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25 mars 2026On verra qui est avec nous ou pas » : à La France insoumise, une stratégie de rupture de plus en plus assumée face à la « diabolisation
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Faits marquants
Si Jean-Luc Mélenchon a plaidé l' »erreur » pour avoir mal prononcé le nom de Raphaël Glucksmann, les relations entre LFI et ses anciens partenaires, ainsi que les médias, sont toujours aussi tendues. La réconciliation entre ex-alliés du Nouveau Front populaire semble difficile au second tour des élections municipales.
« Il sait très bien ce qu’il fait… C’est du pipeau ! » Interrogé mardi 3 mars sur le mea culpa de Jean-Luc Mélenchon sur X, ce cadre du bloc central ne mâche pas ses mots. La veille, le chef de file de La France insoumise (LFI) a plaidé l’« erreur » pour avoir écorché le nom de Raphaël Glucksmann lors d’un meeting à Perpignan (Pyrénées-Orientales) prononcé dimanche. Le court passage lui a valu d’être de nouveau accusé d’antisémitisme, ce que le triple candidat à la présidentielle rejette formellement. « J’en suis le premier désolé, pensant à ceux que cela blesse. Je retiens la leçon. On ne m’y reprendra pas », a-t-il promis après cette polémique.
Ces excuses publiques représentent un rare pas de côté pour Jean-Luc Mélenchon, alors que le fossé se creuse entre LFI d’un côté et le reste du spectre politique de l’autre, sans que les insoumis cherchent véritablement à retisser les relations. Plutôt qu’un fossé, les élus insoumis convoquent l’imaginaire révolutionnaire : « Nous sommes derrière la barricade pour faire front et il n’y a que deux côtés de la barricade contre le fascisme », expliquait jeudi à franceinfo Anaïs Belouassa-Cherifi, députée et candidate LFI aux municipales à Lyon, après le meeting de son mouvement. « Il faut tenir ses positions, les garder chevillées au corps. On n’est pas intimidés, personne ne nous fera taire. Cette élection va clarifier les choses au niveau local et national, on verra qui est avec nous ou pas. »
Voilà la séparation du monde aux yeux des insoumis, à moins de deux semaines des élections municipales et à un an de l’élection présidentielle. Parmi les cibles des mélenchonistes, il y a d’abord leurs anciens alliés politiques du Nouveau Front populaire, avec qui les relations étaient déjà très fraîches avant l’hiver, et qui se sont encore détériorées. Au point que Raphaël Glucksmann a ciblé Jean-Luc Mélenchon de manière très virulente sur franceinfo, lundi matin : « Il confirme aux yeux de tous qu’il est devenu le Jean-Marie Le Pen de notre époque, ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l’extrême droite française et de l’antisémitisme. »
Désormais, Place publique, le petit parti de Raphaël Glucksmann, appelle clairement à ne plus jamais s’associer avec LFI, une position également tenue par certains responsables du Parti socialiste, comme François Hollande ou Jérôme Guedj. L’élu de l’Essonne, ancien proche de Jean-Luc Mélenchon, l’avait accusé de « remettre une pièce antisémite » en critiquant en meeting à Lyon la façon dont le nom de Jeffrey Epstein était prononcé dans les médias français. Mardi soir, dans une résolution du Bureau national votée à l’unanimité, le PS a fustigé l’attitude de Jean-Luc Mélenchon, qui a multiplié « les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables ». Dans la foulée, le leader insoumis a dénoncé sur X d’« intolérables accusations d’antisémitisme ».
Jeudi soir, LFI avait vu dans les réactions outrées une fausse polémique destinée à masquer la nécessité d’enquêter sur le fond de l’affaire Epstein et sur l’impunité des élites. « La stratégie de Jean-Luc Mélenchon, c’est de dire : ‘Si on recule, on va perdre une partie de l’électorat’. Certains pourraient le voir comme un début de concession », estime une cadre écologiste, pour qui « cette stratégie de ne jamais s’excuser n’est pas la bonne ».
« Sans surprise, il continue de creuser le fossé qui sépare sa gauche des autres, y compris ses ambiguïtés antisémites. Il pratique la politique de la terre brûlée pour forger le mano à mano avec l’extrême droite. Sans aucun espoir pourtant de succès », juge auprès de franceinfo le sénateur écologiste Yannick Jadot, partisan d’une rupture avec LFI en l’absence de « clarifications » de leur part.
