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25 mars 2026Comment, après la campagne d’arrachage 2026, le vignoble audois aura perdu près de 15 % de sa superficie en deux ans
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Comment, après la campagne d’arrachage 2026, le vignoble audois aura perdu près de 15 % de sa superficie en deux ans ».
Points importants
Deux semaines après la clôture de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé par France AgriMer, on connaît les superficies concernées par la campagne d’arrachage 2026, dont le financement à hauteur de 130 M€ avait été annoncé fin 2025 par la ministre de l’Agriculture. Dans l’Aude, après les 5 000 ha arrachés en 2025, ce sont plus de 4 400 ha qui disparaîtront cette année.
Le 24 novembre 2025, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard annonçait le déblocage de 130 M€ « pour financer un nouveau plan d’arrachage définitif demandé par la profession viticole », espérant « rééquilibrer l’offre et restaurer la viabilité des exploitations en difficulté dans les bassins les plus fragilisés ». 130 M€, un montant calibré pour 32 500 ha de vignes, à raison d’aides de 4 000 € l’hectare. Comme une impression de déjà-vu et déjà entendu, alors que 2025 avait coïncidé avec un autre plan d’arrachage, validé par la Commission européenne à l’automne 2024, financé à hauteur de 109 M€, avec à la clé la disparition de 27 500 ha de vignes en France, dont 4 955 ha dans l’Aude.
Fin 2025, Annie Genevard l’assurait : « Il ne s’agit pas d’un énième plan d’urgence destiné à corriger un déséquilibre structurel : il s’agit d’un investissement pour redonner un avenir à notre filière viticole et aux agriculteurs de ces zones de production. » Une orientation assortie de la prorogation des prêts structurels garantis à 70 % par Bpifrance, d’un allégement de charges sociales pour 10 M€, et d’une demande d’activation de la réserve de crise européenne pour la distillation de crise des surstocks. Des volumes évoqués dès le 25 novembre 2025 par la ministre. Avec un lapidaire constat : « Il faut qu’on produise ce qu’on est capable de vendre. Il y a une surproduction de vin rouge. »
37 % des superficies concernées par de l’arrachage total
Les comptes sont aujourd’hui possibles. 5 824 dossiers ont été déposés pour 27 926 ha candidats à la prime à l’arrachage. 3,6 % du vignoble français, et des superficies dédiées à 82,3 % au vin rouge, et à 65,3 % en AOP. Avec, dans le détail, 17 586 ha en arrachage partiel, et un arrachage total de 10 342 ha de vignes. Un dernier chiffre synonyme de cessation d’activité sur 37 % des 27 926 ha concernés, un taux qui n’était que de 31 % pour l’arrachage 2025. Un pourcentage passé de 28,6 % à 31,5 % à l’échelle audoise entre 2025 et 2026. Un département qui, après les 4 955 ha sacrifiés en 2025, perdra 4 436 ha de plus. 14 % de superficie en moins, en deux ans, pour un vignoble audois chiffré à 66 900 ha par France Agrimer en 2023. Le signe d’un inexorable déclin pour une filière saoulée de coups, entre crise économique, marché en berne et changement climatique ?
Jean-Marie Fabre, président audois des Vignerons indépendants de France, réunis les 25 et 26 mars 2026 au Pont du Gard pour leurs Rencontres nationales, voulait s’autoriser une lecture plus équilibrée des chiffres : « Si on reprend l’enquête de départ, l’arrachage partiel ou total était envisagé sur 28 000 à 29 000 ha, et pour 8 000 à 9 000 ha, cette perspective était liée aux conditions de l’arrachage, à l’état du marché. Si on est finalement à près de 28 000 ha, c’est que ceux qui avaient déjà décidé d’arracher vont bien le faire ; mais ça signifie aussi que sur les 8 000 à 9 000 ha en suspens, des raisons ont été trouvées pour ne pas réduire la voilure, ou ne pas arrêter. »
Passer de la politique de l’indemnisation à celle de la prévention
Une façon assumée de voir le verre à moitié plein, en rappelant que l’enveloppe initialement prévue de 130 M€ ne sera pas entièrement consommée : « Je ne suis pas en train de dire que tout va bien. Mais on aurait aussi pu imaginer qu’il y ait au final plus de demandes que d’intentions manifestées. » Et de rappeler que les 37 % en arrachage total signifient en retour que « deux tiers de ceux qui arrachent vont continuer leur activité en utilisant l’arrachage comme un outil dynamique pour baisser leurs coûts et charges de production, et espérer être rentables ». Un premier pas. Qui ne suffira pas : « On a besoin de l’Etat, des pouvoirs publics, des collectivités, pour passer de la politique de l’indemnisation à celle de la prévention. »
Un changement de modèle pour, à l’échelle audoise, être à la hauteur du défi du changement climatique, et de l’équation de la ressource en eau : « Trois ministres de l’Agriculture, et deux Premiers ministres sont venus dans l’Aude. Et il a malheureusement fallu l’incendie de l’été dernier pour faire prendre conscience que l’on allait vers un critère de non-retour sans mesures fortes. Oui, 2026 a été une parenthèse après quatre ans de sécheresse, mais je ne veux pas et on ne peut pas considérer que le cycle s’est arrêté. Le climat ne laisse pas le choix à des entreprises qui travaillent à ciel ouvert. Et donc, derrière cet arrachage, si on n’investit pas aujourd’hui, l’histoire se répétera en 2027, en 2028, en 2029,… Et petit à petit, le désert gagnera. Avec le risque que des entreprises cèdent, avec des effets sur l’aménagement du territoire et sur l’attractivité touristique de notre département. »
Qui pouvait se porter candidat aux aides à l’arrachage ?
Le 6 février 2026, France AgriMer ouvrait l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour accéder à cette « mesure d’aide nationale à la réduction du potentiel viticole ». Prévue le 6 mars, la clôture de l’AMI avait été prorogée au 11 mars. C’est dans ce cadre que les candidats ont pu déclarer leurs intentions d’arrachage, présenté dans l’AMI comme un outil pour « réduire le potentiel de production viticole », « adapter l’offre au marché » et « accompagner les exploitations en difficulté structurelle ». Toutes les exploitations dotées d’un numéro d’entreprise viti-vinicole (EVV) et d’un SIRET actif, inscrites au casier viticole informatisé, disposant de comptes Vitirestructuration et Prodouanes et ayant déposé au moins une déclaration de récolte non nulle sur les 3 dernières campagnes étaient éligibles, à l’exception des entreprises en procédures d’insolvabilité. Une distinction était faite pour l’arrachage partiel, uniquement ouvert aux vignes plantées avant le 1er août 2015, en excluant le Chardonnay. L’octroi de l’aide, impliquant un arrachage complet avec dessouchage, extraction des racines et évacuation ou mise en tas des bois, signifie aussi l’engagement à ne pas opérer de plantation nouvelle pendant 10 campagnes, et à renoncer aux droits de plantation nouvelle détenus.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet d’une observation continue de notre rédaction.

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