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26 mars 2026à Noisiel, le témoignage de Flavel et les nombreuses images relancent les accusations de violences policières – franceinfo
Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Un point rapide sur l'article « à Noisiel, le témoignage de Flavel et les nombreuses images relancent les accusations de violences policières – franceinfo » selon nos journalistes.
Résumé synthétique
Violemment interpellé par la police il y a un peu plus d’une semaine, le trentenaire raconte sa soirée et revient sur les faits qu’il a subis. D’autres vidéos mettent en cause le comportement des policiers.
Près de dix jours après son interpellation, Flavel est toujours traumatisé. Agé de 35 ans, cet agent d’accueil dans une salle de sport, également musicien et qui préfère témoigner sous son nom de scène, dénonce la violence des forces de l’ordre face caméra, auprès de franceinfo, mercredi 25 mars. Les images filmées par des témoins de son arrestation violente, survenue dans la soirée du 16 mars à Noisiel (Seine-et-Marne), continuent de tourner sur les réseaux sociaux et de susciter de vives réactions.
Cette vidéo montre un policier le frapper, le plaquer au sol et le rouer de coups, après qu’un autre l’a mis en joue. « Couche-toi, couche-toi, enculé », crie-t-il notamment. Puis une grenade lacrymogène se déclenche. Le trentenaire est ensuite traîné au sol, avant d’être placé en garde à vue.
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Les forces de l’ordre le soupçonnent d’avoir participé aux violences urbaines qui viennent de se produire. Car plusieurs dizaines de personnes ont lancé des projectiles et des mortiers d’artifice contre les locaux de la police municipale, et tenté d’y pénétrer, comme le rapporte le procureur de Meaux, le lendemain des faits. C’est pourquoi des effectifs de la police nationale sont appelés en renfort. Sur place, ils sont ciblés à leur tour par des tirs de projectiles, tandis qu’une voiture de police est dégradée, selon le procureur.
Flavel a vu des feux d’artifice au loin : il les a même filmés depuis un trottoir. Mais il dément toute implication dans ces faits. S’il se trouvait à proximité, c’est parce qu’il se rendait dans un fast-food pour manger, après son travail. « J’appelle un ami pour le prévenir de ce que je vois [les coups de mortiers d’artifice], puis je raccroche et j’entends des voix derrière moi. On nous dit de dégager, alors on part, et un policier vient vers moi. Je vois qu’il est agressif, alors je lui dis : ‘Nous, on va manger’, comme on peut l’entendre dans la vidéo. Mais il ne veut rien savoir, il me met un coup de pied, et après il enchaîne. J’essaie de me protéger et, à un moment donné, je cours », relate Flavel.
« Quand je traverse la route, je tombe sur un autre policier qui pointe le flashball en direction de ma tête, et moi, je m’arrête net. J’ai peur qu’il me tire dessus », poursuit le trentenaire. Il se retrouve ensuite à terre.
« A un moment donné, je suis asphyxié, je n’arrive même plus à respirer. Je vois ma vie défiler. »
« Je me prends des coups, des coups. Je vois des étincelles sur mon visage. Aujourd’hui, je sais que c’est une grenade », ajoute Flavel, l’œil gauche encore tuméfié. « Depuis, je ne sors plus de chez moi, j’ai perdu l’appétit », témoigne-t-il, la gorge nouée par l’émotion. Ce père de famille, qui se destinait au coaching sportif, souffre aussi de douleurs au dos et à la jambe gauche. Son incapacité totale de travail a été évaluée à cinq jours, mais son arrêt de travail a été prolongé jusqu’à début avril, avant de nouveaux examens médicaux.
Dès lendemain des faits, le procureur de Meaux a reconnu que l’interpellation de Flavel a été « réalisée dans des conditions de nature à interroger sur sa légitimité ». Jean-Baptiste Bladier a annoncé l’ouverture d’une enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Dans Le Monde, le magistrat reconnaît que « la vidéo est assez claire, le policier porte le premier coup, alors que ça n’est pas le récit qui en est fait dans le procès-verbal ».
