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26 mars 2026Cette règle pour les JO 2028 ramène les athlètes transgenres et intersexes 30 ans en arrière
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Résumé synthétique
CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
Cette règle pour les JO 2028 ramène les athlètes transgenres et intersexes 30 ans en arrière. (image d’illustration)
• Cette décision suscite des critiques de scientifiques et juristes, qui dénoncent une approche simpliste et discriminatoire.
• Les tests, abandonnés en 1999, reviennent malgré l’opposition de la communauté scientifique et des défenseurs des droits humains.
Un backlash transphobe qui ramène les Jeux Olympiques 30 ans en arrière. Le Comité international olympique (CIO) a rétabli ce jeudi 26 mars les tests génétiques dits « de féminité » à compter des JO de 2028 à Los Angeles. Cette décision bannit de fait du sport féminin les athlètes transgenres et une grande partie des athlètes intersexes.
« L’admissibilité à toute épreuve féminine des Jeux olympiques est désormais réservée aux personnes de sexe biologique féminin », non-porteuses du gène SRY, a expliqué l’instance olympique dans un communiqué, après une réunion de sa commission exécutive. En tournant le dos aux règles édictées en 2021, qui laissaient chaque fédération internationale fixer sa propre politique, le CIO cible à la fois les sportives transgenres et une grande partie des athlètes intersexes.
Ces dernières peuvent être naturellement porteuses de variations génétiques tout en étant considérées comme des filles depuis leur naissance. Échapperont à cette réglementation les athlètes qui pourront démontrer leur « insensibilité totale aux androgènes », c’est-à-dire l’incapacité de leur corps à utiliser la testostérone, une preuve qui nécessite des investigations coûteuses et complexes.
Ces dernières décennies, les athlètes intersexes visées par les réglementations du genre ont dû mettre fin à leur carrière, subissant perte de revenus et honte sociale. « Nos rêves ont été brisés et nos vies à jamais bouleversées », écrivaient mercredi neuf d’entre elles, dont la Sud-Africaine Caster Semenya, à la présidente du CIO Kirsty Coventry.
Des tests critiqués par le découvreur du gène SRY
Le rétablissement des tests génétiques « de féminité » est loin de faire l’unanimité. Ces derniers mois, les scientifiques, les rapporteurs des Nations unies, mais aussi les juristes et organisations de défense des droits humains ont multiplié les avertissements face au retour des tests génétiques dans le sport. Début mars, un éditorial du British Journal of Sports Medicine fustigeait un « anachronisme néfaste », soulignant qu’il n’existe toujours pas « de données scientifiques de qualité acceptable concernant un éventuel avantage de performance sportive » chez les personnes intersexes porteuses d’un gène SRY.
Le généticien découvreur du gène SRY, Andrew Sinclair, a lui-même rappelé l’an dernier que l’idée que le sexe biologique serait entièrement défini par les chromosomes est « exagérément simpliste ». « Avec de nombreux autres experts, j’ai convaincu le CIO d’abandonner l’utilisation du test SRY avant les JO-2000 de Sydney », écrivait-il, jugeant « très surprenant de voir, 25 ans plus tard, une tentative mal avisée pour le réintroduire ».
Même scepticisme chez huit experts auprès des Nations unies qui s’étaient inquiétés de « l’opacité » des travaux menés par le CIO. Ils estimaient que « l’incertitude scientifique » appelait des règles « fondées sur des preuves solides et spécifiques à chaque sport », alors que l’instance n’a rien publié de tel. D’un aspect de vue légal, 22 juristes du monde entier ont appelé mercredi les athlètes et instances nationales à refuser les tests génétiques, qui violent selon eux une cascade de lois nationales et internationales sur la non-discrimination, la bioéthique ou la protection de la vie privée.
Concernant le sport féminin, l’unique thématique abordée depuis un an a été les règles d’éligibilité, une focalisation « qui détourne l’attention des vrais problèmes comme le financement inégal, l’accès à la pratique sportive, les écarts de rémunération et les violences », déplorait la semaine dernière Andrea Florence, de l’organisation Sport and Rights Alliance.
Une décision qui plaira à Donald Trump
L’arrivée de Kirsty Coventry, première femme et première Africaine élue à la présidence du CIO, avait suscité de grands espoirs de renouveau. Avec cette mesure, la première d’ampleur depuis le début de son mandat, la Zimbabwéenne aligne le comité sur les positions de Donald Trump et lève le principal sujet de conflit avec la Maison Blanche.
Dès l’entame de son deuxième mandat, le républicain qui assume ses positions transphobes avait banni par décret les athlètes transgenres du sport féminin, à l’encontre des règles de l’époque du CIO. Les tests chromosomiques de féminité ont déjà été utilisés entre 1968 et les JO-1996 d’Atlanta.
Le CIO y avait finalement renoncé en 1999 sous la pression de la communauté scientifique qui contestait leur pertinence, et de sa propre commission des athlètes. Le retour des tests et cette nouvelle politique pour les athlètes féminines « n’est pas rétroactive ». Elle ne remet donc pas en cause la médaille d’or obtenue aux JO de Paris par la boxeuse algérienne Imane Khélif, qui a elle-même indiqué être porteuse du gène SRY bien que née fille et constamment présentée comme telle par le CIO quand elle était attaquée sur sa féminité.
Le comité a indiqué que les tests chromosomiques devront être passés « une seule fois dans la vie de l’athlète ». Dans le détail, il reviendra aux fédérations internationales et aux instances sportives nationales de les organiser. Ces politiques sont déjà en vigueur depuis l’an dernier dans trois disciplines – l’athlétisme, la boxe et le ski – même si leur application soulève des difficultés pratiques et légales. En France par exemple, les lois de bioéthique ne permettent pas de test génétique sans nécessité médicale.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : L’analyse sera enrichie dès que de nouvelles données seront disponibles.

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