
la colère de Bahreïn à l’ONU
25 mars 2026
La Bourse séduit un nombre record d’investisseurs particuliers en 2025
25 mars 2026Sécurité, labellisation non octroyée, mise à l’écart des usagers : pourquoi le skatepark à 600 000 euros de Carcassonne suscite colère et polémique
Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Voici notre analyse rapide sur « Sécurité, labellisation non octroyée, mise à l’écart des usagers : pourquoi le skatepark à 600 000 euros de Carcassonne suscite colère et polémique ».
Faits marquants
Inauguré le 5 décembre 2025 au prix de 600 000 euros, le nouveau skatepark de Carcassonne fait déjà polémique. Entre conception contestée, labellisation annoncée puis démentie par la fédération et module jugé dangereux par les pratiquants eux-mêmes, l’équipement soulève de nombreuses questions sur les choix de la municipalité.
Les premiers graffitis ont fait leur apparition sur le revêtement du nouveau skatepark de Carcassonne, signe de l’appropriation croissante du public. La communauté attendait ça depuis longtemps, avoir un nouveau skatepark qui concurrencerait celui de Narbonne et de Couffoulens, permettant à la pratique de se développer. Les sommes engagées dans le projet, 600 000 euros environ, promettaient de répondre à ces attentes. Lors de l’inauguration le 5 décembre 2025, la Ville était fière d’annoncer sa labellisation auprès de la fédération française de roller et de skate (FFRS), classification permettant d’accueillir des compétitions régionales sur le complexe d’après la mairie.
Un manque de concertation avec les usagers
Si habituellement les villes se tournent vers des associations et des référents locaux pour connaître les besoins des pratiquants, la mairie de Carcassonne a refusé toute aide extérieure. Certains, expérimentés dans la conception de skateparks, avaient proposé de les accompagner sur le projet, mais leur demande est restée lettre morte. « Je leur ai dit que je pouvais rouvrir l’association Even Eleven. J’ai participé à l’élaboration des plans de l’ancien skatepark à l’espace Varsovie et à Narbonne. J’ai proposé mon aide, mais je n’ai pas eu de réponse », témoigne Julien Mahoux, créateur de la compétition de skate et de BMX King of Castle.
Pour ce qui est de la conception, c’est Marc Sabadie, architecte de la société Skatepark Service Conseil, qui a élaboré les plans. En octobre 2025, ce dernier s’exprimait : « On a l’habitude de se concerter avec les utilisateurs, mais cette fois la mairie a jugé que cela n’était pas nécessaire, partant du principe qu’elle pouvait faire confiance à notre savoir-faire. »
La fédération n’octroie pas de labellisation pour les compétitions
Depuis, c’est la douche froide pour les usagers engagés dans la pratique. De nombreux commentaires négatifs ont fleuri sur la page Facebook de la Ville, soulevant plusieurs points d’incompréhension. Certains y voient un espace trop peu développé et surtout axé sur une pratique de débutant : « Terrain de garderie en accès libre mais pas un skatepark », peut-on lire sur la page. Pour d’autres, comme Sébastien, qui débute dans la pratique, « c’est intéressant, les modules sont très accessibles, c’est la bonne hauteur pour tenter des figures sans se faire mal. Même les rails pour glisser, ils sont carrés et bien stables et ça, c’est vraiment génial. »
Pourtant de par la configuration du park, nombre de pratiquants carcassonnais sont étonnés que la Ville ait pu recevoir une labellisation de la fédération (FFRS). « Il faudrait qu’ils ajoutent une extension type street intermédiaire s’ils veulent organiser des compétitions », avance Julien Barbillon, pratiquant de BMX.
Après avoir contacté la fédération au sujet de la labellisation, elle affirme n’avoir octroyé aucune classification au skatepark de Carcassonne. La Ville, qui pourtant avait communiqué en ce sens lors de l’inauguration, affirme finalement que la demande est en cours de réalisation.
Souci de sécurité
Plusieurs usagers pointent du doigt une soi-disant « dangerosité » d’un des modules du skatepark : « Le bowl présente un souci de sécurité. En plus d’être trop petit, un îlot central en pleine zone d’accélération, où les gens tombent souvent, vient couper la trajectoire. Il est en angle droit, c’est un mur, aucune figure n’est possible. C’est une anomalie très dangereuse où les chutes peuvent faire très mal », détaille un pratiquant. Julien Mahoux ajoute : « La pente de l’îlot central dans le bowl est trop raide, le nez de la planche risque de toucher avant les roues, il y aura des accidents. »
Contacté à ce sujet, Marc Sabadie, de la société Skatepark Service Conseil, n’a pas souhaité donner suite à notre demande. Pourtant, les soucis soulevé au niveau de l’édicule central du bowl lui aurait été signalé par la société de construction Territoire Skatepark lors des travaux : « En phase de réalisation, mon chef de chantier lui a dit que cela pouvait être dangereux, mais il n’a pas voulu en démordre, précise un dirigeant de la société. On a un rôle de conseil, mais on ne fait rien d’autre que d’appliquer les plans qui nous sont donnés. C’est entièrement de sa responsabilité, si on s’était trompé, il nous l’aurait dit sur le chantier. »
Si une entreprise indépendante, APAVE, a été mandatée par la Ville pour vérifier la conformité et les normes du skatepark, elle n’a pas été en mesure de fournir son rapport ni ses observations, affirmant par la même occasion que seule la mairie était en capacité de communiquer ces documents, chose qu’elle n’a pas souhaité faire.
Stéphane Flandrin, de Constructo Skatepark Architecture, une société concurrente de Skatepark Service Conseil, assure que le skatepark de Carcassonne ferait « polémique dans la France entière. Dans certaines communes, les mairies ont été obligées de démolir le skatepark parce qu’il ne répondait pas aux normes de sécurité. » C’est le cas pour une partie du skatepark de La Grande-Motte.
Interrogée sur les nombreuses critiques, la mairie de Carcassonne a tenu à défendre le projet lors des travaux : « Il va y avoir un superbe skatepark. C’est polémiquer pour polémiquer », a déclaré Yazid Laredj, ancien élu en charge des sports à la mairie de Carcassonne.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : L’équipe continuera à analyser les points saillants.

9999999
