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23 mars 2026Analyse : Voici ce que notre équipe retient de cette information.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « le jour où Lionel Jospin a perdu le tour de l’élection présidentielle de 2002 ».
Résumé synthétique
Premier ministre de Jacques Chirac, Lionel Jospin est mort ce dimanche 22 mars. À l’origine des « RTT » ou encore de la CMU, Lionel Jospin avait aussi été candidat à l’élection présidentielle à deux reprises. Battu en 2002 au premier tour, il avait décidé de se retirer de la vie politique immédiatement après cet échec.
Un scrutin qui a fait date. Le 21 avril 2002, la France vivait le premier tour de l’élection présidentielle et s’apprêtait à vivre un tournant politique majeur. À 20 heures, les médias annoncent un résultat que peu de personnes, y compris les principaux candidats, attendaient.
Le président sortant, candidat à sa réélection Jacques Chirac obtient 19,88% des voix et se classe en tête de ce premier tour, mais derrière lui, suit « l’énorme surprise » Jean-Marie Le Pen avec 16,86% des voix.
La présence du chef de file du Front national détonne tant personne ne l’attend aussi haut. À sa place était surtout attendu Lionel Jospin, mort ce dimanche 22 mars à l’âge de 88 ans et Premier ministre socialiste de Chirac, après cinq ans de cohabitation.
« J’assume pleinement »
Le socialiste ne récolte que 16,18%, devancé de 194.000 voix par le candidat d’extrême droite, mais surtout éliminé dès le premier tour dans la course à la présidentielle. Deux heures plus tard, il prend la parole dans un QG animé par des « Jospin président ».
« Si comme on peut le penser, les estimations sont exactes, le résultat du premier tour de l’élection présidentielle qui vient de tomber est comme un coup de tonnerre. […] Voir l’extrême droite représenter 20% des voix […] est un signe très inquiétant pour la France et notre démocratie », déclare-t-il.
Sortant d’une campagne en dents de scie, Lionel Jospin annonce: « j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle », sous les cris d’effroi de ses partisans.
Un discours désormais culte, qui résume plusieurs semaines d’une campagne atypique pour Lionel Jospin, ainsi que les 15 autres candidats.
Une gauche fragmentée et l’insécurité
Cette année-là, 16 personnalités se présentent au premier tour. Trois à l’extrême gauche, cinq à gauche, deux au centre, quatre à droite et deux à l’extrême droite.
Déclaré candidat à la fin du mois de février 2002, Lionel Jospin s’opposait frontalement à Jacques Chirac, côtoyé pendant cinq ans lors de la « troisième cohabitation » entre UMP (ex LR) et PS. Une cohabitation d’abord considérée comme « courtoise » trois premières années, le président et son Premier ministre ayant réussi à s’entendre sur la politique internationale et des révisions constitutionnelles.
La courtoisie n’aura été que de courte durée à partir de 2000 lorsqu’émergent les différents projets de lois de finances ou encore du financement de la Sécurité sociale. Au début de la campagne présidentielle, les deux hommes sont maintenant rivaux.
Mais en parallèle, la thématique de la sécurité fait son entrée dans la campagne. Mise en avant par l’extrême droite, plusieurs faits divers quelques jours avant le premier tour vont servir d’exemples aux candidats Bruno Mégret (Mouvement national républicain) et Jean-Marie Le Pen.
Quant à la fameuse « gauche plurielle », née des élections législatives de 1997, elle n’aura pas survécu au scrutin présidentiel auquel chacune des formations voudra présenter son propre candidat.
C’est dans ce contexte que Lionel Jospin dévoile son slogan « présider autrement ». Il donne le ton: il incarne la rupture face à Jacques Chirac et ne cessera de prendre pour exemple le bilan du septennat de son premier adversaire ou encore de mentionner les différentes affaires judiciaires dont son opposant faisait l’objet. De quoi raviver la campagne.
Le reste de sa communication sera pointé du doigt pour quelques défaillances. Lorsqu’on le questionne sur son programme et même sa couleur politique, les réponses de celui qui était encore Premier ministre pendant la campagne détonnent. Il assure être « d’inspiration socialiste », mais que son projet pour la France, s’il est élu, ne l’est pas.
« Délit de sale gueule »
Alors que la campagne entame sa dernière ligne droite, voilà le candidat socialiste dans un avion accompagné de journalistes où il évoque l’usure physique de son principal opposant. Des propos repris par la presse que l’intéressé va utiliser dans son intérêt.
« Qu’est-ce que j’entends? Des propos sur le physique, sur le mental, sur la santé… Dans un premier temps, cela m’a fait sourire. Dans un deuxième temps, je n’ai pas souri du tout. Pas pour moi, naturellement, mais pour les Français. C’est une technique qui s’apparente presque au délit de sale gueule », expliquait alors Jacques Chirac.
le aspect clé est attribué au président, donnant quelques jours à Lionel Jospin pour réfléchir à comment revenir dans la campagne. Il joue la méthode du mea culpa et s’excuse, sans effet.
Côté électeurs, l’éternelle opposition entre droite et gauche a-t-elle ouvert la voie à la candidature d’extrême droite, portée par Jean-Marie Le Pen? Possible. Le principal intéressé profite de cette qualification presque inattendue.
« Rentrez dans l’espérance ! […] N’ayez pas peur de rêver, vous les petits, les sans-grade, les exclus ! », scande-t-il.
Toute la soirée, le QG frontiste fêtera cette qualification au second tour. Pour Jacques Chirac, les deux discours écrits au cas où Lionel Jospin arrive devant ou derrière lui au premier tour ne serviront pas. L’heure est au rassemblement face à l’extrême droite.
Vers 23 heures, la place de la République est noire de monde et d’autres villes suivent le pas. Le lendemain, plusieurs lycées sont bloqués et le traditionnel défilé du 1er mai ne manquera pas de slogans anti-Le Pen.
Deux semaines plus tard, le dimanche 5 mai 2002, le barrage à l’extrême droite réussit à faire élire très largement Jacques Chirac pour un deuxième mandat, cette fois pour cinq ans.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous continuerons de surveiller cette situation pour vous informer.

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