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Notre rédaction partage quelques remarques sur « Cameroun: prorogation du mandat des députés jusqu’en décembre 2026 ».
Les points essentiels à retenir
Au Cameroun, réunis en séance plénière ce lundi 23 mars, au Palais de verre « Paul Biya » à Yaoundé, les députés à l’Assemblée nationale ont adopté le projet de loi portant prorogation de leur mandat. Mandat déjà prolongé une première fois alors qu’il devait s’achever initialement il y a un an, en mars 2025. Arrivant à échéance ce 31 mars, dans huit jours, il est ainsi rallongé de neuf mois supplémentaires, jusqu’au 20 décembre.
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Selon les auteurs du texte, cette prorogation de mandat des députés « vise […] à alléger la charge financière que font peser les élections sur le budget de l’État, dans un contexte économique difficile, particulièrement à la suite des élections » présidentielles d’octobre et régionales de novembre 2025 au Cameroun.
Indirectement, le projet de loi rappelle que « d’importants moyens ont été mobilisés » pour la prise en charge « sécuritaire » de ces scrutins. Et « ce temps supplémentaire, peut-on lire, permettra à Elecam, l’organe en charge de l’organisation […] des élections, de se réajuster pour assurer une organisation plus sereine de ce scrutin. »
« Rien d’illégal et rien d’anormal », rappelle Patrick Rifoe, communicant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti présidentiel, « c’est devenu l’usage, une tradition au Cameroun de prolonger le mandat des députés. »
Mais pour l’Union démocratique du Cameroun (UDC), parti de l’opposition représenté au Parlement, « ces raisons passent totalement à côté des attentes légitimes des Camerounais. Ni les difficultés financières, ni les dommages subis par des bâtiments d’Elecam durant la crise postélectorale ne peuvent justifier un report des législatives ».
Une décision qui accentue les divisions
Devant ses collègues de l’Assemblée nationale, Bénilde Djeumeni, député du Front social démocrate (SDF), n’a pas mâché ses mots, rapporte notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena. En prorogeant une nouvelle fois le mandat des députés, le gouvernement redoute une nouvelle échéance électorale après la tempête d’octobre 2025, estime-t-il. « Ils ont peur des élections et je demande aux Camerounais de garder la même sérénité, quelle que soit la durée de la nuit. Le jour finira par se lever ».
Pour défendre cette nouvelle prorogation du mandat des députés, Bolvine Wakata, ministre chargé des Relations avec les assemblées, évoque « l’urgence d’attendre », notamment au vu des « contraintes budgétaires » et de « l’incapacité logistique d’Elecam », avant d’ajouter que « l’État s’emploie encore à réparer les dégâts de la crise post-électorale de 2025 ». « C’est pourquoi le Président de la République a jugé opportun de vous demander de proroger votre mandat afin de permettre au gouvernement de poursuivre sereinement la recherche et la collecte des ressources nécessaires au financement des opérations électorales ».
« Incompréhensible », selon Adamou Koupit, député de l’Union démocratique camerounaise (UDC). Pour lui, parler de tensions budgétaires est une fuite en avant. « Au moment même où on évoque les difficultés de trésorerie, nous voyons le gouvernement envisager d’accueillir des événements budgétivores qui n’ont aucun impact sur le quotidien des Camerounais ».
Une question est cependant revenue dans les échanges : de quelle légitimité peuvent se prévaloir les députés actuels pour voter les réformes constitutionnelles annoncées et attendues ? Plusieurs députés de l’opposition émettent désormais l’idée d’un référendum avant toute réforme constitutionnelle.
La présidente de l’UDC représentée à l’Assemblée, Patricia Tomaïno Ndam Njoya, maire de Foumban et candidate à la présidentielle d’octobre 2025, dénonce auprès d’Amélie Tulet de RFI un « abandon de la démocratie » et une crise de la représentation au Cameroun.
La légitimité est le action d’élections libres et transparentes. Donc, si on a au pouvoir dans nos institutions des personnes qui ne représentent plus les Camerounais parce que les Camerounais devaient déjà les avoir remplacés, parce qu’il n’y a pas eu d’élections et que le mandat se proroge, ce n’est plus normal. C’est pour ça que je parle de crise de représentation. C’est un signe d’abandon de la démocratie. Une crise de légitimité qui est très grave parce que ceux qui s’accrochent au pouvoir, qui prennent les lois pour confisquer le pouvoir, ils ne répondent plus du peuple. Ça veut dire qu’on ne pourra rien attendre, même si il y a révision de la constitution comme il se dit, ou alors révision du code électoral. Parce que ceux là qui seront à l’Assemblée ne sont pas légitimes. Le Cameroun est assis sur un volcan de plus en plus et c’est très dangereux.
Patricia Tomaïno Ndam Njoya présidente UDC réagit à la prorogation des mandats de députés
Le président camerounais Paul Biya avait annoncé le 10 février un « léger réajustement » du calendrier des élections législatives et municipales, dans son traditionnel discours annuel adressé à la jeunesse. Doyen des chefs d’État dans le monde, Paul Biya, à la tête de son pays depuis 1982, a été réélu le 12 octobre avec 53,66% des voix, selon les résultats officiels.
Cette élection pour un huitième mandat a donné lieu à des manifestations réprimées dans le sang dans plusieurs grandes villes – le gouvernement reconnaissant « plusieurs dizaines » de morts sans fournir de bilan exact.
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Source : www.rfi.fr
Conclusion : Cette situation mérite une attention continue de notre équipe éditoriale.

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