bonne personne pour diriger le PS, pour aller dans votre stratégie ?
S’il va vers la primaire, c’est-à-dire la primaire avec la gauche qui finalement est dans une position intermédiaire entre la France Insoumise et le PS, qui n’est pas sur la même orientation, qui n’est pas sur la même ligne, ce n’est pas à ce moment-là, la bonne méthode est la bonne stratégie. La seule stratégie que je recommande aujourd’hui, et l’appel que je lance, c’est que tous ceux qui veulent qu’il y ait une candidature de la gauche républicaine, de la gauche réformiste, de la gauche telle que Lionel Jospin l’avait conçue, eh bien il faut qu’il y ait cette candidature et qu’il ne faut pas perdre son temps dans je ne sais quelle alliance, dans je ne sais quelle primaire. L’élection présidentielle, c’est la rencontre — et je peux en parler — entre une personne et le pays sur une ligne politique qui doit être claire et qui doit être entendable non seulement par sa famille politique mais au-delà de sa famille politique.
Les élections ont quand même montré que la France Insoumise progressait dans des villes populaires et vous arrachait plusieurs villes. À vous, les socialistes, aux communistes aussi. Saint-Denis, La Courneuve, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Creil. Pourquoi ce vote populaire va maintenant à Jean-Luc Mélenchon et pas aux socialistes ? Pourquoi sait-il leur parler avec cette France nouvelle dont il parle ? Et plus à vous.
Si je regarde le résultat des socialistes et de la gauche républicaine telle que je l’entends, il y a beaucoup plus de villes qui sont tenues par les socialistes que de villes qui sont tenues par les Insoumis. Donc, ils progressent parce qu’ils n’étaient nulle part, donc c’est assez facile, comptant pour rien, d’avoir un peu mieux que rien. Mais ce qui est vrai dans ce que vous dites, c’est qu’il a réussi à avoir une effet sur un certain nombre de quartiers populaires et sur une partie de la jeunesse. Eh bien, il ne faut pas lui laisser, parce que c’est les amener dans des stratégies de communautarisme ou dans des stratégies de radicalité qui empêchent précisément la gauche de gouverner.
La campagne présidentielle est lancée, vous serez où dans un an, François Hollande ? Vous serez devant votre télé à regarder la soirée électorale ou vous serez dans la télé comme candidat ?
Mon problème n’est pas d’être dans la télé ou devant la télé, mon problème est de savoir qui va être président de la République. Quel président de la République veut-on en 2027, dans le contexte international que l’on connaît, avec Donald Trump et les guerres que l’on sait ? Quel président de la République pour la France ? À la fois pour tenir son rang, sa place à l’échelle du monde, et notamment à l’échelle européenne, et pour faire que la cohésion nationale, que l’unité nationale soit préservée. Tel n’est pas le cas. Pourquoi pas vous ? Mais si je mettais aujourd’hui ma question sur la personne, il y en aura une personne. Ce que je peux vous assurer ce soir, c’est qu’il y aura une candidature de la gauche réformiste en 2027. . Et si ça doit être une autre personne, ce sera pour gagner l’élection présidentielle.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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