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24 mars 2026Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
Selon notre équipe, l'article intitulé « ces chefs de partis qui sortent affaiblis après le second tour » mérite un regard attentif.
Points essentiels
Ivan Couturier/Hans Lucas via AFP ; Sameer Al-Doumy/ AFP ; Albin Bonnard/Hans Lucas via AFP
Olivier Faure, Marine Tondelier et Bruno Retailleau sortent fragilisés des municipales.
La vie politique est cruelle. Tout va si vite. Quarante-huit heures après le second tour des élections municipales, l’heure des bilans et des règlements de comptes a déjà sonné. À vrai dire, certains n’ont pas attendu longtemps pour pérorer sur les raisons de la défaite (ou du succès, c’est selon) en se présentant dès dimanche 22 mars au soir sur les plateaux télé.
Au grand jeu des gagnants et des perdants, trois responsables politiques sortent particulièrement affaiblis de la séquence des municipales. La première : Marine Tondelier. La secrétaire nationale des Écologistes s’était investie personnellement dans la campagne, multipliant les déplacements sur le terrain. Non seulement son parti a subi une déroute, perdant Strasbourg, Bordeaux, Besançon, Poitiers et Annecy, mais en plus il n’a pas réussi à conquérir deux villes qui étaient sur sa liste d’objectifs : Lorient et Fécamp. Seules Villepinte, Conflans-Sainte-Honorine et Bagnolet, en région parisienne, basculent dans le giron écolo.
La moisson 2026 est bien moins féconde que celle de 2020, qui avait vu une vague verte déferler sur la France. Pour certains analystes, les Écologistes payent l’absence de débat autour de leur thématique phare lors de la campagne et plus généralement dans l’actualité. Pour Marine Tondelier, le coup est rude. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, elle promet « un travail d’introspection » pour savoir ce qui a marché et ce qui a moins marché. L’élue d’Hénin-Beaumont fait part de sa « déception » et « d’inquiétudes légitimes pour la suite », mais n’envisage pas de remettre son siège en jeu.
Marine Tondelier préfère imputer la responsabilité de ces échecs à « la gauche toxique », représentée selon elle par François Hollande et Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier lui a répondu dans une note de blog, l’accusant de « cracher du venin » et moquant « son orientation erratique, ses déclarations insultantes, ses amitiés sulfureuses et son échec permanent de vingt ans à Hénin-Beaumont face au RN ».
Curieusement, l’opposition interne de Marine Tondelier est plutôt mesurée. Sandrine Rousseau n’a pas pris la parole ; son collègue député Jérémie Iordanoff assure qu’il y aura « des débats en interne » et « des explications » à avoir. « Ensuite, chacun prendra ses responsabilités », exprime-t-il auprès de franceinfo. Sous-entendant que Marine Tondelier ne pourra pas s’en sortir aussi facilement. D’autant que ce n’est pas la première fois qu’elle est rendue responsable d’un échec dans les urnes. On l’a un peu oublié mais en juin 2024, l’ex-assistante parlementaire de Cécile Duflot a été sauvée par la dissolution de l’Assemblée et la formation en urgence du Nouveau Front populaire, qui lui a offert la possibilité de se racheter auprès de son parti. Car le score calamiteux de Marie Toussaint (5,5 %) avait tout pour la fragiliser.
« La nuit des longs couteaux »
Au Parti socialiste, Olivier Faure traverse la même mauvaise passe. Si les résultats sont plus contrastés, le Premier secrétaire est sous les tirs nourris de ses adversaires internes. Le patron des députés Boris Vallaud, qui a cherché à déloger Olivier Faure lors du dernier congrès, estime que la direction du PS a « manqué de clarté et de sincérité » en acceptant que soient nouées, pour le second tour des municipales, des alliances locales avec La France insoumise. « Beaucoup de Français n’ont pas compris quelle pouvait être la ligne », attaque-t-il. Sans dire quelle aurait été l’alternative : accepter la désunion et prendre le risque d’une victoire large de la droite ?
Le très bruyant maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane est allé jusqu’à réclamer, mardi, « la démission » d’Olivier Faure. Il dénonce « un échec total » aux municipales. Un constat à relativiser puisque si les socialistes perdent Brest, Clermont-Ferrand, Cherbourg et Liévin, ils gagnent Saint-Étienne, Pau, Amiens et Strasbourg, et conservent Paris, Rennes, Nantes.
« Il faut éviter que ce soit la nuit des longs couteaux mais aussi que ce soit “business as usual” », observe de son côté Jérôme Guedj, partisan d’une rupture définitive avec LFI. Le député de l’Essonne espère obtenir non « pas un putsch » mais « un changement de ligne ». Un bureau national du Parti socialiste est prévu ce mardi. Ces demandes de départ d’Olivier Faure sont balayées par son entourage. « À un moment où Jordan Bardella est à 36 % dans les sondages, les socialistes vont s’enfermer dans une pièce et s’écharper sur un congrès ? », fulmine le secrétaire général du PS Pierre Jouvet. Pour avoir bien connu ces batailles internes (il a passé trente-deux ans au PS), Jean-Luc Mélenchon les moque à distance. « Je crois que la guerre des roses fanées est commencée », a-t-il ironisé ce mardi.
Une « clarification » à droite ?
Mais la gauche n’a pas le monopole des règlements de comptes. À droite aussi, malgré des résultats plus satisfaisants, on cherche à couper des têtes. Bruno Retailleau avait pourtant le sourire en s’avançant à son pupitre dimanche soir. Les Républicains reprennent la main sur Brest, Clermont-Ferrand, Poitiers, Cherbourg… « La bataille a été gagnée », se réjouit alors le patron du parti, assurant que « les Républicains et leurs alliés remportent le plus grand nombre de voix et d’élus. Nous sommes toujours la première force politique locale en France ». Un discours triomphaliste, loin de la « vague bleue » espérée.
En réalité, le bilan est plus mitigé. Échec de Rachida Dati à Paris, défaite de Jean-Michel Aulas à Lyon, perte de Nîmes, concurrence du RN… Les sujets ne manquent pas, et Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, a décidé de mettre les pieds dans le plat en demandant « une clarification » à Bruno Retailleau. En cause : le lâchage de Christian Estrosi, candidat à Nice face à Éric Ciotti (UDR/RN). « Nous ne pouvons pas continuer dans cette ambiguïté », affirme-t-elle sur RTL. Xavier Bertrand et Jean-François Copé partagent aussi l’idée qu’il faut mieux se démarquer du RN, et que LR aurait dû soutenir plus fortement Christian Estrosi. Ils ont promis de s’en expliquer lors du bureau politique prévu ce mardi. À un an de l’élection présidentielle, les grandes manœuvres ne sont jamais bien loin.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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