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25 mars 2026Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « deux experts répondent à vos questions – franceinfo ».
Résumé des éléments principaux
un revue de l’Anses révèle l’ampleur de l’imprégnation des Français en cadmium, un métal toxique migrant des sols vers les aliments. Deux membres de l’agence sanitaire vous expliquent leurs découvertes.
Alerte au cadmium. Après plusieurs études faisant état d’une exposition préoccupante des Français à ce métal cancérogène, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a pour la première fois dévoilé une évaluation globale, mercredi 25 mars. « Près de la moitié de la population adulte (47,6%) dépasse les valeurs toxicologiques de référence », a exposé devant la presse la toxicologue Géraldine Carne, coordinatrice de cette étude. « Les niveaux français sont jusqu’à trois ou quatre fois supérieurs à ceux d’autres pays comme la Belgique, l’Angleterre ou l’Italie », relève également l’experte. De toutes les sources de contamination, l’alimentation explique « jusqu’à 98% de l’imprégnation au cadmium », à travers des produits du quotidien aussi courants que le pain, les viennoiseries, les pâtes, le riz ou les pommes de terre.
Face aux questions reçues à ce sujet dans le Live de franceinfo et dans les commentaires laissés sous l’article, nous avons fait appel à deux experts de l’Anses. Karine Tack, cheffe de l’unité d’évaluation des risques liés aux aliments, et Yann Le Bodo, coordinateur du rapport, ont répondu à vos interrogations lors d’un échange organisé mercredi après-midi dans le Live. En voici la restitution.
Sur la contamination des sols et des aliments
@Stefan75 : Pourquoi le cadmium se retrouve-t-il dans nos aliments ? Quel est le processus en cause ?
Karine Tack et Yann Le Bodo : Il s’agit d’un métal que l’on retrouve notamment dans les sols. Sa présence peut être renforcée par des activités humaines, qu’elles soient industrielles ou surtout agricoles, en lien avec l’utilisation de matières fertilisantes qui contiennent du cadmium. Les sols agricoles sont contaminés et les aliments le sont à leur tour via les racines des plantes.
@Sovie : En combien de temps et par quel procédé peut-on espérer débarrasser les sols du cadmium ?
Sur la durée, cela va beaucoup dépendre des types de sols, mais il faut compter en années, d’où l’intérêt d’agir dès que possible. Nous recommandons en priorité de réduire les apports extérieurs en cadmium. Pour cela, on peut, d’une part, diminuer la quantité d’intrants épandus et, d’autre part, baisser leur teneur en cadmium, en réduisant les limites autorisées, mais aussi en se tournant vers des intrants moins riches en cadmium ou en recourant à des procédés de « décadmiation ». Au fur et à mesure, la teneur dans le sol va diminuer, le cadmium va s’infiltrer vers les eaux souterraines ou se stabiliser dans des couches profondes et moins disponibles pour les cultures, d’où une moindre contamination attendue des aliments.
@MissR48 : Est-ce que les légumes frais contiennent du cadmium ? Comment puis-je savoir si la terre de mon potager contient du cadmium ? Est-ce vrai que les pâtes italiennes contiennent moins de cadmium ?
Les légumes qui poussent dans le sol, notamment racinaires (carottes, navets, radis…) et les pommes de terre, peuvent être plus concernés que d’autres aliments. Mais il y a un aspect nutritionnel à mettre en balance.
« Même contaminé, le légume a un intérêt nutritionnel que n’aura pas une viennoiserie à base de blé, dont on peut plus facilement se passer. »
Karine Tack et Yann Le Bodo, experts de l’Ansesà franceinfo
Des analyses du sol peuvent se faire, mais sachez qu’une cartographie des teneurs en cadmium dans les sols en France, réalisée par le Réseau de mesure de la qualité des sols, est disponible. Toute personne peut y consulter la concentration en cadmium sur son territoire. Quant aux pâtes italiennes, les teneurs maximales en cadmium sont les mêmes partout en Europe.
@Xamdam : Quel est le rôle de l’épandage des boues des stations d’épuration ?
Les boues de stations d’épuration font partie des matières fertilisantes d’origine résiduaire. Elles résultent des eaux usées, qui sont traitées et respectent un certain nombre de normes, avec notamment des limites en cadmium pour les boues, mais aussi pour les sols où elles pourraient être épandues. En moyenne, du fait des volumes utilisés, ces boues contribuent moins à la contamination en cadmium que les effluents d’élevage ou que les engrais minéraux phosphatés, mais cela peut varier selon les territoires.
Sur la préservation de la santé
@AnkaB : Que faire et quoi choisir pour éviter le cadmium ?
Vu que le cadmium touche une grande diversité de denrées (produits céréaliers, pommes de terre…), la priorité est d’agir à la source pour réduire la contamination des sols agricoles.
