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24 mars 2026Guerre au Moyen-Orient : Israël veut rendre le Sud-Liban « complètement inhabitable », selon un politologue libanais
Analyse : Notre équipe propose une synthèse rapide de cette actualité.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « Guerre au Moyen-Orient : Israël veut rendre le Sud-Liban « complètement inhabitable », selon un politologue libanais ».
À retenir
Sept raids israéliens dans la nuit du 23 au 24 mars ont fait au moins deux morts au sud de Beyrouth, selon les autorités libanaises. Signe qu’Israël poursuit son offensive contre le Hezbollah, allié de l’Iran. D’après le politologue Joseph Bahout, l’offensive terrestre « a déjà commencé il y a presque une semaine ».
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Engagé contre l’Iran aux côtés des États-Unis, Israël ne relâche pas pour autant la pression sur le Hezbollah libanais, allié du régime iranien. Plusieurs frappes ont visé la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du mouvement pro-iranien, dans la nuit du 23 au 24 mars. Dans le même temps, tous les ponts qui mènent au Sud-Liban, autre place forte du Hezbollah, sont en voie d’être détruits par les bombardements israéliens. D’après Joseph Bahout, politologue et directeur de l’Institut pour les affaires publiques et internationales à l’Université américaine de Beyrouth, l’objectif immédiat d’Israël est « probablement de prendre une bande de terre de 5 à 8 km. »
Franceinfo : la question d’une offensive terrestre israélienne se pose de plus en plus. A-t-elle déjà commencé ?
Joseph Bahout : Oui, elle a déjà commencé il y a presque une semaine, avec des incursions partielles sur une profondeur d’environ 2 ou 3 kilomètres. L’objectif est probablement de prendre une bande de terre de 5 à 8 km dans l’immédiat, en rasant toutes les maisons et les villages. Il y a un dynamitage systématique pour rendre cette région complètement inhabitable, sous contrôle direct de l’armée israélienne. Les responsables israéliens disent clairement qu’ils vont procéder un peu comme ils l’ont fait à Gaza. À partir de zone-là jusqu’au fleuve Litani, l’armée israélienne pourra garantir que toute la région, sur une profondeur de 25 à 30 kilomètres, sera inutilisable par le Hezbollah et donc une sorte de région démilitarisée. La question sera de savoir si les habitants pourront y revenir, mais lorsqu’on voit qu’Israël dynamite de façon systématique les ponts qui mènent à cette région, l’objectif devient très clair, c’est empêcher que cette région redevienne habitable. Quel est le but politique et diplomatique ? Probablement négocier avec le gouvernement libanais et dire : ‘vous concédez ce que nous demandons, sinon cette terre ne vous reviendra pas.’
Les responsables israéliens disent que c’est un tout petit peu le modèle de Gaza qui sera appliqué dans cette région.
Joseph Bahout, politologue, directeur de l’Institut pour les affaires publiques et internationales à l’université américaine de Beyrouthà franceinfo
Donc on peut parler d’une stratégie très claire d’occupation, d’annexion au Sud-Liban ?
Je ne dirais pas annexion au sens légal, occupation peut-être, mais contrôle, tout à fait. Il n’y aura peut-être pas de troupes israéliennes au sol durant une très longue période sur toute cette région, mais Israël pourra, à partir de la petite bande de terre qu’elle contrôlera, qu’elle occupera probablement et qu’elle ne rendra pas de sitôt au Liban, s’assurer que la zone plus large, c’est-à-dire les 25 à 30 kilomètres sera inutilisable à la fois par le Hezbollah et pendant un moment par la population libanaise et donc par le gouvernement. C’est une sorte de contrôle, un tout petit peu comme ce qui se passe à Gaza ou en Cisjordanie, avec des zones sous occupation directe et d’autres sous contrôle, avec une souveraineté libanaise plus que limitée.
Pour l’instant, Joseph Bahout, vous qui êtes à Beyrouth, quel est le rôle du gouvernement libanais et de l’armée régulière ?
Malheureusement, c’est un rôle peut-être pas inexistant, mais très passif ou limité. Depuis la trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais aurait dû s’assurer qu’Israël se retirerait des points qu’elle occupait à la fin de la guerre de 2024.
Le gouvernement aurait dû avancer sur la question du désarmement du Hezbollah, qui était un facteur essentiel de l’accord de cessation des hostilités.
Joseph Bahout, politologue et directeur de l’Institut pour les affaires publiques et internationales à l’université américaine de Beyrouthà franceinfo
Cette question n’a pas été résolue, on l’a vu avec le redéploiement très rapide du Hezbollah, dès le début de la guerre avec l’Iran. Le gouvernement est aussi et surtout paralysé par la situation interne. Avec un million de déplacés, il doit répondre à des besoins humanitaires immédiats et pressants. Or son action est entravée par le élément que le Hezbollah est encore la force prédominante sur le terrain. Rappelons aussi que le Hezbollah fait partie de la coalition gouvernementale, ce qui rend difficile de le démilitariser et de le communiquer hors-la-loi.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre équipe vous tiendra informés des faits marquants.

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