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23 mars 2026Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Un résumé rapide de « le pari perdu de François Bayrou aux municipales à Pau » selon notre rédaction.
Les points essentiels à retenir
Après deux mandats de maire de Pau, François Bayrou a été défait ce dimanche soir. Ce fiasco sonne comme un désaveu pour l’ancien Premier ministre qui n’avait pas hésité à enchaîner les polémiques lors de son passage à Matignon pour conserver son fauteuil. Son départ met aussi un coup d’arrêt définitif à une candidature à la présidentielle.
« On l’a fait », « on a battu Bayrou ». Des dizaines de militants et sympathisants de gauche n’ont pas caché ce dimanche soir leur joie d’avoir réussi à battre François Bayrou dans son fief de Pau. L’ancien Premier ministre perd la ville dans laquelle il avait réussi à se faire élire en 2008 à seulement 344 voix près.
« Je crains que ce soit une soirée difficile pour Pau, une soirée difficile pour notre ville », a lâché l’ancien locataire de Matignon dans la soirée de dimanche, manifestement sonné.
Fin de partie donc pour le patron du Modem qui ne devient plus que simple conseiller municipal d’opposition. Comment l’ancien Premier ministre, qui s’est accroché à son siège de maire lors de son passage à Matignon au prix de polémiques, a-t-il pu perdre?
« Un homme politique de la fin du XXe siècle »
Pressentant probablement que son bail au poste de Premier ministre serait court, le centriste avait ainsi pris soin de rester maire de Pau, lui qui avait pourtant toujours plaidé pour le non-cumul des mandats.
Joignant le geste à l’intention, il avait ainsi multiplié pendant neuf mois les aller-retours entre la capitale et le Béarn, quitte parfois à sembler préférer son mandat municipal à son poste de Premier ministre comme lors du cyclone Chido à Mayotte. La manœuvre n’a manifestement pas été suffisante, donnant peut-être le goût d’une autre époque à ses quelques mois à la tête du gouvernement et son piteux départ.
« Son passage à Matignon a montré qu’il était un homme politique de la fin du 20e siècle », attaque ainsi Jérôme Marbot, le nouveau maire PS de Pau ce mardi matin sur BFMTV.
« On a pu trouver plusieurs séquences pas très heureuse mais au moins, personne ne peut l’attaquer sur le mode vous avez préféré les ors de la République à Pau », défend l’un de ses proches.
Ne surtout pas parler de politique nationale
Se sentant probablement menacé, François Bayrou a jeté toutes ses forces dans la bataille des municipales. Quelques semaines après son hospitalisation pour une grippe « très sévère », le centriste a continué de croire en sa bonne étoile en se lançant en janvier dans la bataille.
Après 11 ans à la tête de la ville béarnaise, le septuagénaire joue alors la carte de l’ancrage, déroulant la liste de ses « réussites » locales, se présentant comme un homme qui « respecte ses engagements ».
« Il est très conscient qu’il revient dans une posture difficile. Il ne parle jamais de politique nationale à Pau. Il est un Palois parmi d’autres Palois », observe l’un des membres de son équipe municipale.
La preuve: il ne s’est jamais exprimé publiquement sur son successeur Sébastien Lecornu. Suffisant pour faire oublier plusieurs dossiers sensibles? Alors que François Bayrou plaide lors de son passage à Matignon pour la réduction des déficits, Mediapart révèle une facture de 40.000 euros pour la rénovation de son bureau de maire. De quoi faire mauvais effet dans sa commune.
L’ombre de Bétharram
Autre grenade à fragmentation: le scandale de violences physiques et sexuelles à Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), où plusieurs de ses six enfants ont été scolarisés et où son épouse a enseigné quelques mois le catéchisme. François Bayrou a été accusé par une partie de la gauche d’avoir menti sur sa connaissance des abus. Lui récuse tout mensonge et considère que l’affaire était « faite pour le détruire ».
À Pau, pour le faire tomber, deux stratégies s’affrontent. D’un côté, on trouve Jean-François Blanco. Ce conseiller municipal d’opposition, qui s’est un temps présenté sous l’étiquette des Verts avant d’être tête de liste LFI, veut axer une partie de sa campagne sur l’affaire Bétharram. Également avocat de certaines familles de victimes, Jean-François Blanco l’attaque tous azimuts sur sa promesse de fonds d’indemnisation pour les victimes, actuellement au point mort.
