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23 mars 2026Israël: touchée par un missile iranien, Dimona entretient l’ambiguïté sur ses installations nucléaires
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « Israël: touchée par un missile iranien, Dimona entretient l’ambiguïté sur ses installations nucléaires ».
Points essentiels
Les Américains et les Israéliens ont bombardé le complexe nucléaire de Natanz, en Iran, samedi 21 mars. En riposte, Téhéran a lancé deux attaques dans le sud d’Israël sur les localités d’Arad et de Dimona. La ville de Dimona abrite un centre stratégique de recherche nucléaire et Israël est considéré comme le seul pays doté de l’arme nucléaire au Moyen-Orient mais entretient l’ambiguïté sur le sujet.
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Avec notre envoyée spéciale à Dimona, Frédérique Misslin
C’est un secret, sans l’être tout à fait… Israël aurait un réacteur nucléaire près de Dimona. Les frappes iraniennes du week-end ont donc choqué en Israël. Non seulement, parce que les dégâts ont été très importants et qu’il y a eu une centaine de blessés, mais aussi parce Dimona se trouve à quelques kilomètres d’un centre de recherche nucléaire. Un complexe en réalité très stratégique.
Dimona était persuadée d’être la ville la plus protégée en Israël. Or, un missile a touché cette localité de 40 000 habitants située dans une région désertique, hautement sensible, à proximité d’un site ultra secret. Pour les experts étrangers, cela ne fait aucun doute que l’État hébreu est doté de l’arme nucléaire. Israël n’est pas signataire du Traité de non-prolifération et refuse de soumettre ses installations à des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Impossible donc de savoir s’il y a, à Dimona, des ogives dotées de matière fissile et combien il y en aurait.
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Pour Ori Nissim Levy, colonel de réserve, président du Conseil mondial sur le nucléaire, cette ambiguïté est stratégique pour Israël. « D’abord, le centre est situé à une dizaine de kilomètres de la frappe. Ce n’est pas si proche… Si Israël possède une arme nucléaire, ce dont nous ne sommes pas sûrs, mais c’est ce que disent les médias étrangers, ils ne la laisseraient certainement pas sur place et la mettraient probablement dans différents endroits sur le territoire israélien. Ce n’est donc pas là qu’elle se trouvera. Mais techniquement, si quelque chose se produisait, ce ne serait pas aussi important que Tchernobyl ou Fukushima. Ce sera beaucoup plus local. »
Les habitants de Dimona parlent d’« usine textile »
Les Israéliens sont partie prenante de cette notion d’ambiguïté. À Dimona, les habitants parlent d’« usine textile » mais n’utilisent jamais les mots « arme atomique » ou « réacteurs nucléaires ». Debout devant l’impact causé par un missile, David, un père de famille, élude lorsqu’on lui demande ce que l’Iran ciblait. Comme pour les autres habitants de la ville, la question est taboue pour lui. Est-ce possiblement un site nucléaire israélien ? David répond sans répondre. « Dans les années 50, ceux qui nous ont aidés à construire ce que vous dites que nous avons, c’étaient les Français. »
Israël reconnaît à Dimona l’existence d’un centre de recherche sur le nucléaire mais n’a jamais admis avoir l’arme atomique. Pour Vanessa, avec la guerre, l’hypothèse d’un accident nucléaire est dans tous les esprits mais personne ne le dit.« Je me demande s’il n’y a pas vraiment quelque chose qui fait que Dimona a été touché, mais je n’en suis pas sûr à 100 %. Il y a sûrement un indication stratégique qu’ils veulent toucher. Bien sûr que ça fait flipper. On essaie de rester serein malgré tout. On a une confiance aveugle en notre armée, c’est ce qui nous rassure. On n’a rien d’autre, en fait », constate Vanessa.
Nelly et son mari Gaby habitent à quelques kilomètres du site ultra secret et ils ont une autre analyse. « Moi, je crois que c’est plus un bouclier qu’une cible. Parce que là, ils savent que si on a le nucléaire, enfin, ils savent, ils ne savent pas…, hésite Nelly. Mais tout le monde a peur du nucléaire. » Si nous ne l’avions pas, dit Gaby en murmurant, alors Israël n’existerait plus.
Sur un autre terrain, il s’agit bien d’une guerre de communication. Les Iraniens, quant à eux, revendiquent un succès militaire avec cette frappe. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) appelle tous les pays de la région à éviter le risque d’escalade nucléaire.
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Source : www.rfi.fr
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