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25 mars 2026Analyse : Nos journalistes proposent quelques éléments à retenir de cette actualité.
Selon nos experts, « “Au-delà du salaire, c’est devenu un métier à risque” » mérite une attention particulière.
Éléments à garder en tête
Le constat est sans appel: selon une note du ministère de l’Éducation nationale, les enseignants vivent nettement moins bien que les autres cadres de la fonction publique. Entre des carrières hachées et des salaires inférieurs à la moyenne européenne, le malaise est profond. Sur le plateau des Grandes Gueules, profs et chroniqueurs dénoncent une « paupérisation » et un sentiment de mépris grandissant.
Une note du ministère de l’Éducation nationale, révélée par Le Monde, confirme un déclassement financier chez les professeurs. À diplôme égal, leur niveau de vie reste nettement inférieur à celui des autres cadres de l’État. Salaires, structure familiale, carrières hachées… Voici pourquoi le fossé se creuse.
Un tiers seulement des profs dépasse les 34 000 € par an
Le constat de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) est sans appel: les 850.000 enseignants français vivent moins bien que leurs homologues de la catégorie A. Si plus de la moitié des autres cadres de la fonction publique perçoivent plus de 34.000 euros par an, ce n’est le cas que pour un tiers seulement des professeurs. Un écart de rémunération qui pèse lourdement sur leur pouvoir d’achat au quotidien.
Le poids de la vie de famille et des temps partiels
Plusieurs facteurs structurels expliquent cette situation. Contrairement aux autres cadres du secteur public. Déjà une natalité plus forte: les enseignants ont plus souvent des enfants à charge. Puis, le « plafond de verre » féminin: La profession étant majoritairement féminine, elle subit de plein fouet les interruptions de carrière et les passages à temps partiel, qui concernent 40% des instituteurs. Enfin, un enseignant sur cinq est en couple avec un autre enseignant, ce qui limite la progression du revenu global du foyer.
L’étude dresse également le portrait d’une population qui avance en âge. La majeure partie des effectifs se situe entre 35 et 54 ans, et 20% des professeurs ont déjà dépassé les 55 ans. Cette stabilité se retrouve dans leur ancrage géographique: seule la moitié d’entre eux a changé de département au cours de sa carrière. Entre bas salaires et manque de mobilité, l’attractivité du métier reste plus que jamais au cœur des débats pour l’avenir de l’école.
Un sentiment de mépris
Sur le plateau des Grandes Gueules, l’émotion et l’amertume dominent chez les professionnels de terrain. Pour Fatima Aït Bounoua, professeure de lettres et chroniqueuse, le constat est cinglant: « Ce qu’on a appelé les premiers de corvée sont les derniers choyés; ce sont les premiers méprisés maintenant ».
« Ce qui est valable pour les profs, c’est aussi valable pour les policiers et les enseignants. On a quand même un beau métier, mais aujourd’hui, on est méprisé »
Si elle confesse idéaliser encore son métier après 15 ans d’exercice, elle souligne que la colère des enseignants dépasse la simple question salariale. Pour elle, le manque d’attractivité de la profession s’explique par un sentiment de déconsidération globale, alors même que les professeurs manifestent prioritairement pour éviter les fermetures de classes et préserver la qualité de l’enseignement.
Une « paupérisation » et des missions qui s’alourdissent
Le témoignage de Vincent, professeur des écoles et auditeur RMC, vient confirmer ce sentiment de déclassement. Avec deux masters en poche et 13 ans d’ancienneté, son salaire net hors primes plafonne à 2.180 euros, un niveau qu’il juge « en dessous de la moyenne européenne ». Au-delà de la fiche de paie, c’est l’évolution des missions qui pèse sur le quotidien: harcèlement, sexisme, laïcité… les enseignants se retrouvent en première ligne sur tous les sujets de société.
Plus inquiétant encore, la question de la sécurité s’invite désormais dans le débat. Évoquant les drames de Dominique Bernard et Samuel Paty, Vincent n’hésite pas à qualifier l’enseignement de « métier à risque ». Ayant lui-même déjà reçu des menaces, il déplore une perte de considération alarmante pour une profession qui, malgré tout, reste essentielle au pacte républicain. « Certes, par rapport à d’autres fonctions, il y a pire, mais quand même », conclut-il, illustrant cette paupérisation qui frappe de plein fouet ceux qui forment les générations futures.
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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