De l’autre, Jérôme Marbot, le candidat socialiste à la tête d’une liste qui réunit plusieurs partis de gauche sans les insoumis, qui a décidé, lui, d’aller sur le terrain du bilan de François Bayrou. Autre axe d’attaque: « la bétonnisation » de la ville inspirée directement d’une « politique des années 80 ».
François Bayrou a cependant une chance, celle d’affronter des oppositions très divisées. Pas moins de six listes se présentent contre lui. En 2020, elles étaient sept à tenter de le faire tomber.
« Ça risque de pas se jouer à grand-chose »
Et pourtant le centriste avait réussi à ce moment-là à se faire largement réélire avec 55% des voix au second tour. Le score était très honorable dans le contexte très particulier du Covid-19 mais nettement moins bon qu’en 2014 avec à l’époque 62,9% des scores.
« On n’a fait que dégringoler d’élection en élection. On en est conscient dès le départ de ces municipales que ça risque de se jouer à pas grand-chose », assume sans phare l’un des colistiers de François Bayrou.
Certains affichent pourtant une certaine confiance. « Le contexte fera qu’il sera réélu sans triomphe. Il devra affronter un effet d’usure bien sûr mais ce ne sera pas suffisamment fort pour le faire tomber », avance même le sénateur LR Max Brisson dont le parti soutient François Bayrou.
Le soir du premier tour, le centriste peut souffler. Il sort largement en tête avec 33,83% des voix loin devant son adversaire socialiste Jérôme Marbot (26,31%). Pourtant en y regardant de plus près, les chiffres ne sont pas si bons. En 2020, François Bayrou récoltait presque 12 points de plus (45,8%) et le candidat PS récoltait 5 points de moins. Autre caillou dans la chaussure: le très bon score du RN.
« Quelque chose ne colle pas »
En 2020, le parti à la flamme n’avait pas réussi à se qualifier au second tour avec seulement 6,93% des voix. Cette année, la candidature RN fait 16,26% des voix. De quoi priver François Bayrou d’un réservoir de voix important au second tour et de placer en étau entre l’extrême droite d’un côté et la gauche de l’autre.
Le maire sortant ne néglige cependant pas de rallier à sa liste Philippe Arraou, qui arecueilli 6,15% des voix au premier tour en dépit d’un discours très critique à son égard. Insuffisant cependant pour renverser la tendance?
L’entre-deux-tours a en tout cas lieu dans une atmosphère délétère. Mercredi, le QG du maire sortant est dégradé. Sur la façade, on peut lire « Bétharram, on n’oublie pas ». Un collectif baptisé CHEH ! (Collectif Hautement Engagé et Humaniste) revendique le geste, jugeant la candidature de François Bayrou « indécente » et l’accusant de « mensonges répétés » dans cette affaire.
« Je ne suis pas superstitieux mais on a une ambiance vraiment étrange ces derniers jours. Quelque chose ne colle pas, on sent que ça va être compliqué », reconnaît à demi-mot un soutien du centriste.
« Il s’est trop abîmé avec son passage à Matignon. Et ça n’a pourtant rien à voir avec son bilan à Pau. Mais je pense que les électeurs n’ont pas vraiment fait la différence », remarque un député Modem.
2027 plus loin que jamais
Résultat: ce dimanche soir, le socialiste Jérôme Marbot sort en tête des urnes à quelques centaines de voix près. François Bayrou est-il sous le choc? Lorsque le PS revendique sa victoire à Pau par un tweet puis lors d’un discours du premier secrétaire Olivier Faure, les équipes du centriste refusent toujours de prendre la parole.
L’épisode est probablement trop douloureux et rappelle sa défaite en 2008, à déjà 350 voix près. Il faut près de 3 heures après la fermeture des bureaux de vote pour que le maire sortant reconnaisse qu’il a perdu, sans manifestement tourner la page contrairement par exemple à Christian Estrosi, lui aussi défait à Nice, qui a annoncé quitter la vie politique locale.
Au contraire, François Bayrou semble vouloir prendre la tête de l’opposition. « Notre rôle à tous, c’est de penser l’avenir », lance ainsi l’édile défait, promettant d’être « là ensemble dans les semaines et les mois qui viennent ».
En attendant peut-être une nouvelle candidature lors du prochain scrutin des municipales dans 6 ou 7 ans, cette sèche défaite semble fermer totalement la porte à la présidentielle en 2027.
« Ce n’était déjà plus vraiment dans sa tête mais là, c’est certain que c’est réglé », tranche l’un de ses lieutenants. François Bayrou reste cependant bien président du Modem et affrontera en octobre son procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens de son parti.
Source : www.bfmtv.com
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