La police des polices a entendu le 19 mars Flavel, qui a déposé plainte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique en réunion avec arme », « faux en écriture publique » et « dénonciation calomnieuse ». Il a aussi porté plainte pour une « agression sexuelle » qu’il dit avoir subie en garde à vue lors d’une fouille policière « inappropriée » à son arrivée au commissariat. « Les policiers m’ont maltraité. Pas tous, mais certains. »
Flavel n’est pas le seul à avoir été arrêté par la police ce soir-là : trois mineurs de 15 ans ont aussi été placés en garde à vue, en fin de soirée le 16 mars, pour leur participation supposée aux violences urbaines. L’interpellation de l’un d’eux a aussi été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux. Sur cette vidéo très courte, authentifiée par Les Révélateurs de France Télévisions, on voit un policier tirer avec un flashball sur l’adolescent. Puis, alors que le jeune homme est au sol, dissimulé derrière un poteau sur la vidéo, le fonctionnaire s’avance et lui donne des coups de pied.
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Sa sœur, Meliane, a assuré au média en ligne Booska-P, spécialisé dans le rap et les cultures urbaines, qu’il s’est fait asphyxier sans raison par une bombe lacrymogène, alors qu’il passait devant un fast-food. « Il a ensuite essayé de courir. On lui a dit : ‘Arrête-toi’. Il s’est arrêté immédiatement, il a mis les mains en l’air. On lui a tiré dessus avec un flashball, il s’est fait menotter et ensuite il s’est pris des coups de pied », rapporte-t-elle. La jeune femme assure qu’il a été hospitalisé 24 heures à la suite de cette interpellation.
Meliane affirme aussi que son frère a été victime d’insultes racistes : « Il s’est fait traiter de ‘sale bougnoule, sale nègre' ». C’est l’une des raisons pour lesquelles la Ligue des droits de l’homme (LDH) se joint « à cette action pénale aux côtés des victimes » et organise une conférence de presse jeudi à 10 heures, afin de présenter ces « nouveaux éléments ».
« Un mineur a subi des blessures graves, et des propos à caractère raciste ont été proférés. »
La Ligue des droits de l’hommeà franceinfo
« Il y a la présomption que ces violences sont commises avec une intention raciste. Dès lors que cette circonstance aggravante existe, la LDH peut se constituer partie civile », souligne à franceinfo Nathalie Tehio, présidente de l’association. Ce constat est aussi valable pour Flavel, car on entend dans la vidéo un policier dire : « Je m’en fous, vous êtes tous liés, tous », appuie la LDH, ainsi que l’avocat du musicien. Interrogé sur ce point, le procureur de Meaux répond ne pas avoir « connaissance de tels faits en l’état ».
D’après le magistrat, à Noisiel, la soirée du 16 mars a commencé par l’arrestation, vers 21h20, de trois hommes âgés de 18 à 23 ans. Deux d’entre eux ont été arrêtés dans le cadre de la loi narcotrafic, et le troisième « en raison de faits de provocation à la rébellion ». Deux heures après ces faits, une trentaine de personnes s’est regroupée devant les locaux de la police municipale de Noisiel. Certaines ont tenté, « vraisemblablement, d’y mettre le feu », selon le procureur Jean-Baptiste Bladier.
Or, selon des images inédites authentifiées, ce sont les circonstances d’une interpellation pour outrage et rébellion, survenue beaucoup plus tôt à Noisiel, aux alentours de 17 heures, qui ont pu pousser de jeunes habitants à s’en prendre au commissariat municipal tard dans la soirée, d’après des Noisiéliens et l’avocat de Flavel. Trois brèves vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux montrent, sous différents angles, des policiers municipaux plaquer avec force un jeune homme, Manuel*, contre un fourgon.
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Il a adressé mercredi une plainte au procureur de Meaux, pour « violences volontaires en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique », consultée par franceinfo. Il affirme qu’il se rendait à son entraînement de foot lorsque la police municipale l’a interpellé « sans aucune raison ». Le jeune homme de 18 ans assure également avoir été « maintenu violemment par deux à trois policiers municipaux contre un véhicule tandis qu’il subissait une clé de bras ».
Flavel, lui, explique ne pas avoir eu connaissance de ces tensions grandissantes dans les rues de Noisiel, car il travaillait de 16 heures à 22h30. « Sur les images, on voit très bien que je n’ai rien à voir [avec ces événements], je n’ai rien à me reprocher », soutient-il, encore sonné par l’enchaînement des faits. S’il témoigne encore aujourd’hui, « c’est pour motiver les jeunes à ne pas avoir peur ». « Tout le monde n’a pas l’occasion d’avoir des vidéos nettes lors de bavures policières. Sans la vidéo, l’affaire serait étouffée, souligne le Noisiélien. Les gens ont besoin de savoir la vérité. »
* Le prénom a été modifié
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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