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26 mars 2026« Elle est vraiment au carrefour de toutes les violences faites aux femmes », selon le journaliste Paul Sanfourche – franceinfo
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Notre rédaction partage quelques remarques sur « « Elle est vraiment au carrefour de toutes les violences faites aux femmes », selon le journaliste Paul Sanfourche – franceinfo ».
Récapitulatif des informations
Loana, première star de la téléréalité avec le Loft, a été retrouvée morte le 25 mars dans son appartement de Nice après une alerte des voisins. Elle avait 48 ans. « Ce n’était pas une personne exactement comme toutes les autres », estime le observateur Paul Sanfourche, auteur d’un livre sur Loana.
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L’icône de la téléréalité est décédée le 25 mars à 48 ans dans son appartement niçois. Gagnante en 2001 de Loft Story, émission emblématique de la téléréalité en France, elle avait surfé sur sa notoriété et enchaîné les projets. Mais sa vulnérabilité, liée aux violences subies depuis sa jeunesse et à la surexposition médiatique, l’a malgré tout entraînée dans une longue descente aux enfers, marquée par la dépression, les drogues et les tentatives de suicide. Selon le chroniqueur Paul Sanfourche, auteur du livre Sexisme story Loana Petrucciani, aux éditions Seuil « on ne se pose pas assez la question de la responsabilité des gens qui mettent à l’antenne des personnes vulnérables. »
Franceinfo : Loana, c’était vraiment une personne comme les autres ?
Paul Sanfourche : Cétait la promesse du Loft à l’origine. On était allé chercher des Français et des Françaises jeunes et ça cassait complètement les codes télévisuels de l’époque puisque c’était vraiment un casting sauvage, des gens qui avaient postulé, des gens qui avaient marqué la production qui était chargée de les repérer, et qui étaient censés représenter une partie de la jeunesse. Chacun avait un rôle. Loana avait le rôle du sexy, du glamour. En interne, ils l’avaient tout de suite comparée à Marilyn. Ce qui montre le caractère tragique de la fragilité qui avait été décelée par la production dès le départ. Et donc ce n’était pas une personne exactement comme toutes les autres.
La production du Loft savait-elle dès le départ qu’elle était fragile ?
Non. Il y avait eu quelques entretiens très rapides avec des psychologues, mais c’est sans doute assez difficile de déceler des failles aussi profondes, familiales, en quelques entretiens. Elle n’en parle pas pendant le casting, bien sûr, en revanche elle en parle pendant le Loft, c’est-à-dire que la production sait très tôt qu’elle a fait des tentatives de suicide. Ils l’entendent dans les échanges entre les lofteurs et ils savent aussi qu’elle a des troubles du comportement alimentaire. Donc toute cette fragilité-là, elle était évidemment connue de la production.
Elle a été maltraitée par les médias, par la presse people aussi. On peut parler de sexisme ?
Oui, bien sûr. Je pense que Loana est vraiment au carrefour de toutes les violences faites aux femmes. Des violences à la fois intrafamiliales, puisque Loana a vécu l’inceste et les violences conjugales, des violences médiatiques et des violences numériques. Elle a vécu les premiers cyber-raids, qu’on n’appelait pas encore comme ça à l’époque. Et ce qui me choque aussi, c’est que ce récit de Loana depuis plus de 20 ans maintenant, de sa naissance médiatique jusqu’à sa mort, est contrôlé par les mêmes acteurs, qui continuent de véhiculer les mêmes images, les mêmes récits, le même narratif sur elle. Et elle est quelque part captive de ce récit-là.
Loana a recherché la célébrité, peut-on penser qu’elle a été en partie responsable des violences qu’elle a subies ?
Je pense qu’on pose mal la question. le observation que Loana ait voulu la célébrité, c’est indéniable. À partir du moment où elle a été médiatisée par le Loft, elle a voulu surfer sur cette médiatisation. Pour elle, c’était une source de revenus. Elle a toujours dit : ‘c’est ça ou aller faire caissière, donc je prends ça’.
« On ne se pose pas assez la question de la responsabilité des gens qui mettent à l’antenne des personnes vulnérables. »
Paul Sanfourcheà franceinfo
Ça a été fait maintes fois, par exemple par la production de Cyril Hanouna, il y a deux ans, lors de cette séquence très douloureuse à regarder. le donnée que des gens veuillent la célébrité, c’est une chose, c’est peut-être une faute personnelle, ça ne nous appartient pas de juger. En revanche, quand il y a des sociétés de production qui les mettent à l’antenne, c’est leur responsabilité morale à eux.
Le Loft a-t-il fait de nous des voyeurs ?
Oui, sans doute. Le Loft a lancé un genre télévisuel qui est toujours prégnant à l’heure actuelle. Ça joue effectivement sur notre voyeurisme à tous et sur notre envie d’exposition. Le Loft est à la genèse quelque part des réseaux sociaux ou de la logique d’Instagram. On est tous devenus nos propres lofteurs. C’est effectivement une évolution du temps que Loana avait su incarner.
Source : www.franceinfo.fr
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