
Une attaque au couteau dans une école au Chili fait 1 mort et 4 blessés
27 mars 2026Le chanteur Gims mis en examen dans une affaire de blanchiment en bande organisée
27 mars 2026Analyse : L'équipe éditoriale a examiné cette actualité et partage son point de vue.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « Israel au Liban, la stratégie du dépeuplement ».
Points essentiels
Israël poursuit son offensive contre le Hezbollah, volontiers considéré comme très diminué après la guerre de 2024. Et pourtant, les combats rapprochés dans le sud du Liban ainsi que les tirs de roquette sur Israel témoignent de ses capacités de résistance.
Les principales et nombreuses victimes sont les centaines de milliers de civils contraints à l’exil s’ils ne veulent mourir sous les bombes israeliennes.
Notre correspondant au Liban Arthur Sarradin a assisté à des scènes qui montrent que l’armée israélienne a enclenché une véritable stratégie de dépeuplement dans le sud du pays.
C’est une chose qu’on ressent même dans la densité de Beyrouth depuis plusieurs semaines. Pour le moment, dans ce conflit, l’armée israélienne a organisé le déplacement forcé d’un cinquième de la population libanaise. Et maintenant, au Liban, tous les médias commentent une invasion du Liban qui paraît imminente. Alors que certains responsables israéliens parlent même d’annexion. L’État-major israélien, quant à lui, dit vouloir remonter à 30 kilomètres de la frontière jusqu’à ce qu’on appelle le fleuve Litani. Et on a pu le constater sur place, le résultat, c’est d’abord une catastrophe humanitaire, car en plus des déplacements forcés, les civils sont tués dans des bombardements qui sont permanents. depuis 2024. L’ Armée israélienne a aussi pris pour cible plus de 200 secouristes ou encore des journalistes .Au sud du pays, également catastrophe environnementale. La région est la cible de phosphore blanc. L’ Armée israélienne a même épandu du glyphosate avant la récente escalade pour désertifier les sols. Les habitations des civils à la frontière sont quant à elle méthodiquement dynamitée. Les villes des villages entiers aplanis. Et ces derniers, ce sont des ponts menant au sud du pays qui ont été bombardés. Le Hezbollah, quant à lui, il est toujours accusé par une grande partie des Libanais d’avoir précipité une situation que tous redoutaient au nom du soutien à son parrain iranien. Sa base, cependant, se resserre peu à peu au fil des opérations de Tel Aviv. Des crimes de guerre comme ceux menés à Gaza accusent plusieurs ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International. L’ONU, quant à elle, en appelle au respect de la Convention de Genève.
Ces faits caractérisent-ils une stratégie israélienne de dépeuplement au Liban ? Thomas Cluzel a posé la question à Daniel Meier, professeur à Sciences Po Grenoble, par ailleurs, titulaire de la chaire de professeur junior » Géopolitique du Moyen-Orient et études des frontières « .
Alors, c’est une stratégie poursuivie depuis 2024. Donc, lorsque l’on a assisté aux premières destructions massives, complètes, intégrales de villages, donc plus d’une cinquantaine de villages ont été ainsi rayés de la carte, littéralement le long de la frontière, pour des raisons qui, à l’époque, étaient surtout sécuritaires, dirons-nous. Et puis maintenant, dans la phase du conflit actuel, de ce second conflit, on assiste effectivement à une velléité d’occupation, selon en tout cas les souhaits, on va dire, des dirigeants politiques. On le sait, chaque fois qu’il y a une occupation, il y a un prix à payer. Et le prix à payer, évidemment, c’est lorsqu’il y a une résistance locale. Alors la meilleure solution pour éviter la résistance locale, c’est évidemment rayer de la carte tous les villages qui sont sur le chemin, puisqueça évitera d’avoir des des gens qui s’y cachent et qui résistent et qui vont donc coûter la vie à un certain nombre de soldats israéliens.
