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24 mars 2026Sur Jean-Marc Morandini, Vincent Bolloré affirme « ne pas hurler avec les loups » et prône « la vertu du pardon »
Analyse : Un rapide aperçu de cette information selon nos journalistes.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Sur Jean-Marc Morandini, Vincent Bolloré affirme « ne pas hurler avec les loups » et prône « la vertu du pardon » ».
Éléments essentiels
« Je ne ferai jamais partie de ceux qui hurlent avec les loups. » C’est par ces mots que Vincent Bolloré a conclu une longue tirade sur Jean-Marc Morandini devant les députés ce mardi 24 mars. Le milliardaire était convoqué à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, en tant qu’actionnaire indirect du groupe de production Banijay via sa société Vivendi.
Vincent Bolloré a été interrogé par le président Jérémie Patrier-Leitus et le rapporteur Charles Alloncle sur divers sujets et notamment son opinion sur le service public. « Le service public me va très bien, mais dans les moments où on serre la ceinture, il faut savoir ce qu’on veut faire de l’argent », a-t-il déclaré plusieurs reprises, se disant favorable à un service public uniquement financé par la publicité. Il a également profité de son passage devant les députés pour répondre à Delphine Ernotte en expliquant « être le bouc émissaire parfait » de la présidente de France Télévisions. Entre les pubs non déguisées aux offres de Canal+ et une référence à un sketch de Gad Elmaleh, Vincent Bolloré était à son aise.
Il n’a cependant pas pu éviter une question liée au soutien manifeste de la direction de la chaîne CNews après la confirmation de la condamnation de Jean-Marc Morandini celui-ci, via notamment son maintien à l’antenne en janvier. En réponse à la question de la députée écologiste Sophie Taillé-Polian, Vincent Bolloré, qui a pourtant usé d’expressions latines plusieurs fois durant son audition, n’a pas fait de mea culpa.
Il a toutefois commencé sa réponse par une condamnation des faits pour lesquels l’animateur a été jugé, à savoir harcèlement sexuel et corruption de mineurs. « Et c’en est un grave sur lequel tout le monde est d’accord, parce que moi j’ai quatre enfants, neuf petits-enfants. Mais ce sont des sujets insupportables », a-t-il convenu.
Quand Bolloré cite le « Notre Père »
L’entrepreneur breton a alors mis en avant « deux forces qui s’affrontent » selon lui, à savoir d’abord la décision de justice qui a été rendue. « Quelqu’un occurrence quelque chose comme ça, il doit être condamné. Dans le cas de Jean-Marc Morandini, la justice a dit “deux ans de prison avec sursis”, et ça veut dire une deuxième chance. “Tant que vous ne faites rien, vous ne ferez pas de la prison. Si vous recommencez, vous irez en prison”. Mais la justice est passée », a fait valoir le chef d’entreprise.
Puis, Vincent Bolloré a mis en perspective la justice avec « une deuxième force » ou « vertu » essentielle d’après lui : le pardon. « Est-ce qu’on pardonne aux gens qui ont fait des choses ? Ça, c’est un vaste sujet. Autant c’est facile de pardonner aux gens qui sont très lointains lorsque ça vous est égal. Autant le pardon, quand c’est un préjudice qui vous concerne, c’est presque insupportable. » L’occasion d’argumenter en mettant une nouvelle fois sur le tapis sa chrétienté, déjà largement évoquée depuis le début de son audition : « Je récite tous les jours le Notre père dans lequel je dis “Notre Père qui êtes aux cieux, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons les offenses”, donc je pardonne. »
« Je pense que malheureusement, justice est passée et maintenant, miséricorde doit passer. » Vincent Bolloré, à propos de Jean-Marc Morandini
Vincent Bolloré n’a pas manqué d’évoquer la direction de la chaîne qui a été, elle aussi vivement critiquée pour avoir maintenu l’animateur et son émission à l’antenne, et lui avoir de plus ouvert à la rentrée les portes du grand studio de CNews où il officiait tous les matins juste après Pascal Praud. « Les dirigeants de CNews, je pense ont pris les bonnes décisions, a-t-il tenu à saluer. C’est-à-dire qu’ils ont d’abord laissé monsieur Morandini regretter amèrement par écrit ce qu’il avait fait. Et ensuite il a démissionné et il est parti. Donc je pense que malheureusement, justice est passée et maintenant, miséricorde doit passer. »
Bolloré réclame « justice et miséricorde »
Pour conclure, Vincent Bolloré a balayé les accusations tacites qui lui étaient faites de ne pas avoir licencié ni même suspendu Jean-marc Morandini. « Moi, je n’ai jamais fait partie et je ne ferai jamais partie de ceux qui hurlent avec les loups, sur tout problème. Donc sur des histoires dramatiques. Mais dans toute structure humaine, vous avez ce genre d’histoire. Et donc il faut justice, et miséricorde », a-t-il conclu.
Le 14 janvier dernier, la Cour de cassation avait rendu la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs définitive. En cause : des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et se retrouve soumis à une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs pour ces faits.
Dans une 2e affaire, l’animateur avait renoncé le 22 janvier à contester sa condamnation pour harcèlement sexuel, la rendant ainsi définitive. Dans ce deuxième dossier, il avait été condamné en appel en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis et reconnu coupable d’avoir « usé de pressions pour obtenir un acte sexuel » de la part d’un jeune acteur pour une série qu’il produisait.
Maintenu à l’antenne par la direction, c’est Jean-Marc Morandini lui-même qui avait annoncé se retirer de CNews, et non pas démissionner, après de longues journées de polémiques (même Le JDD y était allé de son message de mécontentement) qui ont notamment eu comme conséquence le départ de Sonia Mabrouk.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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