« Nous pouvons recommander de varier les sources d’approvisionnement et le régime alimentaire, en essayant d’équilibrer davantage entre les produits céréaliers et les légumineuses, moins contaminées. »
Karine Tack et Yann Le Bodo, experts de l’Ansesà franceinfo
Cela peut permettre de varier les sources de contamination qu’on amène dans notre alimentation. Le tabagisme est aussi une source d’exposition, donc nous recommandons de le réduire et de l’arrêter.
@Rep78 : Pouvez-vous expliquer le lien avec le tabagisme ?
Tout d’abord, le tabac pousse sur des sols qui peuvent contenir du cadmium. Ensuite, la plante de tabac est exigeante en phosphore, si bien que les engrais phosphatés utilisés pour la nourrir peuvent contribuer à apporter du cadmium supplémentaire dans le sol. Enfin, la plante de tabac est particulièrement accumulatrice de cadmium au niveau de ses feuilles, d’où une forte concentration que l’on va retrouver jusque dans les produits du tabac.
Le vapotage peut aussi être une source d’imprégnation en cadmium, car les métaux lourds du dispositif, dont le cadmium, migrent vers le liquide de vapotage. Pour autant, les niveaux relevés sont bien plus faibles que pour les produits du tabac à fumer.
@MAT37 : Pourquoi la France est-elle plus exposée que d’autres pays européens ?
Il existe plusieurs hypothèses, parmi lesquelles des pratiques agricoles différentes (le type d’engrais, leur provenance et leur concentration en cadmium), des sols différents, plus ou moins contaminés, mais aussi des consommations alimentaires qui peuvent varier (on consomme peut-être plus de blé ou de pommes de terre que ces pays). Autant de différences qui pourraient faire l’objet de travaux complémentaires. Le tout cumulé fait qu’on peut arriver à des écarts entre les différents pays. Il faut rappeler que l’imprégnation est la résultante de toutes les expositions, donc le tabagisme, plus ou moins répandu d’un pays à l’autre, peut aussi jouer sur les écarts.
@Evelyne64 : Le gouvernement avait ouvert la possibilité d’un remboursement par l’Assurance-maladie du dosage du cadmium. Qu’en est-il désormais ? Un tel dépistage est-il pertinent ? Si oui, dans quelles situations ?
Les mesures en question ne sont pas entre les mains de l’Anses. La question du dépistage n’était pas dans le périmètre de notre travail, mais elle est traitée notamment par la Haute Autorité de santé (HAS). En revanche, il convient de préciser que les valeurs de référence utilisées dans notre expertise ont été appliquées à l’échelle d’une population et n’ont pas vocation à devenir des repères individuels pour une utilisation clinique.
Sur l’agriculture biologique
@Stephanie2022 : Quelle est l’incidence du cadmium sur les personnes ayant des maladies chroniques ? Facteur d’apparition de cancer et de quel type ? Manger bio a-t-il un intérêt confirmé ?
Concernant les effets sanitaires, on connaît notamment des effets osseux, rénaux, cardiovasculaires, neurodéveloppementaux. Relier le cancer d’une personne donnée directement au cadmium n’est pas faisable en l’état, mais, en revanche, il a été démontré qu’environ 23% des cas d’ostéoporose étaient directement attribuables au cadmium.
« L’agriculture biologique est tout aussi concernée que l’agriculture conventionnelle par le cadmium. »
Karine Tack et Yann Le Bodo, experts de l’Ansesà franceinfo
Il y a du cadmium naturellement présent dans les sols, y compris en bio, et il y a des engrais contenant du cadmium également utilisables en agriculture biologique.
@lalaflo42 : Le bio a des limites de présence de cadmium bien plus basses qu’en conventionnel (60mg/kg contre 90mg/kg dans le phosphate minier et 0,7 mg/kg contre 3 mg/kg dans biodéchets) et, dans la pratique réelle, les engrais concernés sont peu utilisés.
Sur les pratiques agricoles, très variables d’une exploitation à l’autre, il est difficile de vous répondre. Mais nos travaux n’ont mis en évidence aucune différence significative entre aliments bio et non bio en matière de contamination au cadmium. Nos recommandations valent pour les deux types d’agriculture, qui ont les mêmes limites en cadmium.
Les matières fertilisantes d’origine organique peuvent aussi contenir du cadmium, si bien que l’agriculture biologique est tout autant concernée. Les effluents d’élevage ou les composts parfois utilisés en bio peuvent contenir du cadmium et, par leur retour au sol, contaminer les plantes. Face à cela, nous avons identifié des pratiques agricoles permettant de limiter les apports en cadmium en agriculture biologique et conventionnelle, par exemple en remobilisant le phosphore déjà présent dans le sol, qui peut encore servir pour la fertilisation des plantes.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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