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24 mars 2026Son téléphone a borné à la frontière thaïlandaise : un Français disparu suspecté d’être prisonnier dans une ferme à arnaque
Analyse : Notre équipe vous propose un aperçu synthétique de cette information.
Voici les éléments principaux de « Son téléphone a borné à la frontière thaïlandaise : un Français disparu suspecté d’être prisonnier dans une ferme à arnaque » pour nos lecteurs.
Résumé synthétique
Les scam centers en Asie du Sud-Est plongent des milliers de victimes dans l’esclavage numérique. Un Français porté disparu pourrait y être retenu. Une enquête internationale tente de démêler ce trafic tentaculaire.
Thierry et ses proches ont tenté par leurs petits moyens de localiser S., un ressortissant français expatrié au Cambodge. Les appels répétés de la famille, les messages, les recherches sur les réseaux sociaux… rien n’y fait. « C’était un globe-trotter, quelqu’un qui avait fait plusieurs fois le tour du monde. On ne s’appelait pas tous les mois, mais on gardait contact. On s’est dit qu’il avait simplement repris la route », raconte Thierry à Libération. La dernière publication Facebook de S. remonte au 22 juillet 2025.
Mais fin janvier, la famille apprend que le signalement pour « disparition inquiétante » a été croisé avec une nouvelle venue des autorités thaïlandaises. Selon ces dernières, un ressortissant français serait retenu contre son gré dans un « scam center », une usine d’escroquerie en ligne située près de la frontière avec le Cambodge. D’après les investigations, il pourrait bien s’agir de S.
Un trafic d’êtres humains à échelle industrielle
Le cas du ressortissant français est pris très au sérieux. Car ces « scam centers », gérés par la mafia, fonctionnent comme de véritables camps de travail forcé. On y contraint des milliers de personnes à extorquer de l’argent à travers des arnaques en ligne. « un bilan du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, publié fin février, fait état de plus de 300 000 personnes retenues, de 66 nationalités différentes, toutes réduites en esclavage et pour beaucoup torturées, privées de nourriture, voire soumises à la prostitution lorsqu’il s’agit de femmes », détaillent nos confrères. Beaucoup témoignent de violences, de privations de nourriture, voire d’exploitation sexuelle.
Ces centres de fraude se sont implantés à la fin des années 2010 au Cambodge, rapidement devenu l’un des principaux épicentres de la cybercriminalité en Asie du Sud-Est. Ces opérations frauduleuses, souvent dissimulées derrière les façades de zones économiques spéciales, d’anciens hôtels de luxe ou casinos, se sont rapidement étendues aux pays voisins, notamment la Birmanie, plongée dans le chaos depuis le coup d’État militaire de 2021.
Des techniques de plus en plus déterminées
Mais c’est après la pandémie de Covid-19 que cette industrie illégale connaît une véritable explosion. Très lucratives, ces activités frauduleuses génèreraient environ 64 milliards de dollars par an, soit plus que le PIB du Cambodge. Et avec le transformation de l’IA et des deepfakes, ces pratiques se sont perfectionnées et menacent désormais l’équilibre de cette région déjà fragilisée par la guerre civile. Dans un synthèse publié le 16 mars, Interpol estimait que la fraude financière en ligne fait désormais partie des cinq menaces criminelles mondiales les plus importantes, aux côtés du trafic de drogue et du blanchiment d’argent.
À Paris, le parquet et l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ont ouvert, le 14 janvier dernier, une enquête pour cybercriminalité et escroquerie en bande organisée. Mais celle-ci ne permet pas pour l’heure de déterminer les éventuelles conditions de vie de S. ni même où il pourrait se trouver, car elle est rendue délicate par les enjeux diplomatiques dans la région. « Tout juste sait-on que le 15 octobre, un centre dans lequel le quinquagénaire pourrait avoir été détenu a été évacué par l’armée cambodgienne », précise Libération. Selon les enquêteurs, les escrocs auraient pris la fuite avec des victimes et auraient remonté une structure ailleurs.
Malgré tout, Thierry et ses proches continuent par tous les moyens de localiser S. « Un petit-cousin a tenté de voir où bornait son téléphone. Il a réussi à voir qu’il était à la limite de la Thaïlande, mais plutôt en Thaïlande, devine-t-il. On continue de l’appeler sur Messenger, mais ça ne répond pas. Ça ne sonne même pas. On essaye de trouver des solutions. Mais on est bien démunis. »
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Les prochaines informations permettront de mieux comprendre les enjeux.

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