« Je crois qu’il y a une vraie diabolisation autour de notre mouvement. Elle est dangereuse, avec un phénomène miroir pour le Rassemblement national, présenté comme républicain », dénonce de son côté Thomas Portes. Le député LFI de Seine-Saint-Denis estime que les insoumis ne sont en réalité « pas si isolés que ce qui peut être dit dans les médias », mais que le classement du mouvement à l’extrême gauche par le ministère de l’Intérieur en vue des municipales participe de cette « offensive », avec une « commande politique » dirigée contre eux.
« La diabolisation organisée autour de nous vise à nous éliminer de l’espace public, car nous sommes en capacité de gagner la présidentielle. »
Thomas Portes, député LFI de Seine-Saint-Denisà franceinfo
Au-delà de ses anciens alliés de gauche, qu’elle accuse ouvertement de faire le jeu de l’extrême droite, LFI s’en prend de manière croissante aux médias traditionnels. Les relations avec la presse n’ont jamais été faciles, mais le mouvement, qui vient de fêter ses dix ans, a renforcé ses critiques envers les journaux, les radios et les télévisions du pays. Notamment pour leur couverture de l’affaire Epstein, jugée insuffisante, ou le traitement considéré comme déséquilibré de l’agression mortelle du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon, pour laquelle un assistant parlementaire d’un député LFI est mis en examen.
Le 26 février, à Lyon, Jean-Luc Mélenchon a occupé une large part de son discours d’une heure et quarante minutes à critiquer le fonctionnement de la presse et des entreprises audiovisuelles, allant jusqu’à faire siffler plusieurs d’entre eux, dont franceinfo. Quelques jours plus tôt, Sophia Chikirou, proche du tribun et candidate LFI aux municipales à Paris, avait traité « des journalistes d’extrême droite » de « nazis à petits pieds ».
Pour l’heure, Sophia Chikirou comme les autres élus de La France insoumise continuent de se rendre dans les émissions de radio et sur les plateaux de télévision, mais de manière méfiante. « Ce n’est pas qu’on ne va plus y aller, mais de toute façon, on y va déjà différemment, on y va quasiment avec un gilet pare-balles », a déploré Nadège Abomangoli dans un débat organisé par L’Humanité et diffusé samedi.
« Aujourd’hui, nous n’avons pas le droit d’avoir des interviews normales. »
Nadège Abomangoli, députée LFI et vice-présidente de l’Assemblée nationaleauprès de L’Humanité
Dans les faits, LFI assume de plus en plus de tourner partiellement le dos aux médias traditionnels. Jean-Luc Mélenchon a ainsi tenu une conférence de presse avec les « médias numériques alternatifs », le 23 février, avec des « créateurs de contenu », « des influenceurs politiques » et des journalistes de la « presse numérique ». Beaucoup de médias n’ont pas été acceptés dans les locaux de LFI pour poser des questions à l’ancien socialiste, entouré de plusieurs cadres du mouvement. « Ce sont les médias qui ont un problème avec moi », a tenu à affirmer le septuagénaire lors de cette conférence de presse.
Médiatiques et politiques, ces ruptures interviennent dans un moment particulier, en pleine campagne des municipales. Pour ce scrutin, et contrairement à 2020, LFI présente ses propres listes dans de très nombreuses villes, avec une concurrence frontale au premier tour face à ses rivaux écologistes et socialistes, souvent alliés. Là encore, la stratégie est assumée. « Ce n’est pas de la rupture pour de la rupture, mais on a besoin de refonder un nouveau modèle qui passe par de la rupture », précise Thomas Portes.
Dans ce contexte, la réconciliation à gauche en vue du second tour se complique dans de nombreux endroits du territoire. La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, a par exemple prévenu dimanche sur France 3 que des « conditions » seraient posées avant d’envisager tout accord de second tour avec les insoumis. Très critiquée par les élus LFI sur les réseaux sociaux, elle les invite à des « paroles fortes » sur « la violence en politique » ou les « dérapages antisémites ». « Il n’y a pas eu d’accord national entre le Parti socialiste et La France insoumise pour les élections municipales et il ne saurait y en avoir au second tour compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement », affirme le PS dans sa résolution adoptée mardi soir.
« Il n’y a pas de sujet d’opération de clarification : nous avons toujours dit que nous étions contre toutes formes de violences », balaie Thomas Portes face à ces injonctions. Qui de LFI ou de ses alliés pâtirait le plus d’une rupture consommée lors des municipales ? « En se rendant à ce point radioactif, Jean-Luc Mélenchon va causer un grave problème à tout le monde. C’est indémerdable pour le PS », se réjouit le cadre du bloc central cité plus haut.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Cette information sera réévaluée à mesure que de nouveaux éléments apparaissent.

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