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26 mars 2026Cette grande étude de l’Ifop bouleverse les idées reçues sur la sexualité des jeunes femmes
Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « Cette grande étude de l’Ifop bouleverse les idées reçues sur la sexualité des jeunes femmes ».
Ce qu’il faut observer
Counter / Getty Images
Alors qu’en 2006, 65 % des jeunes femmes de 18 à 24 ans déclaraient s’être déjà forcées à faire l’amour, elles ne sont plus que 48 % en 2026 à en avoir fait de même.
Plus de huit ans après la vague #MeToo, comment ce grand mouvement de libération de la parole résonne-t-il aujourd’hui dans la vie intime des jeunes femmes ? La grande révolution attendue a-t-elle vraiment renversé les rapports de domination et transformé le lien qu’entretiennent femmes et hommes au consentement ?
Voici les questions auxquelles s’est attelée l’Ifop dans une vaste enquête pour Espace Plaisir, et dont les résultats sont dévoilés ce jeudi 26 mars. Réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 011 femmes âgées de 15 à 29 ans, elle montre que, malgré le rejet des injonctions pesant sur le corps et l’intime, des normes très fortes continuent à encadrer leur désir et leur représentation de la sexualité.
Une déconstruction lente du « devoir conjugal »
À première vue pourtant, les jeunes femmes issues de la Gen Z semblent bien moins disposées à se plier aux désirs de leur partenaire, qui plus est si ce dernier n’est pas enclin à leur rendre la pareille. Ainsi, alors qu’en 2006, 65 % des 18-24 ans déclaraient s’être déjà forcées à faire l’amour, elles ne sont plus que 48 % en 2026 à en avoir fait de même. Ce taux reste plus élevé chez les femmes vivant en couple (55 % contre 49 % chez les non-cohabitantes) et chez celles se définissant comme hétérosexuelles (48 % contre 25 % chez les lesbiennes).
Cette ambivalence montre que « la déconstruction du concept de “devoir conjugal” reste lente et inachevée, estime François Kraus, directeur du pôle politique et actualité de l’Ifop. La soumission aux désirs de son partenaire est loin d’avoir disparu, y compris chez les femmes les plus éveillées sur ces sujets ».
Pour autant, l’enquête met en lumière une conception de la sexualité bien moins phallocentrée que celle des générations précédente. Si en 1992, une femme sur deux (49 %) adhérait à l’idée qu’un synthèse sexuel rimait avec pénétration, seules 23 % des jeunes femmes interrogées se disent aujourd’hui d’accord.
Les jeunes femmes de 2026 sont aussi bien moins nombreuses à se reconnaître dans le modèle culturel liant intrinsèquement féminité et maternité. Pour preuve, l’explosion du nombre de femmes de moins de 25 ans estimant qu’« une femme peut vraiment réussir sa vie sans avoir d’enfants », passé de 53 % en 1990 à 87 % aujourd’hui. Et ce, même si certaines catégories de jeunes femmes (celles se disant religieuses, non féministes, conservatrices) ne sont pas tout à fait affranchies des injonctions à la maternité.
Une sexualité féminine toujours vue comme passive
Par ailleurs, les réponses données par les jeunes sondées montrent la persistance de normes sexuelles genrées, puisque rares sont toujours les jeunes femmes à estimer avoir le droit de séparer sexualité et sentiments amoureux (28 % en 2026 contre 8 % en 2000).
Par ailleurs, seule une jeune femme hétérosexuelle sur quatre (28 %) âgée de 18 à 24 ans déclare prendre l’initiative dans ses rapports sexuels, soit une proportion similaire à celle mesurée il y a un quart de siècle (20 % en 2000). Pour François Kraus, si les jeunes femmes de la Gen Z peinent à rompre avec la vision traditionnellement passive du rôle sexuel féminin, c’est parce que cette retenue « tient probablement à un conditionnement de genre, avec des jeunes femmes qui sont davantage socialisées pour contrôler l’accès à leur sexualité ».
Seule exception : les femmes lesbiennes, qui, pour 42 % d’entre elles, assument prendre les devants. Ces dernières sont d’ailleurs bien moins nombreuses que les hétérosexuelles (36 % contre 58 %) à déclarer s’ennuyer au lit.
Le « bodycount », une vision rétrograde largement partagée
Les jeunes femmes issues de la Gen Z ne sont pas non plus à l’abri de nouveaux stigmates liés à leur sexualité. L’enquête de l’Ifop met ainsi en lumière le poids que pèse le concept de « bodycount ». Popularisé sur les réseaux sociaux par des influenceurs masculinistes et des figures d’extrême droite comme Thaïs d’Escufon, cette idée selon laquelle la « valeur » d’une femme serait corrélée à un faible nombre de partenaires sexuels est profondément intériorisée puisque 70 % des femmes de 15 à 29 ans disent y adhérer.
Sans surprise, les femmes non féministes sont deux fois plus nombreuses (86 contre 46 %) à partager cette idée reçue, « signe que la déconstruction du slut-shaming reste largement l’apanage d’une avant-garde militante », souligne l’Ifop. Elle est aussi plus répandue chez les jeunes femmes se positionnant à l’extrême droite de l’échiquier politique (72 %), chez les plus jeunes (76 % des 15-17 ans) et dans les catégories populaires (75 % des CSP –), « catégories justement les moins outillées pour déconstruire ces injonctions », ajoute l’institut.
C’est d’autant plus dommageable que « le bodycount n’est pas qu’une question d’image : il a des conséquences concrètes sur la vie sentimentale des jeunes femmes », alerte l’Ifop. Près d’un quart d’entre elles (24 %) déclare qu’un partenaire ou un potentiel partenaire a déjà décidé de ne pas s’engager avec elles dans une relation après avoir appris qu’elles avaient eu un nombre de partenaires sexuels élevé.
À l’inverse, les jeunes hommes ne semblent pas pénalisés pour avoir un bodycount élevé, puisque 70 % des jeunes femmes interrogées déclarent qu’elles pourraient s’engager dans une relation sérieuse avec quelqu’un en sachant que cette personne a eu un nombre de partenaires sexuels élevé avant elles.
Ce double standard est encore une fois le fruit d’une vision misogyne de la sexualité, fondée sur « l’autocensure et la honte » et qui véhicule « l’idée qu’une femme “s’abîme” à mesure qu’elle multiplie les partenaires », analyse François Kraus.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

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