**Depuis le début du mois de mars, qu’il s’agisse donc des ordres d’évacuation adressés à la population, tout comme des argumentations avancées autour de la création d’une zone tampon au nom du danger existentiel que représenterait un groupe armé pour Israël, mais aussi désormais la destruction de ces zones résidentielles. Tout cela fait penser aux opérations mises en œuvre à Gaza. Est ce que cette comparaison vous semble fondée?**Alors elle est tout à fait fondée. Elle rappelle aussi en écho ce qu’on a appelé la doctrine Dahiya, c’est à dire la doctrine inventée en 2006 par l’armée israélienne, qui consistait effectivement à une réplique massive face à n’importe quelle attaque, c’est à dire une destruction, y compris des infrastructures civiles, et qui, de ce point de vue, effectivement, est tout à fait en écho avec ce qui a été fait à Gaza, à l’exception peut être près que nous sommes au Liban, c’est à dire dans un État souverain. Et à ce moment là, évidemment, on peut espérer cette fois une levée de boucliers un tout petit peu plus sérieuse de la communauté internationale.
Une dernière question pour comprendre l’importance que revêt cette région du Sud Liban pour Israël. S’agissant de la ressource en eau, en quoi ce sujet est il crucial pour appréhender ce qui se joue en ce moment ?
Alors effectivement, c’est un peu le indication obscur ou l’angle mort plus exactement. La ressource en eau est fondamentale puisque pour Israël, qui est un pays en déficit hydrique chronique et il faut le rappeler, les Palestiniens des territoires palestiniens occupés vivent avec dix fois moins d’eau que les citoyens israéliens. Et de ce point de vue, le sud du Liban et notamment le fleuve Litani, mais également d’autres fleuves qui coulent un peu plus au sud, sont tout à fait des éléments de ressource stratégique, élément que l’on avait déjà vu mis en œuvre lors de la précédente occupation, puisque l’on sait, et ça a été documenté. L’ Armée israélienne à l’époque, avait donc détourné un certain nombre de quantités d’eau du fleuve Litani jusqu’au fleuve du Jourdain.
La situation du Liban est « extrêmement préoccupante », avec un risque « réel » de « catastrophe humanitaire », alerte l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR), s’inquiétant de la situation de plus d’un million de personnes déplacées à travers ce pays.
Le HCR qui ajoute « Plus de 136.000 personnes déplacées sont hébergées dans 660 abris collectifs, pour la plupart des écoles, largement surpeuplées, même déplacés, les gens ne se sentent plus en sécurité » précise l’une de ses responsables .
L’armée israelienne à court de recrues, point de bascule stratégique ?
Les dirigeants politiques israeliens plaident pour une occupation du Liban mais pas les hiérarques de l’armée, en raison de la multiplication des fronts : Gaza, Iran et Liban et Yemen dans une moindre mesure. A telle enseigne qu’hier, l’opposition israélienne a signalé la fin du consensus politique sur la conduite de la guerre régionale déclenchée par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu. L’armée dit désormais ouvertement avoir besoin de plus de combattants. Les précisions depuis Jérusalem de Thibault Lefevre.
L’avertissement du chef major est très sérieux. Il a affirmé que l’armée allait s’effondrer à cause du manque d’effectifs dans un contexte de guerre sur plusieurs fronts. Son porte-parole Effie Defrin a précisément évoqué le sujet hier, lors d’un aspect presse :
« Il manque environ 15 000 soldats dans l’armée israélienne et parmi eux, entre 7000 et 8000 combattants. La zone à contrôler en Judée-Samarie s’est étendue sur le front libanais. La zone de défense avancée que nous établissons nécessitera davantage de présence de l’armée sur le long terme. Et puis, à Gaza, le long de la ligne jaune, des forces supplémentaires sont nécessaires. »
C’est arithmétique, plus l’armée occupe illégalement des zones aux marges du territoire israélien, plus elle a besoin de soldats. La déclaration du chef d’état-major est une double critique de la politique du Premier ministre Benyamin Netanyahou. D’abord par rapport à ses alliés ultra-orthodoxes exemptés d’armée, qu’il n’a toujours pas contraint à servir sous les drapeaux, malgré les injonctions de la Cour suprême. Et puis sur sa stratégie d’annexion de facto de ce que les Israéliens appellent de son nom biblique la Judée Samarie, autrement dit la Cisjordanie occupée pour Eyal Zamir, la construction de nouveaux avant-postes sur des terres palestiniennes impose une présence de l’armée pour contenir la violence des colons qui explosent depuis le début de la guerre.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons informés des prochaines évolutions.

9999999
