
Guerre en Iran : Israël mène des frappes sur Téhéran, les Gardiens de la Révolution attaquent des cibles militaires et énergétiques
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les Gardiens de la Révolution disent avoir attaqué des cibles militaires et énergétiques en Israël et dans le Golfe – franceinfo
27 mars 2026Analyse : Les rédacteurs ont examiné cette actualité pour en tirer quelques conclusions.
Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « L’écrivaine ukrainienne Sofia Andrukhovych : écrire pour faire mémoire ».
À retenir absolument
Dans ce roman, pas de référence au conflit contemporain. Et pourtant, tout nous y renvoie ! L’auteure ukrainienne débute l’écriture de cet imposant diptyque d’environ 1 000 pages, suite à la révolution de Maïdan . Le livre paraît en 2019 dans les librairies ukrainiennes. Il a été depuis traduit en 15 langues. Aujourd’hui, alors que la guerre en Ukraine est aussi informationnelle et mémorielle, l’écrivain a-t-il un rôle à jouer ? Aline Bieth rencontre l’écrivaine Sofia Andrukhovych. Elle est accompagnée de la traductrice du roman, Iryna Dmytrychyn, qui traduit cet entretien.
Comment écrire face à la fragilité de la mémoire et face à la violence du temps présent ? Suite de l’entretien avec Sofia Andrukhovych
Une Ukraine peinte comme un corps blessé
« Les plaies le faisaient souffrir, les coutures grattaient, les os se rappelaient à son bon souvenir. […] Il était toujours ce monstre défiguré aux pommettes cassées et au nez enfoncé, avec le crâne cabossé et une ribambelle de douleurs dans tout le corps. L’homme ne savait pas qui il était. Mais […] depuis qu’il a émergé du néant, il avait bien appris le spectre de ses douleurs », écrit Sofia Andrukhovych dans son dernier roman. L’action débute au chevet de Bohdan, un jeune soldat ukrainien blessé lors de la guerre du Donbass. L’homme a tout oublié. À ses côtés, Romana lutte inlassablement pour qu’il retrouve cette mémoire disparue. « Tôt ou tard, Romana atteindrait Bohdan à travers l’oubli », écrit Sofia Andrukhovych. Dès les premières pages, Sofia Andrukhovych montre des corps frappés, suturés et traversés par la douleur.
Ce corps torturé peut aussi être vu comme une métaphore de l’Ukraine, où les blessures figurent les traces de bombardements. À travers la façon dont la Russie frappe aujourd’hui intentionnellement des lieux symboliques de l’Ukraine, Sofia Andrukhovych voit une ressemblance avec ces années – et même ces siècles –, où « le pouvoir soviétique – et avant lui, le pouvoir de l’Empire russe –, essayait de pénétrer dans la conscience des peuples entiers ». Un mode opératoire employé, et qui a pour but de « détruire les circuits neuronaux responsables de leur propre histoire et de leur identité », affirme l’écrivaine.
Des mots pour guérir ?
Si le corps est constamment au premier plan dans les textes de Sofia Andrukhovych, ce n’est pas anodin. Les corps sont-ils les premiers témoins de l’histoire ? Assurément. Pour l’écrivaine, « ce sont les corps qui parlent et témoignent de la vérité, alors que l’esprit humain, très souvent, essaie de trouver des voies détournées, de manipuler la situation. Le corps humain est beaucoup plus honnête. »
L’écriture a toujours fait partie de la vie de cette Ukrainienne de 43 ans. Née dans l’Ouest de l’Ukraine, elle est la fille de Yuri Andrukhovych, figure incontournable de la littérature contemporaine ukrainienne. Dans ce pays où l’écriture était une manière de faire acte de dissidence, quel pouvoir donner aux mots ? Pour Sofia Andrukhovych, ces mots peuvent guérir les corps, les reconstruire. « Le récit a un réflexe sur la conscience humaine », explique l’écrivaine.
Capter la mémoire perdue
Dans ce roman, les lieux et les objets sont gorgés, habités par la mémoire . Ces objets sont par exemple ces photographies que Bohdan confie aux archives : celles-ci « étaient des illustrations de l’époque. Elles reflétaient les destins, l’amour qui transcende le monde et les morts innombrables. Par moments, il [Bohdan] avait envie de les dévorer pour ne jamais oublier les détails, les fragments, la vérité, » écrit Sofia Andrukhovych dans Amadoca. L’écrivaine questionne inlassablement la mémoire et son revers, l’oubli.
La petite histoire s’invite dans la grande, à chaque page de ce dernier récit qui traverse tout le XXe siècle. Sofia Andrukhovych signe là le premier roman en ukrainien qui décrit si précisément la Shoah en Ukraine. Les générations s’entremêlent. Toutes sont douloureusement marquées par des tragédies et des traumatismes. Écrire cette histoire permet aussi de mieux comprendre le présent. Sofia Andrukhovych raconte : « ce traumatisme qui est très profondément ancré dans l’expérience des Ukrainiens depuis des générations, a probablement donné une possibilité mentale de tenir et de continuer à vivre malgré les catastrophes qui se produisent autour. » Pour l’écrivaine, cette histoire qu’elle tente de toucher au plus près, explique aussi la résistance du peuple ukrainien aujourd’hui.
Références
Ouvrages de Sofia Andrukhovych traduits en français par Iryna Dmytrychyn
- Amadoca, Éditions Belfond, mars 2026
- Tout ce qui est humain, Bayard Éditions, 2023
- Felix Austria, Les Éditions Noir sur Blanc, 2024
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Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L'équipe suit cette actualité de près pour mieux vous informer.

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