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27 mars 2026Analyse : L’équipe éditoriale a relevé les éléments importants à connaître.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « 1973, le premier choc pétrolier ».
À retenir
C’est l’un des tournants économiques majeurs du 20ᵉ siècle : le choc pétrolier de 1973. Comment l’embargo décidé par les pays arabes producteurs a-t-il fait tripler le prix du baril en quelques semaines ? Quelles ruptures durables cette crise a-t-elle provoquées ? Et dans quelle mesure la situation actuelle autour du détroit d’Ormuz est-elle comparable ? Les explications de Philippe Chalmin, économiste spécialiste des matières premières et professeur émérite d’histoire économique à l’université Paris-Dauphine
Un monde bâti sur le pétrole bon marché
Avant octobre 1973, le modèle économique des pays occidentaux repose sur une certitude : le pétrole est abondant et peu coûteux, rappelle Philippe Chalmin. Pendant toutes les Trente Glorieuses, le baril se négocie autour de 2,50 dollars, et son prix est fixé par un cartel de grandes compagnies privées – Esso (devenu Exxon), BP, Shell –, surnommées les « Sept Sœurs ».
Dans les années 1960, trois pays producteurs – le Venezuela, l’Iran du Shah et l’Arabie saoudite – créent l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (l’OPEP) pour tenter de négocier de meilleures royalties avec ces compagnies. En 1972, le analyse du Club de Rome, publié en France sous le titre Halte à la croissance, commence à semer le doute sur la durabilité de ce modèle, en prédisant l’épuisement des ressources pétrolières d’ici la fin du siècle. Pour Philippe Chalmin, ce texte marque les esprits : « Nous sommes les enfants de cette halte à la croissance. »
Le détonateur de la guerre du Kippour
En octobre 1973, l’Égypte et la Syrie attaquent Israël : c’est la guerre du Kippour. En réponse au soutien occidental à l’État hébreu, les pays arabes membres de l’OPEP décrètent un embargo pétrolier. C’est le moment, selon Philippe Chalmin, où tout bascule : « Au travers de cet embargo, ils découvrent qu’ils détiennent un pouvoir économique, que les pays occidentaux vont venir leur manger dans la main. » En quelques semaines, le contrôle du marché passe du cartel des grandes compagnies à l’OPEP, et le prix du baril est multiplié par cinq, passant de 2,50 à près de 13 dollars.
Le choc n’est pas seulement économique : c’est aussi « la peur de manquer », qui s’installe dans les sociétés occidentales et force une prise de conscience brutale sur leur dépendance énergétique. Les gouvernements réagissent par des mesures d’urgence : réductions de vitesse sur les routes, économies d’énergie, premières réflexions sur des alternatives au pétrole. Philippe Chalmin souligne que ce bouleversement aura des suites : six ans plus tard, en 1979, la chute du Shah d’Iran provoquera un second choc d’ampleur comparable, avant que l’OPEP ne perde le contrôle du marché en 1986, menant à « la situation où nous sommes aujourd’hui, où personne ne contrôle le prix du pétrole, qui fluctue en permanence ».
Un choc énergétique et psychologique
Les années 1970 tout entières sont marquées par ce que Philippe Chalmin appelle simplement « la crise », un mot qui n’avait plus été utilisé en ce sens depuis l’entre-deux-guerres. La croissance ralentit, l’inflation flambe, le plein-emploi disparaît. Mais la crise suscite aussi des prises de conscience inédites : naissance du mouvement écologiste, redécouverte de la vocation agricole de la France – Valéry Giscard d’Estaing parlera de « pétrole vert » –, et création du G6 à Rambouillet en 1975, impulsée également par Giscard.
Interrogé sur la situation actuelle et les tensions autour du détroit d’Ormuz – par lequel transitent 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux – Philippe Chalmin juge que l’on se trouve face à « un choc psychologique tout aussi important que ce qu’avait pu être en 1974 la prise de contrôle par les pays producteurs. » S’agit-il d’un nouveau choc pétrolier ? « Oui », répond-il, avant de nuancer, préférant parler de « choc énergétique ».
Source : www.radiofrance.fr
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