
Les casinos en ligne bientôt légalisés ? Une mesure « irresponsable », s’insurgent les addictologues
24 mars 2026
l’armée israélienne va appeler 400.000 réservistes
24 mars 2026Comment cette loi soutenue par Emmanuel Macron pour Rachida Dati à Paris s’est retournée contre elle
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Voici notre analyse rapide sur « Comment cette loi soutenue par Emmanuel Macron pour Rachida Dati à Paris s’est retournée contre elle ».
Les éléments principaux
BERTRAND GUAY / AFP
Rachida Dati photographiée lors d’un meeting à l’Elysée Montmarte le 12 mars (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
PLM, pour le meilleur ou pour le pire ? Les soutiens de Rachida Dati, candidate de la droite défaite à Paris, ont plutôt tendance à pencher pour la seconde option. Car la réforme du scrutin municipal à Paris Lyon Marseille (PLM) portée par Renaissance, a in fine desservi la candidate de la droite et du camp présidentiel. Et aujourd’hui, ses colistiers ont de quoi faire grise mine.
Dès sa présentation devant le Parlement, socialistes, écologistes et communistes (parisiens, principalement) étaient unanimes pour condamner la proposition de réforme du scrutin perçue comme un « tripatouillage électoral ». À Paris, accusent alors ses détracteurs, le changement du mode de scrutin va favoriser Rachida Dati, alors ministre de la Culture et déjà soutenue par Emmanuel Macron dans sa course pour l’Hôtel de Ville.
Après la chute de Michel Barnier et la séquence budgétaire houleuse qui suit, le texte est finalement remis sur le devant de la scène par le gouvernement de François Bayrou. Ce dernier se dit ouvertement pour, et il sait pouvoir compter sur le soutien d’Emmanuel Macron. Le 12 février, dans une interview à La Provence, le chef de l’État s’est dit « favorable à ce que les choses bougent et soient simplifiées ». Son vœu a été exaucé. Mais pas avec les effets escomptés.
10 ou 15 sièges perdus par Dati
Avec 50,5 % des voix, Emmanuel Grégoire a confortablement devancé sa principale rivale Rachida Dati (41,5 %). Au Conseil de Paris, les socialistes et leurs alliés auront donc une majorité de 103 sièges sur 163, quand le groupe de Rachida Dati n’en comptera que 51. C’est certes plus que sous la mandature précédente. Mais c’est moins que si le scrutin s’était déroulé avant la mise en application de la réforme, entre 61 et 67 selon les estimations du Parisien et de La Lettre.
Contacté par le HuffPost, le sénateur communiste Ian Brossat ne cache pas une certaine jubilation. « La réforme a nui au camp Dati d’un indication de vue arithmétique. Avec ce nouveau mode de scrutin, quand on perd, on perd plus », souligne ce colistier du nouveau maire de Paris. Auparavant, le nombre de sièges de l’opposition au Conseil de Paris dépendait majoritairement du nombre d’arrondissements tenus par la droite. La cartographie électorale parisienne n’ayant pas changé, la droite aurait en théorie pu compter sur les conseillers des 7 arrondissements qu’elle détient – auquel aurait pu s’ajouter le soutien du Ve arrondissement, remporté par une macroniste.
Mais le nouveau mode de scrutin qui permet aux électeurs de voter directement pour la mairie centrale est « déconnecté de la logique d’arrondissement » et il n’y a donc plus d’effet « amortisseur », analyse Ian Brossat. Dit plus clairement : le conseil de Paris ressemble désormais strictement à ce pour quoi les Parisiens ont voté, sans filtre ni lissage dû au mode de scrutin. Quant aux électeurs, plutôt que voter uniquement pour le parti et les idées qu’ils souhaitent voir appliquer dans leur arrondissement, ils ont pu le faire tout en exprimant un avis autre sur la candidate de leur camp pour la mairie centrale. Laquelle n’était pas la moins sulfureuse.
La stratégie perdante de Rachida Dati
C’est le deuxième écueil de la loi PLM pour Rachida Dati : la personnification. Qui ne connaît pas la femme politique aux répliques sanglantes, qui après avoir été ministre sous Sarkozy a réussi à revenir aux affaires sous Macron ? Avant le premier tour, la candidate LR a misé avant tout sur sa stature nationale et sur une campagne virulente sur les réseaux sociaux pour l’emporter. Démission tardive du gouvernement, refus des débats avec ces adversaires, alors que ces évènements sont l’occasion pour les candidats de présenter et défendre leur programme…
En clair : la candidate Dati a misé sur la personne de Rachida. Le pari était risqué, tant la personnalité de l’ex-ministre est clivante et son nom entaché par les affaires judiciaires. Il s’est révélé perdant. Au premier tour, dans des quartiers pourtant acquis à la droite dans l’Ouest parisien, la liste de Rachida Dati a accusé un retard très net par rapport aux listes LR pour les mairies d’arrondissement. Action-réaction, la candidate a changé de ton à l’entre-deux-tours et tenté de dépersonnifier sa campagne. « Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas », il s’agit avant tout de promouvoir « l’alternance » dans la capitale, a-t-elle martelé, en mettant pour une fois « son équipe » en avant. Mais cette stratégie n’a pas eu l’effet escompté : au second tour, dans le IXe arrondissement, la tête de liste LR Delphine Burklï a récolté 57,8 % des voix. Rachida Dati ne séduit que 42,6 % des électeurs, soit un écart conséquent de 15 points. Le même scénario se reproduit, à plus faible échelle, dans le XVe. « Rachida Dati a voulu cette réforme PLM en pensant qu’étant plus connue (que le candidat socialiste, ndlr), la personnification du nouveau mode de scrutin allait la servir. Mais elle s’est rendu compte qu’il ne fallait pas seulement être connue mais aussi être appréciée », savoure Ian Brossat.
La même conclusion est désormais tirée par les soutiens de Rachida Dati. Selon les informations de Politico, le bureau exécutif de Renaissance lundi en fin de journée a été l’occasion de formuler des critiques bien senties à l’encontre de cette réforme qui n’a permis de faire basculer aucune des trois grandes villes de France dans le giron de la droite ou des macronistes. Dès dimanche soir, l’ancien député macroniste Hugues Renson, désormais retiré de la vie politique, résumait sobrement : « Il y a une règle intangible en politique. Jamais un changement de mode de scrutin ne produit les effets escomptés ». Peut-être aurait-il dû prévenir ses anciens collègues.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre rédaction suivra les développements à venir et partagera des analyses.

9999999
